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Rapport d'observations définitives de la chambre territoriale des comptes sur le contrôle des comptes et de la gestion de la collectivité de la Polynésie française au titre de la politique de l'obésité chez les jeunes (15-25 ans) pour les exercices 2018 et suivants

Paru in extenso au JOPF n° 22 NA du 31/12/2024 à la page 1673

Rapport d’observations définitives de la chambre territoriale des comptes sur le contrôle des comptes et de la gestion de la collectivité de la Polynésie française au titre de la politique de l’obésité chez les jeunes (15-25 ans) pour les exercices 2018 et suivants


Le président : On poursuit notre séance avec l’examen des rapports de la Chambre territoriale des comptes, et à ce titre, par lettre du 15 juillet 2024, le Président de la Polynésie m’a fait parvenir le rapport d’observation définitif de la CTC relatif au contrôle des comptes et de la gestion de la collectivité de Polynésie au titre de la politique de l'obésité chez les jeunes (15-25 ans) pour les exercices 2018 et suivants.

Donc, en application des dispositions de l’article L 272-48 du code des juridictions financières, le rapport doit être communiqué à l’assemblée dès sa plus proche réunion et donner lieu à un débat.

Pour la discussion générale, la conférence le Tavini huiraatira dispose de 36 minutes, le Tapura de 15 minutes et les Non-inscrits de 9 minutes. J’invite l’intervenant du Tavini huiraatira à prendre la parole. — Qui est-ce qui intervient ? — Flores.

Mme Rachelle Flores : Merci Monsieur le président.

Monsieur le Président, Madame la Vice-présidente, Mesdames et Messieurs les ministres, Mesdames et Messieurs les représentants, chers collègues, Mesdames et Messieurs de la presse, chers internautes et cher public, bonjour.

La chambre territoriale des comptes vient d’achever son observation de la politique de l’obésité chez les jeunes (15-25 ans) pour les exercices 2018 et suivants. Nous saluons le travail de la CTC, qui est un organisme qui accompagne les décideurs afin de leur fournir des observations sur les politiques sectorielles pratiquées, dans le souci d’une meilleure gouvernance. La CTC n’a pas vocation à prendre des décisions ou à imposer aux gouvernants les orientations qu’elle juge nécessaires. Toutefois, forte de ses analyses, elle nous permet de prendre du recul sur les politiques menées à ce jour dans le but d’envisager des solutions d’amélioration. Ainsi, elle fournit, des données et des analyses qui permettent d’accompagner la gouvernance du Pays.

La CTC a pu nous communiquer différents indicateurs, nous permettant de mieux cerner la dynamique et les enjeux liés à l’obésité, notamment concernant les jeunes. Comme elle le souligne, le monde est en proie à un essor de l’obésité. Depuis 1976, le nombre de cas d’obésité a presque triplé sur l’ensemble du globe, avec des disparités significatives selon les parties du monde. Si en 2022, 43 % des adultes de 18 ans et plus étaient en surpoids, la prévalence du surpoids varie selon les régions, de 31 % en Asie du Sud-Est à 67 % sur le continent américain. Face à cette dynamique, la Polynésie n’est pas épargnée. Comme les autres territoires du Pacifique, cette progression continue et aujourd’hui près d’un habitant sur deux est en situation d’obésité. Cette situation touche plus fréquemment les jeunes et particulièrement les plus précaires. Le rapport indique que, chez les jeunes de 19 à 29 ans, 36 % des hommes et 47 % des femmes sont en situation d’obésité. Les hospitalisations liées à l’obésité sont également en progression de 50 % pour les patients âgés de 18 à 30 ans entre 2018 et 2022.

