Rapport n° 89-2023 relatif à un projet de délibération portant approbation du compte financier de l'exercice 2022 de l'Établissement public d'enseignement et de formation professionnelle agricoles (EPEFPA) de la Polynésie française et affectation de son résultat Paru in extenso au JOPF n° 8 NA du 10/10/2024 à la page 661
| Rapport n° 89-2023 relatif à un projet de délibération portant approbation du compte financier de l’exercice 2022 de l’Établissement public d’enseignement et de formation professionnelle agricoles (EPEFPA) de la Polynésie française et affectation de son résultat Présenté par M. et Mme les représentants Ruben Teremate et Maite Hauata Ah-Min Procédure d’examen simplifiée Le président : Nous passons au dossier no 11 : rapport no 89-2023 relatif à un projet de délibération portant approbation du compte financier de l’exercice 2022 de l’Établissement public d’enseignement et de formation professionnelle agricoles (EPEFPA) de la Polynésie française et affectation de son résultat. Je demande au gouvernement d’exposer l’économie générale du projet. Merci. Mme Tepuaraurii Teriitahi : Monsieur le président, pardon ! Pardon, oui, j’avais demandé la parole, mais c’était en même temps que vous parliez. Je voulais juste revenir, si vous me le permettez, Monsieur le président, sur le dossier concernant la vanille, la délibération. Donc, après discussion avec le maire de Punaauia qui m’a mis en avant, en fait, une erreur qu’il y a dans la délibération, alors je préfère le signaler ici. C’est vrai qu’on n’a pas fait la lecture des articles, mais dans la délibération par rapport aux totaux, puisqu’en fait le résultat n’est pas de « 142 997 000 F CFP » mais bien de « - 142 000 000 F CFP ». Il n’y a pas le moins (-) devant, ce qui est quand même important. Et, identique à l’article 4, 1068 « Autres réserves », ce n’est pas « 139 000 000 F CFP », c’est « - 139 000 000 F CFP ». Alors peut-être qu’il y a une version corrigée entretemps, mais j’ai essayé de regarder. Donc c’était juste, voilà je voulais le signaler puisqu’on a voté sans dire les articles, et si c’est cet article qui est soumis à la signature du président et de la secrétaire, il y a une erreur dans le chiffre et il manque un moins (-) qui change beaucoup les choses. Voilà, merci. Le président : Merci. Merci, Madame Teriitahi. On continue sur le rapport no 89. Je demande au gouvernement d’exposer l’économie générale du projet. M. Taivini Teai : La caractéristique de l’EPEFPA, qu’on appelle également et plus communément le Lycée agricole de Opunohu, est d’être un établissement public d’enseignement à caractère particulier, professionnel ; mais c’est surtout d’avoir au sein de ses locaux, de sa superficie, deux autres établissements que sont le CFPPA, le Centre de formation pour adulte, et également une exploitation agricole que l’on appelle EA qui permet justement de montrer aux élèves, de faire que les élèves qui sont sur ce lycée agricole puissent bénéficier de cours appliqués en plus des cours théoriques qu’ils ont avec leurs enseignants. Au niveau de la présentation des dossiers, en fait, c’est le hasard, mais j’avais juste oublié un petit élément que je souhaitais porter à la connaissance des élus par rapport au CMMPF, par rapport à cette volonté, nécessité de faire tripler le quota de pêche, mais également pour moi, nécessité d’intégrer dans les formations — alors cette fois-ci ce n’est pas le CMMPF, c’est-à-dire pas la formation continue, mais — dans la formation initiale, des formations ayant trait, qui sont en relation avec les métiers de la mer. Et donc moi, c’est dans mon viseur que le Lycée agricole de Opunohu se dote pour la rentrée — là, j’espère au mieux 2024-2025 — d’une filière de formation sur les métiers de la mer, sur les métiers maritimes. Alors cela a déjà été initié, en fait, par le Lycée agricole privé John Doom de Taravao où ils ont une formation aquaculture. Là, l’idée c’est de ne pas doubler. On