Rechercher un texte

Recherche avancée
Accueil > Journal Officiel > Journal Officiel 2024 - APF > Sommaire > Débats à l'Assemblée de la Polynésie française

Voir plus d'informations

Rapport n°106-2023 relatif à un projet de délibération portant approbation du compte financier de l'exercice 2022 de l'Établissement de gestion et d'aménagement de Teva et affectation de son résultat

Paru in extenso au JOPF n° 8 NA du 10/10/2024 à la page 606

Rapport n°106-2023 relatif à un projet de délibération portant approbation du compte financier de l’exercice 2022 de l’Établissement de gestion et d’aménagement de Teva et affectation de son résultat


Présenté par Mme la représentante Tahia Brown

Le président : Rapport no106-2023 relatif à un projet de délibération portant approbation du compte financier de l’exercice 2022 de l’Établissement de gestion et d’aménagement de Teva et affectation de son résultat.

Je demande au gouvernement d’exposer l’économie générale du projet.

M. Moetai Brotherson : On va être très bref sur cet exposé.

Il s’agit ici d’approuver le compte financier de l’exercice 2022 de l’ÉGAT. Il faut noter, je crois, au chapitre des remarques, notamment au titre des créances qui restent dues, ces créances sont relatives au Musée de Papeari qui ne fait plus aujourd’hui parti du périmètre de gestion de l’ÉGAT. C’est une question qui a été, je crois, abordée en commission. Globalement, c’est un établissement qui se porte bien, sur lequel il y a de grandes perspectives de développement notamment avec des projets de golf sur les Îles-sous-le-vent qui sont aujourd’hui examinés par le gouvernement. C’est néanmoins un établissement sur le site duquel il y a également des projets qui doivent être menés conjointement avec les communes concernées, que ce soit Papara et Teva I Uta puisqu’il y a de la mise en place d’un musée à l’éventuelle installation d’un petit complexe hôtelier à vocation golfique, différents projets qui sont de nature à venir — on l’espère — diminuer à terme la subvention qui est accordée à cet établissement dans les années qui viennent.

Voilà ce que je voulais juste dire en préambule.

Le président : Je demande à Madame Tahia Brown de faire une présentation du rapport.

Mme Tahia Brown : Je vous salue chaleureusement ce matin et vous souhaite une bonne année 2024.

Monsieur le président, Mesdames et Messieurs les représentants, le présent projet de délibération a été transmis aux fins d’examen par l’assemblée de la Polynésie française par lettre no 7354/PR du 12 octobre 2023.

Créé par la délibération n85-1034 AT du 23 mai 1985 modifiée, l’ÉGAT a pour objet d’étudier et suivre l’aménagement des sites sous sa responsabilité, de mettre en valeur le patrimoine dont il a la charge ainsi que d’administrer et d’assurer l’exploitation et la promotion de ses actifs.

Jusqu’en 2006, l’établissement gérait l’ensemble du domaine d’Atimaono. Cette même année, l’ÉGAT se voit confier en plus la gestion du domaine du Motu Ovini, incluant le Musée Gauguin, le Jardin botanique, le motu Ovini et les constructions qui y sont édifiées. En 2017, il fut décidé de recentrer l’activité de l’ÉGAT sur la gestion du seul golf Olivier-Bréaud et sur la promotion de ce sport en Polynésie française. Ses missions consistent à veiller à la qualité de ces structures publiques, à les maintenir aux meilleurs standards et à les promouvoir sur les marchés extérieurs.

Pour l’année 2022, l’ÉGAT a enregistré une augmentation de 11 % de ses recettes commerciales par rapport à 2021, avec une augmentation de ses abonnés (465 abonnés contre 459 en 2021) et une progression de 24 % de ses ventes de marchandises. Au 31 décembre 2022, l’établissement enregistrait 24 collaborateurs (un de plus qu’en 2020).

S’agissant du compte financier 2022, en section de fonctionnement, ses moyens financiers s’élèvent à 233 millions F CFP, en baisse de 30 % par rapport à l’exercice 2021, dont 150 millions F CFP de subvention du Pays (soit 65,5 % des recettes réelles de l’ÉGAT). Les dépenses de fonctionnement s’élèvent quant à elles à 266 millions F CFP, avec une diminution des charges de fonctionnement de 14 % par rapport à 2021, qui résulte notamment de la baisse des dotations aux amortissements et provisions de plus de 47 %.