Pour rappel, l’obésité des jeunes est à l’origine du développement des maladies non transmissibles lorsqu’ils prennent de l’âge, tel que le diabète sucré, l’hypertension artérielle, les pathologies cardiovasculaires et les cancers. L’OMS a rappelé que les cancers et les maladies cardiovasculaires font partie des trois maladies les plus fréquentes dans le monde. Cela représente aussi bien un enjeu sanitaire qu’un enjeu économique pour l’équilibre de la PSG, car en 2019, le diabète sucré touchait plus de 10 000 personnes pour une dépense de plus de 11 Milliards de F CFP. L’hypertension artérielle concernait plus de 11 000 individus pour 9 milliards de F CFP et les maladies cardiovasculaires concernaient plus de 7 000 personnes pour une dépense de 6 milliards de F CFP. En 2022, le rapport souligne que ces « longues maladies », soutenu par le carnet rouge, représentaient, en y incluant les cancers, 43,7 milliards de F CFP, soit 72 % des dépenses annuelles d’assurance-maladie. Notons qu’une personne, peut être affecté par une de ces pathologies, comme elle peut être porteuse de l’ensemble des pathologies à la fois. Ainsi, cette question concerne l’ensemble de la société au titre de la santé de la population et pour l’équilibre des comptes sociaux.

Nous avons eu l’occasion de mieux comprendre la Maladie rénale chronique traitée dans les centres de dialyse, cette maladie est souvent la finalité de beaucoup de cas d’obésité et de diabète. Cette situation pèse beaucoup sur la qualité de vie des patients, cela impacte leur énergie, leurs capacités physiques, leur moral et leur sommeil, tout en réduisant malheureusement leur espérance de vie. Par exemple, un patient dialysé passe en moyenne environ 1 mois par an en séance de dialyse, à raison de 14 h par semaines. Un patient en dialyse nécessite une prise en charge par les comptes sociaux à hauteur de 5 millions de F CFP par an.

L’obésité entraîne des souffrances physiques et psychologiques qui affectent la qualité de vie, et sont particulièrement marquées chez les jeunes de 15 à 25 ans. Cela s’accentue lorsqu’ils sont placés en situation de précarité sociale. Comme l’évoque le rapport, la Polynésie n’est pas restée inactive face à ce problème, et elle a su appliquer les orientations fixées par l’OMS depuis plus d’une décennie afin de tenter d’endiguer le problème notamment concernant les facteurs de risque les plus connus. Ces préconisations soulignent des actions en faveur d’une alimentation équilibrée, de la pratique de l’activité physique et de lutter contre la sédentarité.

Le rapport indique que, de 2018 à 2023, le montant cumulé des dépenses consacrées par le fonds de prévention sanitaire et sociale à l’obésité s’élevait à 1,23 milliards de F CFP, soit 64 % des dépenses cumulées de ce fonds sur un total de 1,96 milliards de F CFP. Cette part atteignait même plus de 70 % en 2022 et 2023, témoignant de l’implication de cette politique de santé par la Polynésie Française. C’est près de 20 % de la dépense du fonds de prévention de l’obésité cumulée entre 2018 et 2023 qui était consacré aux campagnes de prévention pour l’activité physique, l’alimentation saine et l’éducation de la santé, soit 230 millions de F CFP.

La CTC observe, toutefois, qu’il a manqué des actions cibles auprès de la jeunesse de 15 - 25 ans, qui n’était pas identifiées comme une cible prioritaire de cette politique. Les 230 millions de F CFP évoqués n’ont pas fait l’objet d’un suivi en faveur de la jeunesse.

Pour autant, le Fare Tama hau a pu bénéficier du financement du fonds de prévention sanitaire pour renforcer la politique de prévention auprès de la jeunesse. Depuis deux ans, l’organisme effectue une prise en charge de l’obésité de 5 à 25 ans. Une équipe mobile assure des consultations soit à Fare Ute, soit à Mahina et à Punaauia. À ce jour, l’équipe a pu recevoir 120 patients.

Tout d’abord, organiser un marché public pour sélectionner, d’ici à 2025, le prestataire qui assistera le Pays dans la réalisation de la prochaine enquête relative à l’état de la santé de la population. Ensuite il s’agit de produire et communiquer annuellement, dès 2025, un rapport sur l’épidémiologie sanitaire et sociale de l’obésité en distinguant les données par lieux de vie et par tranches d’âge.