ne va pas aller vers une formation aquaculture. On a un environnement qui me semble vraiment très, très important, pertinent. C’est-à-dire que c’est cette baie de Opunohu, c’est — en bas de la baie de Opunohu — le CRIOBE, cette institution de recherche qui travaille justement sur les milieux lagonaires, on a un aquaculteur de crevettes, et voilà. Et donc, c’est de se doter, au niveau de notre enseignement de formation initiale, des formations ayant trait à la mer. C’est-à-dire des formations où nos élèves vont apprendre, en fait, les différentes espèces de poisson, les différentes espèces de coquillage. Plutôt que d’apprendre les chiens, les chats et les souris, etc., etc., eh bien apprendre les animaux que l’on retrouve dans le monde marin, apprendre une gestion. Mais toute gestion après c’est pareil, que ce soit terrestre ou marin, mais en tout cas à finalité avec les particularités juridiques qui peuvent y avoir dans le domaine marin ou en tout cas, ici dans notre économie polynésienne. Voilà, c’était juste le préambule que je voulais faire. Merci. Le président : Merci, Monsieur le ministre. J’invite donc le rapporteur à nous lire son rapport. Mme Maite Hauata Ah-min : C’est moi. À toutes et à tous, je vous présente de nouveau mes chaleureuses salutations. Le présent projet de délibération a été transmis par lettre no 6163/PR du 28 août 2023, par le Président de la Polynésie française aux fins d’examen par l’assemblée de la Polynésie française. S’agissant des faits marquants de l’année 2022 : Concernant le Lycée professionnel agricole (LPA) : – Une légère diminution des effectifs, passant de 232 élèves (rentrée 2021-2022) à 225 élèves (rentrée 2022-2023) ; – Une sortie par semaine, sportive ou culturelle, sur les îles de Tahiti et Moorea effectuée en 2022 avec la reprise des projets pédagogiques hors territoire ; – Le dispositif WEI/PLEI a démontré son efficacité au vu de l’amélioration des résultats des élèves et sera reconduit pour 2023-2024 ; – La promotion de l’établissement et de ses formations auprès du Collège de Huahine ; – Une augmentation de la contribution de l’État avec plus de 714 millions F CFP (contre plus de 634 millions F CFP en 2021) et une diminution de celle du Pays qui s’élève à plus de 70 millions F CFP (contre 104 millions F CFP en 2021). Concernant le Centre de formation professionnelle et de promotion agricoles (CFPPA) : – Une légère diminution du volume de formation (38 772 heures stagiaires pour 42 812 heures stagiaires en 2021) ; – Une augmentation du nombre de stagiaires, passant de 316 pour 2021 à 333 pour 2022 ; – Une augmentation de la contribution du pays qui s’élève à plus de 120 millions F CFP contre 113 millions F CFP en 2021. Concernant l’Exploitation agricole (EA) : – Une diminution des résultats pour le pôle animal avec -19 % pour les abattages ; – Une augmentation du chiffre d’affaires du pôle vente, qui retrouve les niveaux d’avant crise en étant supérieur aux exercices 2019, 2018 et 2017 ; – Une diminution de la contribution de l’État qui s’élève à plus de 12,6 millions FCFP (contre plus de 22,4 millions F CFP en 2021) et une augmentation de celle du Pays pour plus de 57 millions F CFP (contre plus de 53 millions F CFP en 2021). S’agissant de l’exécution budgétaire 2022 : À l’issue de l’exercice 2022, le montant définitif des recettes du compte financier de l’EPEFPA est de près de 550 millions F CFP et celui des dépenses est de près de 511 millions F CFP. Ce compte financier présente un résultat global excédentaire de 50 916 475 F CFP, lequel vient augmenter le fonds de roulement de l’établissement qui s’établit à près de 295 millions F CFP au 31 décembre 2022 et correspond à 214 jours de fonctionnement. Travaux en commission : L’examen du présent projet de délibération en commission le 26 septembre 2023 a suscité des échanges principalement portés sur les points suivants : – Dans un objectif d’augmenter la production agricole, le