En section d’investissement, les recettes s’établissent à 109 millions F CFP, en baisse de presque 94 millions F CFP par rapport à l’exercice 2021, qui s’explique par une diminution des recettes réelles d’investissement de 41 millions F CFP, correspondant à des versements de subventions en financement d’opérations d’investissements initiées en 2020 et 2021. Quant aux dépenses d’investissement, elles s’élèvent à 134 millions F CFP, en augmentation de 30 % par rapport à 2021.

Le compte financier 2022 de l’ÉGAT est alors arrêté à 343 353 738 F CFP en recettes et 400 578 950 F CFP en dépenses. Son résultat global de – 57 225 212 F CFP viendra en déduction du fonds de roulement de l’établissement, qui atteint 143 731 432 F CFP au 31 décembre 2022, soit 234 jours de fonctionnement. Le résultat de fonctionnement déficitaire est affecté au compte 1068 « Autres réserves ».

L’examen en commission du présent projet de délibération, le 7 novembre 2023, a suscité des échanges portés principalement sur les points suivants :

– la gestion du clubhouse a été confiée suite au lancement d’un appel à concurrence ; dès lors, l’AOT accordée au candidat retenu est de 10 ans. Le conseil d’administration a ainsi fait le choix de faire supporter la charge relative aux investissements liés au clubhouse (locaux, équipements, mobiliers) à l’établissement ; cette charge a été assumée en partie par le fonds de roulement de l’ÉGAT ;

– en collaboration avec le golf de Moorea, l’établissement a deux projets d’envergure : développer l’aspect touristique du golf à l’international et mettre en place une académie de golf.

À l’issue des débats, le présent projet de délibération a recueilli un vote favorable unanime des membres de la commission. En conséquence, la commission du tourisme, de l’écologie, de la culture, de l’aménagement du territoire et du transport aérien propose à l’assemblée de la Polynésie française d’adopter le projet de délibération ci-joint.

Merci.

Le président : Parmi les membres de la commission permanente, qui souhaite intervenir ?

Madame Teumere Atger.

Mme Teumere Atger-Hoi : Bonjour, Monsieur le président de la commission permanente, Madame la secrétaire générale, Monsieur le Président, Madame la vice-présidente, Madame la ministre, Monsieur le ministre, mes chers collègues, et mes vœux pour cette nouvelle année.

Aujourd’hui, nous sommes présents pour discuter du compte financier de l’établissement de gestion et d’aménagement de Teva pour l’année 2022.

Permettez-moi de commencer par souligner l’importance stratégique de cet établissement en tant qu’entité publique industrielle et commerciale.

L’Établissement de gestion et d’aménagement de Teva joue un rôle central dans la mise en valeur du patrimoine, en particulier le domaine du golf d’Atimaono. Ce site ne se contente pas d’être qu’un terrain de sport ; il est une vitrine également de notre richesse naturelle et culturelle, attirant les touristes et les locaux, tout en générant des revenus non négligeables pour notre économie.

En 2022, malgré un contexte économique difficile, l’établissement a démontré sa résilience et son engagement envers l’excellence. Avec une hausse de 11 % de ses recettes commerciales, et des améliorations continues de ses infrastructures, notamment le golf et ses équipements, l’établissement a prouvé qu’il est sur la bonne voie.

Cependant, nous devons également reconnaître les défis. Le déficit de fonctionnement et d’investissement, bien que partiellement attribuable à des choix stratégiques visant à financer l’établissement par ses propres moyens, notamment grâce au fonds de roulement, doit nous interpeller. Ceci nous rappelle l’importance de la gestion prudente et de la recherche continue d’efficacité.

En plus des aspects financiers et stratégiques déjà discutés, il est impératif d’aborder un volet tout aussi crucial de cet établissement : son capital humain. L’Établissement de gestion et d’aménagement de Teva est avant tout animé par des personnes dévouées et compétentes.

En 2022, son effectif s’élevait à 24 collaborateurs, reflétant une légère augmentation par rapport à l’année précédente. Cette équipe dédiée a été la pierre angulaire de ces réussites. Son engagement a été un facteur clé dans l’amélioration des recettes commerciales, qui, comme précédemment cité, ont connu une progression de 11 %, atteignant 78 millions F CFP.