Il s’agit aussi de renforcer, à court terme, la fiscalité sur les produits à forte teneur en sucre et affecter les recettes qui en résulteront au financement des actions de prévention de l’obésité, notamment à destination des jeunes de 15 à 25 ans. Il faut aussi mettre en œuvre, à court terme, un programme de lutte contre l’obésité en y associant des représentants de la jeunesse. Il faut aussi délivrer, en 2025 une autorisation pour un réseau de santé consacrée à l’obésité et constitué de partenaires sanitaires et sociaux engagés auprès des jeunes et des personnes fragiles. Aussi il faut évaluer, chaque année à partir de 2026, la pertinence et l’efficacité des actions de lutte contre l’obésité, notamment chez les jeunes, ainsi que le rapport entre les ressources mobilisées et les résultats obtenus. Enfin, il faut organiser, dès 2025, la traçabilité de la taille et du poids du patient lors de chaque consultation médicale.

Il en ressort donc, que la question devra être traitée par l’intermédiaire de l’interministérialité, par le ministère de la Santé, par l’éducation, de la jeunesse et sport ainsi que par le ministère de l’Économie et du budget, car la population consomme ce qui est accessible eu égard du coût de la vie. Si la Polynésie assure des actions en aval, lorsque le problème est constaté, il est nécessaire de mener des actions en amont, par l’intermédiaire de la prévention, par l’éducation, et sur la capacité de la Polynésie à rendre abordable, une nourriture saine à sa population.

Pour l’heure, nous avons déjà quelques gages d’assurance portées par notre gouvernement. Le ministère de la Santé, en partenariat avec le ministère de l’Éducation mène depuis le début de la mandature, le programme « école et commune en santé » afin de sensibiliser notre population, notamment notre jeunesse à une meilleure éducation alimentaire. Cette mesure est prévue d’être reconduite par notre gouvernement pour l’année 2025.

Le ministère de la Jeunesse et des sports a annoncé, il y a peu, le renforcement du programme « Pass’Sport », dans le but de rendre plus accessible la pratique sportive auprès de notre jeunesse.

En complément, nous rappelons, dans la continuité des discours en faveur de l’activité, portés par les actions telles que “EAttitude” ; qu’il faut bouger pour sa santé. Il n’est pas nécessaire de faire une pratique sportive intensive, mais il faut assurer du mouvement au quotidien, pour lutter contre la sédentarité et maintenir les corps actifs et en mobilité. Lorsque l’on est bien dans son corps, il est plus aisé d’être bien dans sa tête.

Enfin, le ministère de l’Économie, des finances et du budget, a conscience de revoir la fiscalité sur les produits sucrés, en écho avec la recommandation numéro 3 de la CTC, qui peut être amorcée à court terme. Notons toutefois, que toute fiscalité comportementale devrait être obligatoirement affectée à la prévention, pour réduire la nocivité de ces produits. Toute autre affectation serait malvenue et serait incomprise par l’opinion publique et risque d’être rejeté.

Ainsi, la prévention et l’éducation sont toujours nos principaux leviers. Il vaut mieux prévenir que guérir. Pour apporter un message d’espérance, notons que l’obésité n’est pas une fatalité en soi. Pour peu qu’on ait saisi l’ensemble des risques et des comportements à adopter, cela peut s’inverser. Cela nécessite de la volonté et du courage, deux traits de caractère intrinsèques à notre peuple, qui, nous le savons, saura faire face à ce fléau.

Pour accompagner notre peuple, le Tavini Huiraatira a fait part de ses propositions : aller toujours au plus près de la population pour ne pas abandonner ceux qui, parfois, se laissent aller. Ainsi, nous sommes en faveur des éducateurs de santé, ces personnes qui iront sillonner les quartiers pour rappeler les bienfaits d’une bonne santé au quotidien et les différents comportements à adopter.

Pour conclure, le Tavini Huiraatira croit en cette citation d’Hippocrate « Que ton alimentation soit ta meilleure médecine ». Une citation que nous exprimons ainsi, « On est ce que l’on mange ».

Merci de votre attention, mes salutations.