volet formation se doit d’être attractif auprès de tous ; – L’établissement ouvre des débouchés professionnels divers, parfois en dehors du monde agricole, aux personnes formées dans les centres. Une enquête d’insertion est prévue sur les cinq dernières années pour notamment comprendre le lien entre ces formations et les installations d’agriculteurs ; – Le FIA et les formations courtes dispensées par l’établissement sont moteur pour le secteur agricole ; – Des réflexions peuvent être ouvertes sur l’intégration d’enseignements agricoles plus tôt dans le système éducatif. À l’issue des débats, le présent projet de délibération a recueilli un vote favorable unanime des membres de la commission. En conséquence, la commission de l’agriculture, de l’agroalimentaire, de l’élevage et du développement des archipels propose à l’assemblée de la Polynésie française d’adopter le projet de délibération ci-joint. Merci. Le président : Merci, Madame. Y a-t-il des intervenants, intervenantes ? Monsieur Lissant, à vous. M. Simplicio Lissant : Chers collègues, je vous renouvelle mes salutations L’examen du compte financier 2022 de l’Établissement public d’enseignement et de formation professionnelle agricoles, implanté dans la vallée d’Opunohu-Moorea depuis une trentaine d’années, donne ici, en effet, un relief particulier aux ambitions que votre majorité a affichées lors des dernières élections territoriales : c’est — me semble-t-il — le point numéro 3, après le tourisme et la pêche, de l’axe Fa'atupu (NDT, Bâtir) pour atteindre l’autosuffisance et l’exportation que nous souhaitons tous. Or, permettez-moi de vous le dire, en dehors de quelques généralités et autres propositions comme par exemple, « permettre à l’agriculteur de vivre de son activité… » je cite, le programme du Tavini huiraatira occulte complètement l’aspect enseignement et formation des jeunes et moins jeunes susceptibles d’œuvrer un jour dans ce secteur plus enrichissant qu’il n’y paraît. Il faut le dire — et cela n’aura échappé à personne — que cette structure constituée de trois centres complémentaires animés par un effectif de 93 personnes, dépend en grande partie d’un « niveau de financement assuré par l’État plus de 2,9 fois supérieure à la contribution du Pays ». Autrement dit, pour l’exercice 2022, l’EPEFPA aura coûté la bagatelle de 974 665 791 F CFP dont plus de Sur la gestion financière et comptable en elle-même, je n’ai pas d’autres observations à faire si ce n’est que le fonds de roulement de l’établissement, à hauteur de 300 millions F CFP, est particulièrement élevé et qu’il conviendrait, peut-être, d’utiliser une partie de ce bas de laine pour des investissements ou autres. Pour ce qui est maintenant du fonctionnement courant, les membres de la commission réunis le 26 septembre dernier ont été pleinement informés des moyens mis en œuvre pour promouvoir les métiers de l’agriculture, tout en favorisant l’installation des porteurs de projets. Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, il existe bien au pays une dynamique au niveau de l’enseignement agricole. Pour preuve, à l’occasion de la foire agricole de 2023, l’établissement a célébré le 20e anniversaire de son BTS agricole par lequel sont passés quelque 250 étudiants polynésiens avec, à la clé, 100 % d’insertion professionnelle. C’est une vraie réussite, de l’aveu même de son directeur. Maintenant, qu’en est-il des autres actions de formation, courtes ou longues, à destination des nombreux stagiaires qui fréquentent l’EPEFPA ? Sont-elles aussi porteuses de débouchés dans la vie active ? Une enquête a été commanditée dans la matière par le ministère de tutelle. De là à dire, mes chers collègues comme j’ai pu le lire dans le compte rendu de nos travaux, que l’agriculture a toujours été le parent pauvre de l’économie polynésienne, c’est — me semble-t-il — un raccourci un peu simpliste qui méconnait la politique volontariste développée par le Pays depuis