Cependant, la gestion de ces ressources humaines a également représenté un défi. Les charges salariales constituent une part significative de ses dépenses, pesant plus de 70 % des coûts globaux.

À cet égard, je tiens à féliciter l’équipe de direction pour les réformes entreprises, notamment la simplification des statuts et la réduction du champ d’activité, entamé début 2019, pour focaliser ses efforts sur des opérations plus rentables. Ces réformes, bien que difficiles, ont été nécessaires pour assurer la pérennité de l’établissement et contribuer de manière significative au développement économique de notre pays.

L’aspect touristique du golf, avec une fréquentation mensuelle d’environ 20 à 25 touristes, souligne le potentiel inexploité de notre destination. Je soutiens pleinement l’idée d’attirer davantage de touristes golfeurs, une niche qui pourrait considérablement stimuler notre économie. L’idée d’une privatisation partielle du golf d’Atimaono, tout en assurant la préservation de nos valeurs et de notre patrimoine, pourrait ouvrir la porte à des investissements importants et à une gestion plus dynamique et innovante. Cela pourrait établir la Polynésie comme une véritable destination golfique qui, à long terme, pourrait inclure un troisième golf et un complexe hôtelier. C’est une perspective excitante et prometteuse.

Je tiens aussi à souligner l’importance de la volonté politique et de la collaboration entre les acteurs publics et privés pour réaliser ces projets ambitieux.

Notre rôle en tant que membres de cette commission est de soutenir et de promouvoir ces initiatives, en veillant à ce qu’elles soient en harmonie avec nos valeurs culturelles et nos objectifs économiques.

En conclusion, l’Établissement de gestion et d’aménagement de Teva se révèle être bien plus qu’une simple entité économique ; c’est un moteur essentiel de notre économie. Les défis auxquels il fait face, qu’ils soient financiers ou humains, nous rappellent l’importance d’une gestion stratégique et réfléchie. Les efforts de réforme et les perspectives de développement, notamment par la privatisation partielle du golf d’Atimaono, nous ouvrent des voies prometteuses. En tant que gardiens de ce trésor, nous devons continuer à cultiver son potentiel tout en préservant son essence, pour garantir non seulement sa réussite aujourd’hui, mais aussi son épanouissement durable pour les générations futures. Ainsi, nous forgeons un avenir où tradition et innovation s’entrelacent, au bénéfice de toute la Polynésie.

Merci bien et que l’amour règne.

Le président : Merci.

Monsieur Lissant.

M. Simplicio Lissant : Monsieur le président de la commission permanente, Monsieur le Président du pays, Mesdames et Messieurs les ministres et Madame la vice-présidente, bonjour et merci. On ne se lâche plus et l’on se rencontre sans cesse (Rire.). Que le Seigneur soit remercié ! (Rires.)

Chers amis, mes salutations les plus chaleureuses en cette nouvelle matinée et recevez mes vœux pour cette nouvelle année. Comme je vous l’ai dit, que cette année soit le signe de la prospérité. Voilà.

Venons-en à notre texte.

Depuis la décision prise en 2017, par l’ancienne majorité, de recentrer l’activité de l’Établissement de gestion et d’aménagement de Teva sur le seul parcours de golf d’Atimaono, force est de constater que l’horizon s’éclaircit !

Malgré un exercice 2022 déficitaire, tant en fonctionnement qu’en investissement, pour un résultat négatif de l’ordre de – 57 225 212 F CFP, les intentions et le volontarisme affichés en commission par le directeur de la structure ne peuvent que susciter notre pleine adhésion.

D’un point de vue financier, la situation semble globalement maîtrisée.

Mieux encore, les ressources propres de l’ÉGAT sont en augmentation constante depuis l’année 2018 pour atteindre près de 79 millions de F CFP. En revanche, le montant de la subvention du Pays a été légèrement en retrait. Cette décision assumée entre les parties avait pour finalité d’utiliser prioritairement le fonds de roulement qui culminait alors, au 31 décembre 2021, à plus de 200 millions de F CFP, soit l’équivalent de 234 jours de fonctionnement.

Seul bémol : les charges de personnel restent encore élevées pour une telle structure. L’emploi des 23 agents en poste au golf de Papara a engendré en 2022 une dépense de plus de 141 millions F CFP, en hausse de 2,6 %, alors même que les dépenses globales de fonctionnement à hauteur de 266 millions F CFP accusaient une forte diminution par rapport à 2021.