quelques années. Certes, il reste énormément à faire pour accroître les volumes de production locale et tendre vers un rééquilibrage de la balance agricole actuellement très déficitaire. Mais commençons déjà par changer le regard de la population polynésienne sur le secteur primaire, avec le souci sur toutes les tables de proposer une alimentation saine et équilibrée, la population ne s’en portera que mieux ! Je vous remercie de votre attention. (Présidence de M. Oscar, Manutahi Temaru, président de la Commission permanente.) Le président : Merci. Madame Maurea, vous avez la parole. Mme Maurea Maamaatuaiahutapu : Merci, Monsieur le président. Ce dossier a été examiné par…
…, que je sois étonnée que le gouvernement accorde encore des subventions d’investissement alors que la délibération no 95-205 AT de 1995 précise les principes fondamentaux de la règlementation budgétaire. En gros, on dépense les deniers mobilisés pour l’année N. En 2023, nous avons enregistré trois demandes de subvention d’investissement examinées par la CCBF de l’ordre de 32 445 330 F CFP pour l’acquisition de véhicules techniques, l’aménagement d’un laboratoire de biologie ainsi que la construction d’une nouvelle pré-fosse pour la station génétique porcine de Opunohu. Un fonds de roulement conséquent traduit soit une surévaluation des dépenses prévisionnelles, soit une recette exceptionnelle de l’établissement. En matière d’atteinte des objectifs en termes de remplissage de l’établissement et du quota de stagiaires aux formations dispensées par l’unité CFPPA, nous n’en sommes qu’à une lecture statistique objective ; et si l’on objectivait enfin notre plan de société pour atteindre la souveraineté alimentaire ? L’établissement se cale sur les objectifs du schéma directeur de l’agriculture de la Polynésie française 2021-2030 et du projet polynésien d’enseignement agricole 2021-2030 et promet des débouchés professionnels, mais notre pays reste dans l’incapacité de produire suffisamment pour atteindre cette souveraineté alimentaire que nous attendons tous. Nous sommes conscients que pour produire il faut des moyens, il faut de la compétence, il faut du foncier, il faut un cap. Le débat sur la disponibilité foncière traverse les décennies et les gouvernements qui se succèdent se retrouvent à arbitrer des discussions sur le protectionnisme de l’agriculture locale, le coût élevé des intrants, la promotion des produits locaux comme vecteur identitaire alors que leurs prix ne semblent pas à la portée des ménages polynésiens. Des mesures incitatives au développement agricole existent et pourtant nous sommes encore loin de pouvoir prétendre à la couverture de nos besoins alimentaires. Et contrairement à ce qui est dit par nos amis de la minorité, le Tavini huiraatira mise sur la formation de nos jeunes, mais l’organisation et la gestion des structures existantes semblent insuffisantes. Merci. Que l’amour règne. Le président : Est-ce qu’il y a d’autres interventions ? Non ? Oui, Monsieur Tapati, la parole est à vous. M. Tafai, Mitema Tapati : Oui, merci bien, Monsieur le président. Merci pour toutes les précédentes interventions. Nous abordons une question importante, et un peu similaire à celle des formations des métiers de la mer soulevée plus tôt. En effet, nous parlons d’un sujet primordial, celui de l’enseignement, de la formation, de l’encadrement de notre jeunesse…
…Il est essentiel de former notre peuple dès aujourd’hui et de lancer un message encourageant la consommation de nos aliments locaux. Je ne compte pas sur notre lycée d’Opunohu pour apprendre à nos enfants à planter uniquement du choux, de la salade, etc. Il faudrait introduire les produits locaux de notre terroir et les former également à la transformation de ces derniers pour obtenir une variété de produits transformés. Les maladies dont souffre notre peuple aujourd’hui sont liées à l’alimentation. Et, les déficits de l’Hôpital et de la Caisse de prévoyance sociale sont dus évidemment aux maladies liées à notre alimentation, sans compter les maladies radio-induites. À présent, je repense encore à un certain adage : garder à l’esprit le mode de vie de notre peuple. Le mode de vie de notre peuple était le suivant : domicile, champs, mer, domicile. C’était le mode de vie au quotidien : domicile, champs, mer, domicile. Aujourd’hui, c’est : domicile, commerce, palais de justice, hôpital, cimetière ! Voilà le mode de vie de notre peuple actuellement. Et donc, si l’on ne revient pas au mode de vie d’origine de notre peuple, nous serons dans l’embarras demain. Et donc, l’on constate que ce lycée qui, si je ne me trompe pas, a été inauguré vers les années 1970 ou plus tard — n’est-ce pas ? — et a connu des améliorations par la suite, est tout de même essentiel pour notre peuple. Avant, pratiquement tous les enfants des archipels, notamment ceux des Marquises et des Australes venaient ici à l’école. D’ailleurs, l’heure est venue de remercier certaines confessions religieuses, et je voudrais remercier tout d’abord l’église catholique d’avoir ouvert un établissement scolaire de ce type aux Marquises, tout comme celui qui a été ouvert à Taravao récemment. Autrement dit, nous, tout comme le gouvernement, ne sommes pas les seuls à reconnaître l’importance de former notre jeunesse. Nos confessions religieuses reconnaissent également aujourd’hui l’importance de former notre jeunesse en ce sens. Par contre, de notre côté, nous avons plus de ressources, et nous ne devons pas oublier que l’État, l’Armée a ouvert quelques centres de formation, quelques régiments militaires pour former nos enfants, qui sont d’ailleurs nombreux à entrer au RSMA, où l’on propose des formations pour ces métiers. La demande ou bien la question : ne conviendrait-il pas que l’on mette en place aussi ce genre de centres de formation, comme le fait l’Armée chez nous avec le RSMA, de sorte à ce que nos jeunes soient plus motivés pour suivre nos propres formations ? Par conséquent, le même refrain résonne toujours : que notre peuple redevienne un peuple d’agriculteurs, un peuple de cultivateurs comme il se doit. Merci. Le président : Merci bien. Y a-t-il d’autres interventions ? Madame Pascale, non ? Je me suis trompé. Lorsque vous avez fait ce geste avec votre main, je me suis dit, peut-être que… (Rires dans la salle.) J’ai seulement une réflexion, puisque nous sommes toujours sur le sujet de l’agriculture, ne m’en voulez pas, je reviens encore sur le sujet de notre vanille. J’ai entendu notre ministre nous faire part de son avis concernant la commercialisation de notre vanille. Depuis des années, que se passe-t-il ? Les négociants/ grossistes se rendent à Tahaʹa et les îles environnantes, aux Îles-sous-le-vent, pour rencontrer les cultivateurs, et là ils s’adonnent à leurs négociations ; et l’on ne sait même pas vraiment quelle est le prix de la vanille. Une idée avait émergé à une certaine époque, celle d’ériger ici-même une Maison de la vanille, et une Maison de la perle. Le vaniculteur s’occupe de la vanille et de ses champs ; la commercialisation de la vanille, elle, est une toute autre affaire. D’autant plus, qu’aujourd’hui, avec les moyens dont on dispose, il y a des moyens informatiques qui permettent de consulter quotidiennement le cours de la vanille. Il faudrait ériger cette Maison… combien même nous faudra-t-il, au gouvernement, mettre les moyens nécessaires dans ces deux Maisons. Le vaniculteur viendrait « voici ma vanille », on le paierait, et il rentrerait dans ses champs. Le perliculteur en ferait de même, il apporterait ses perles, mais pas… Ce qui se passe actuellement, c’est qu’on en vend sur les places du Marché, on en vend… mais c’est du n’importe quoi ! Il nous faut une gestion rationnelle, disciplinée de nos deux produits phares : la vanille et la perle. Créant la Maison de la perle et la Maison de la vanille, mais il faudra mettre de