Mais ne nous voilons pas la face, chers collègues, la seule planche de salut de l’ÉGAT, au-delà de l’engouement rencontré, notamment chez les jeunes, c’est que le pays acquiert (enfin !) un statut de destination golfique.

Il y a près de 20 ans déjà, c’était l’ambition affichée par notre ancien président Temaru ici présent. Mais, à l’évidence, c’est plus facile à dire qu’à faire ! Une chose est sûre, pour que les golfeurs du monde entier viennent en nombre dans nos îles, comme à Fidji ou à Hawaï, il faudra compter au moins trois parcours internationaux, mais aussi des complexes hôteliers, qui plus est à proximité, ainsi que des activités annexes pour le reste de la famille, petits et grands.

Aussi, comme on dirait : tout reste à faire pour mettre la petite balle dans le mille.

Je vous remercie de votre attention.

Le président : Merci.

Pasteur.

M. Tafai, Mitema Tapati : Oui, mes salutations à toutes et à tous en cette matinée. Monsieur le Président de la Polynésie française, chers ministres, Monsieur le président de la commission permanente, Mesdames et Messieurs les élus, chers collaborateurs, à toutes et tous ici sont présents ce matin, bonjour.

J’ai bien suivi nos interventions et j’ai entendu également que des projets d’implantation de nouveaux terrains de golf dans notre pays étaient prévus. Des projets qui, d’après ce que l’on m’a confié, sont prometteurs.

Je tiens à vous rappeler que lorsque nous sommes arrivés, une question avait été posée : quel est le projet du gouvernement s’agissant de la parcelle située côté mer ou en bord de mer ? Elle reste là et, à chaque fois, le tracteur passe pour débrousser, et puis repasse…, mais rien n’y a toujours poussé depuis je ne sais combien d’années maintenant.

Si nous avions commencé à planter du taro (NDT, espèce comestible de Caladium, colocasia esculenta) depuis notre arrivée ici il y a neuf mois (NDT, sur cette friche située) du côté mer, ils auraient atteint leur maturité.

Par rapport aux projets dont j’ai entendu parler pour cette friche côté mer, si vraiment rien n’a encore été envisagé pour le moment, je souhaiterais vous demander si l’on ne pourrait pas commencer à cultiver du taro, de l’igname, du manioc ou bien du fruit de l’arbre à pain et du coco afin que la population puisse se nourrir avec, en attendant que le projet de terrain de golf, s’il se fait véritablement, se concrétise sur cette friche côté mer. Durant ce laps de temps, le taro et les autres plantes comestibles indispensables à la vie d’un foyer pourraient être récoltés, plutôt que d’envoyer ce tracteur. Je ne sais pas combien de temps et d’argent ont été perdus en envoyant ce tracteur à chaque fois puisque rien n’est sorti de terre permettant de nourrir l’Homme.

C’est tout ce que je voulais dire Monsieur le ministre.

Le président : Merci.

Madame Thilda Harehoe.

Mme Thilda Garbutt-Harehoe : Monsieur le président, bonjour. Monsieur le Président du gouvernement, Mesdames et Messieurs du gouvernement, Mesdames et Messieurs les représentants.

Je voudrais juste rajouter dans les perspectives culturelles qu’il serait bon aussi d’afficher l’histoire du rhum de Atimaono et d’afficher aussi qu’il y eut un port pour permettre, à l’époque, des échanges commerciaux avec les États-Unis. Cela ferait partie aussi des apprentissages que l’on pourrait mettre en valeur pour les élèves, pour toutes les personnes qui viendraient donc sur ce site.

Voilà, c’était un rajout de ma part.

Le président : Merci.

Il y a d’autres intervenants ? Merci, non.

Je laisse le gouvernement répondre à l’intervention des orateurs.

M. Moetai Brotherson : Oui. Je vous remercie pour votre soutien et ces questions.

Je vais commencer par la fin sur la question de la mise en valeur de l’aspect culturel du site. Cela fait partie des priorités et des missions qu’on a confiées à la direction puisqu’il faut d’abord se rappeler qu’avant même de parler de rhum c’est un site important au plan culturel.

On parle là de la période précoloniale. Ensuite, est venue effectivement la période dite de la plantation d’Atimaono avec son histoire liée au rhum, de notre communauté chinoise, voilà une histoire riche. C’est toute l’idée d’avoir sur place, d’abord une signalétique qui mette plus en évidence cette dimension culturelle et historique du site. Donc là, on peut le faire sans rien changer aujourd’hui, tout simplement en installant une signalétique appropriée et à terme c’est ce projet de musée. Donc un musée qui mettra en exergue à la fois l’histoire précoloniale, l’histoire de la plantation, l’histoire de la communauté chinoise et aussi celle du rhum et le port fait partie de cette histoire-là.

Pour ce musée comme pour le projet de résidence golfique qui est envisagée, il s’agit ici non pas de confier au Pays la gestion de ces installations, mais bien de faire des partenariats publics, privés. Puisque, que ce soit une résidence golfique ou que ce soit un musée à caractère tout de même commercial, ce sont des activités qu’il vaut mieux confier à des professionnels du secteur avec, bien sûr, un bénéfice pour le Pays qui fournit le foncier et qui restera de toute façon propriétaire du foncier, mais de confier ça à des professionnels.

Ce sont des discussions qu’on a entamées déjà avec la commune de Papara, avec les communes avoisinantes. Il nous reste à discuter notamment avec le syndicat des producteurs de rhum puisqu’il y a un certain nombre d’artefacts, un certain nombre de vieux outils, de vieux appareils qui étaient utilisés à l’époque pour fabriquer le rhum qui sont en possession de certains de ces « rhumiers » polynésiens et donc l’idée est de les faire travailler ensemble sur ce projet.

Sur la question très pertinente de Tapati sur la friche, finalement, que représente aujourd’hui le bord de mer d’Atimaono alors avec un gazon bien tendu, mais qui ne nourrit personne c’est un constat que l’on peut tous partager. Rappeler tout de même qu’une partie de ce bord de mer fait office de parc public qui est très utilisé par les populations avoisinantes pour avoir accès au bord de mer, pour se promener, faire un peu d’activité physique.

Sur la question de fond, ce que je comprends c’est que notre représentant n’est bien sûr pas opposé au futur projet touristique, golfique qui pourrait prendre place sur ce site, qui est tout de même un site exceptionnel. Il n’y en a pas beaucoup des bords de mer comme celui-là autour de Tahiti. La question a du sens et je ne mets pas en opposition ces initiatives. Pour moi, une tarodière est joli à regarder. Enfin, je ne trouve pas ça… Je trouve cela très beau. Donc, il y a peut-être une réflexion à avoir avec notre ministre Taivini sur : comment est-ce qu’on pourrait combiner, à la fois, un aspect paysagé et un aspect productif, agricole, alimentaire ?

Après, il faudra définir le cadre règlementaire de l’exploitation qui serait faite de ces ressources agricoles. Est-ce qu’on confie cela à une coopérative ? Est-ce qu’on confie cela à nos services ? Voilà, mais c’est une très bonne idée.

Maintenant, pour donner un peu de perspective, ce site comme la quasi intégralité des sites qui ont un potentiel touristique et qui dépendent du pays feront l’objet au mois de juillet-août d’un appel à projet général sur l’ensemble des friches touristiques et des sites à potentiel touristique du pays. Ce sont les sites de Hanaiti à Huahine, de l’ancien hôtel Te Tiare, c’est Tupai, c’est Anuanuraro, ce sont les sites de Moorea, enfin tout ce qui dépend directement du pays. Et donc, cet appel à projet est en préparation et il sera donc lancé dès le mois de juillet, et ce site du bord de mer d’Atimaono fait partie du périmètre de cet appel à projet. Voilà.

Mais cette idée de « en attendant que ça se fasse » parce qu’il va falloir un peu de temps pour que ces grands projets… qu’on mette la première pierre et puis surtout la deuxième et la troisième. Pourquoi ne pas planter du taro en attendant ? C’est une excellente idée.

MB 2 (PLAYDESK : 9 :42 – 10 :12)M. Oscar, Manutahi Temaru : Merci, Monsieur le Président.

Juste pour information, tous les ans, les tournois de golf internationaux démarrent à Hawaï (Waiale, Kapalua), ce sont des champs de taro avant (Waikiki), que des plantations de taro.