l’argent, c’est sûr, au début. Mais je pense qu’il y a assez d’argents qui dorment dans les banques là. On me dit qu’il y a 500 milliards F CFP qui dorment dans les banques-là. Avec des taux d’intérêt préférentiel, on peut très, très bien le faire très rapidement. Il y a deux voyages qui se préparent en Chine et à Singapour. Il y a des problèmes de formation. Quand on a parlé de projet d’aquaculture de Hao, il était question d’envoyer nos jeunes en Chine se former, et ce projet n’a pas eu lieu. Nous venons d’être réinscrits sur la liste des pays à décoloniser, et la France ne peut pas continuer à être un pays de discrimination ! Pourquoi, expliquez-moi, pourquoi aujourd’hui il y a plus de 300 000 Français qui travaillent en Chine, qui suivent des formations en Chine et pourquoi le petit Tahitien ne peut pas aller en Chine suivre des formations ? Qu’est-ce donc que cela ! C’est le pays le plus avancé dans le domaine de la recherche, la Chine. C’est le plus gros marché au monde ! Ce n’est pas 100 000 paquets de poissons qu’il faudra vendre, c’est 100 millions ! Vous voyez un peu l’avenir, mais il faut que nous fassions vite. Vous savez, j’ai suivi un débat qui a duré trois heures, en France — sous la présidence de ce nouveau ministre je ne sais pas son nom… Mais on n’existe pas ! On s’obstine à dire que cet océan est à nous, que cette terre est à nous ; on n’existe pas ! De leur point de vue, cette terre leur appartient, cette zone maritime leur appartient. Quand allons-nous ouvrir les yeux ? Quand ? J’entends beaucoup de choses ces derniers jours, nous ne pouvons pas en rester là. C’est vrai, le système de gouvernance autonomiste a fait son temps, du balai. Par contre, il faut se mettre d’accord sur le cap que nous allons prendre ! Y en a qui dorment dans les rues de Papeete
et c’est l’image de notre … quelle honte !
Notre terre, mes chers amis… Ils ont débattu durant trois heures, et on n’y était pas. C’était comme si…
Mme Pascale Haiti : Vous vous adressez probablement à nous, l’opposition, Monsieur le président…
Le président : Merci pour votre intervention. Il est vrai que nous avons un Président, des ministres et des élus du peuple, mais l’on ne dispose pas d’une Constitution. Non, ce n’est pas un gouvernement autonomiste ! Même s’agissant de nos trois députés, ce sont des députés de France mais pas d’ici. Ce que l’on souhaite, c’est qu’à l’avenir, nous devenions des députés, ici, chez nous. Exactement, ici chez nous. Il n’y aura plus à se déplacer là-bas pour traiter de leur situation. Nous, nous serons ici chez nous. Voilà la différence. Peut-être qu’à la vue de tous… les médias disent : « Ah, gouvernement autonomiste ! » Non, ce n’est pas un gouvernement autonomiste ! Nous n’avons pas de Constitution, nous avons un statut d’autonomie. Ce n’est pas pareil. Y a-t-il d’autres interventions ?... Le gouvernement, vous avez la parole. M. Taivini Teai : Merci, Monsieur le président Temaru. Immanquablement, s’il y a un domaine qui fait consensus au sein de cette honorable assemblée, c’est bien le secteur primaire. C’est bien cette vision, cette volonté que nous avons suite à la pandémie du Covid, suite à la baisse des hydrocarbures pétroliers, de se retrouver isolés et de ne pas avoir les ressources pour que notre population puisse se nourrir décemment. Donc, je suis très heureux de tout le partage d’informations et de cette même vision que nous avons tous, que vous avez tous au sein de cet hémicycle. Je vais répondre aux questions, en tout cas à la question, à ce qui m’a paru être l’interrogation par rapport à cet établissement EPFPA qui est donc sur ce fonds de roulement. Ce fonds de roulement qui est de 240 millions F CFP estimé en 2022, mais qui est à 210 millions F CFP maintenant pour 2023. Les fonds de roulement, vous le savez aussi bien que moi, sont des réserves pour du fonctionnement pour quelques soucis que l’on pourrait avoir. Mais, au-delà de ces soucis, il y a un objectif impératif — alors, il n’est pas présent aujourd’hui dans cet hémicycle, mais le ministre de l’éducation se serait fait le rapporteur de cela, de cette nécessité impérieuse —, c’est que le lycée agricole d’Opunohu soit doté d’une protection, d’une barrière comme tout lycée qui a des — je vais y arriver, excusez-moi — des clôtures — merci ! Bon, il y a eu un projet qui a été établi, mais ce projet est tellement pharaonique en dépenses qu’on l’a mis de côté ; et en plus, c’est un lycée agricole, donc ça serait quand même dommage… Et c’est Opunohu, c’est vallonné et avoir une clôture sur toute l’enceinte agricole… C’est cela aussi l’agriculture, il n’y a pas de barrière, à part pour l’élevage, mais sinon, en général, il n’y a pas de clôture. Par contre, il y a effectivement une nécessité par rapport aux parents, aux pensionnaires, aux parents qui déposent leurs enfants et qui souhaitent que dans cet établissement, leurs enfants n’aient pas de problème de sécurité. On a vu défrayer la chronique pour un autre établissement qui est l’université, où des étudiants se font agresser dans l’enceinte de l’établissement ou à l’extérieur. Donc cela, bien entendu, on le veut dans aucun de nos établissements d’enseignement, et encore moins dans celui d’Opunohu. Et donc, il y a une réflexion qui est menée actuellement en collaboration avec le ministre de l’éducation, et bien entendu avec le directeur de l’EPFPA, pour clôturer mais clôturer des endroits qui sont faciles à clôturer. On pense notamment au pensionnat. On pense notamment à la partie de vie, c’est-à-dire pensionnat, la partie de restauration qui seront peut-être plus faciles au niveau non seulement budgétaire, mais au niveau pratique à sécuriser, parce qu’il en va également d’une nécessité pour nos élèves et également pour rassurer les familles. Président Temaru, j’ai bien noté ton ouverture vers les pays qui nous entourent et, du coup, cela rajoute justement un complément, ou en tout cas une ouverture que l’on a à développer en plus de celle que je disais précédemment pour le lycée agricole, d’ouvrir des formations sur la mer, c’est de passer des conventions de partenariat. Pas que forcément avec les lycées métropolitains, mais en effet des lycées des pays extérieurs, des pays avoisinants. Je ne pense pas qu’à la Chine. Je pense à un autre pays qui, dans les années 2004, avec la venue d’une de ses princesses qui est venue en Polynésie française : c’est la Thaïlande. Pourquoi la Thaïlande ? C’est parce qu’en fait, ils sont maîtres dans l’agriculture, dans le développement de l’agriculture et dans le développement de l’élevage. Il y a 60 ans, la Thaïlande a été gouvernée par les triades de l’opium et le roi (l’ancien roi de Thaïlande) a redressé son pays en axant le développement agricole, élevage, aquaculture. Et c’est peut-être le seul pays au monde qui n’a jamais été colonisé ; mais cela, je fermerai la parenthèse. Voilà les informations que je souhaitais apporter. Merci. Le président : Merci, Monsieur le ministre. Nous passons à l’examen de la délibération. Pour ce dossier, je vous propose d’appliquer la procédure d’examen simplifiée. Êtes-vous d’accord ? Oui, d’accord. Merci. M. Simplicio Lissant : Monsieur le président. Le président : Oui. M. Simplicio Lissant : Il y a seulement un passage dans l’un des articles que nous sommes en train de voter. À l’article 5, il manque des mots, à mon sens : « Au 31 décembre de l’exercice 2022, le fonds de roulement de l’établissement public ». Il manque une portion… avant que l’on vote. (Rires.) Ainsi, nous ne reviendrions plus dessus. Merci. Le président : À l’unanimité. Merci, Merci bien. L’ensemble de la délibération est adopté. Monsieur le ministre de la santé doit intervenir à la télévision, il nous a demandé de faire passer son rapport avant. Les rapports peuvent être consultés sur le site internet de l'assemblée de la Polynésie française à l'adresse www.assemblee.pf | ||||||||||