Le gouvernement de l’époque — j’ai oublié le nom de ce Japonais — a pris la décision de faire en sorte que Hawaï soit une destination touristique. C’est comme ça qu’il faut faire, y a un choix à faire. C’étaient des champs de taro, Waikiki, Waiale, Kapalua. Tous les ans, et c’est financé aujourd’hui par Sony, Honda et tout. Ce sont des milliards de dollars qui sont brassés ! Tous les tournois internationaux tous les ans démarrent à Hawaï, là, en ce moment.

Il nous faut faire un choix si on veut que notre pays soit une destination golfique. Il n’y a pas assez avec deux terrains, trois terrains de golf. Il faudrait au moins cinq terrains de golf pour que notre destination figure dans les magazines golfiques. Les magazines golfiques sont lus par 500 millions de golfeurs dans le monde. La Chine a compris cela il y a très longtemps. Là où il y a le plus de terrains de golf, c’est en Chine (Mission bay). Il y a 100 terrains de golf comme Atimaono à un endroit. (Rire.) Les Japonais, les Coréens vont là-bas jouer au golf parce qu’au Japon, en Corée c’est trop cher. Trop cher. Il nous faut prendre une décision concernant l’avenir de notre pays. Si on veut être une destination golfique, let’s go, go ahead !... Ce sont des milliers d’emplois qui sont créés, ce sont des milliards de dollars qui tournent là-dedans (les hôtels, les voitures à louer, les shows, etc., etc.).

Voilà, c’est ça Hawaï, c’étaient des champs de taro avant et ils ont pris la décision de faire que Hawaï (Waikiki) devienne une destination golfique. Peut-être construire deux aux Marquises là-bas, et il faudra construire l’aéroport international des Marquises. Y a 8 millions de touristes qui vont à Hawaï tous les ans. Je ne vais pas dire de prendre le huitième, ça fait 1 million, au moins le dixième. 100 000 touristes, c’est énorme ! Voilà. Et à partir des Marquises, on descend sur les Tuamotu, peut-être un terrain de golf à Rairoa, puis revenir sur Tahiti. On pourrait répartir de cette façon. Mais il faut faire la cartographie de notre pays et prendre la décision. C’est quelque chose que je connais bien. Les touristes américains, c’est… Il y a un adage aux États-Unis qui dit : « In the office, we talk about golf. Talk about business we do on the golf force. » Pour parler d’affaires, on va au terrain de golf ; pour parler de travail, (Rire.) on va dans notre bureau et on parle de golf. Pour parler de travail, on va sur le terrain de golf. C’est comme ça.

Nous poursuivons.

Nous passons à l’examen de la délibération.

Article 1er

Le président : La discussion est ouverte sur l’article 1er. Pas d’intervention ? … Nous passons donc au vote. À l’unanimité. L’article 1er est adopté.

Article 2

Le président : La discussion est ouverte sur l’article 2. On passe au vote : qui est pour ? À l’unanimité.

Article 3

Le président : On passe à l’article 3. Pas de discussion ? On passe au vote : même vote adopté.

Article 4

Le président : Nous passons à l’article 4. Pas de discussion ? Pas d’intervention. Nous passons au vote : même vote, adopté.

Article 5

Le président : La discussion est ouverte sur l’article 5. Pas discussion non plus. Même vote, adopté.

Article 6

Le président : Nous passons à l’article 6. Pas de discussion non plus. Nous passons au vote : même vote, adopté.

L’ensemble de la délibération est adopté à l’unanimité.



Les rapports peuvent être consultés sur le site internet de l'assemblée de la Polynésie française à l'adresse www.assemblee.pf
Les interventions en langues polynésiennes ont fait l'objet d'une traduction surlignée en gris.

X
Bienvenue.
Nous utilisons des cookies pour analyser et améliorer notre service, personnaliser le contenu, améliorer l’expérience utilisateur et mesurer l’audience. Ces cookies sont de deux types :
  • Des cookies de navigation qui sont nécessaires au bon fonctionnement du site Web et qui ne peuvent être désactivés ;
  • Des cookies de mesure d’audience qui permettent de compter les visites et les sources de trafic afin de pouvoir améliorer les performances de notre site. Ils permettent de connaître la fréquentation des pages et la façon dont les visiteurs se déplacent sur le site.

Pour plus d’information, consulter notre politique de protection des données