Le président : Merci, donc on poursuit avec l’intervenant du Tapura huiraatira, oui Cathy.

Mme Cathy Puchon : Merci, Monsieur le président, je vous salue à nouveau cet après-midi.

Ce rapport de la CTC relatif au contrôle des comptes et de la gestion de la collectivité de la Polynésie française au titre de la politique de l’obésité chez les jeunes ne concerne que la tranche d’âge restrictive des 15-25 ans. Or l’obésité s’installe très tôt car elle est la résultante entre une prédisposition génétique et un environnement favorisant. Les conséquences médicales et de santé publique chez les enfants sont graves et augmentent avec l’âge, le degré d’obésité et la durée de l’obésité.

Les recommandations pour lutter contre l’obésité contenues dans ce rapport de la CTC ciblent plus particulièrement les 15-25 ans. Mais il est évident que si les enfants ne sont pas pris en charge dès le plus jeune âge, ils deviennent des adolescents obèses.

Les dernières études proposées par la Direction de la Santé ont mis en évidence un taux important d’enfants et de jeunes en surpoids-obésité. C’est ainsi de 1995 à 2010, les enfants âgés de 7 à 9ans présentent un taux de 36 % de surpoids, dont 16 % en obésité. En 2016, les enfants âgés de 13 à 17 ans présentent un taux de 43 % de surpoids, dont 20 % d’obésité, ce qui a été confirmé par la revue médicale The Lancet qui, en 2017, a placé la Polynésie Française au 1er rang des taux d’obésité tous âges confondus, avant les États-Unis (Étude Santé Publique France ESTEBAN 2010-2016, où les États-Unis en 2014 représentent 17 % pour les enfants âgés de 6 à 11 ans en obésité).

Cette enquête de 2016 de la Direction de la Santé en milieu scolaire, coordonnée par l’OMS sur les adolescents âgés de 13 à 17 ans sur l’ensemble de la PF mériterait d’être renouvelée et élargie. (C’est la recommandation 1 de la CTC).

En Polynésie, les problématiques individuelles sont très différentes d’un enfant à l’autre : problématiques éducatives, socio-familiales (cadre éducatif pauvre), problématiques du domaine diététique (alimentation déséquilibrée), problématiques dans le domaine de l’activité physique (sédentarité).

En décembre 2017, la Direction de la Santé a proposé un projet pilote pour prendre en charge les enfants et les adolescents en obésité et en surpoids en lien avec l’hôpital de Raiatea, programme alliant hospitalisation bilan, diététique et sport.

Ainsi, une équipe pluridisciplinaire (médecin, infirmier, nutritionniste) répond à l’urgence de la situation. L’hospitalisation des enfants et jeunes obèses est une étape vitale à la réussite de leur accompagnement, car en plus des examens médicaux, elle permet de faire prendre conscience à la famille de la gravité de la situation. L’éducation thérapeutique du patient (ETP) est un outil indispensable pour faire le lien entre les habitudes alimentaires existantes du patient, son état de santé et les ressources disponibles pour modifier la tendance. Ce programme comprend également des ateliers d’Activités Sportives Adaptées (APA) et diététiques de groupe (enfants, parents).

Les résultats probants de ce programme ont permis d’élargir ce type de prise en charge par d’autres structures de santé publique (Centre de santé et de prévention de la presqu’ile, Fare Tama Hau, hôpital de Taravao…) ainsi que par de médecins libéraux. Pour exemple, un réseau de prise en charge avec des partenaires de la santé, du social, du sport et des communes s’est instauré à Taravao.  (C’est la recommandation 5 de la CTC)

Pour ce qui concerne la fiscalité comportementale, le 11 décembre 2018, l’assemblée de la Polynésie française a adopté la loi du pays N° 2018-41 portant diverses mesures fiscales pour le financement des actions de prévention en matière de santé publique. Celle-ci incite les producteurs à diminuer le taux de sucre dans leurs produits et par conséquent à modifier les habitudes des consommateurs. Le produit fiscal alimente les recettes du fonds de prévention sanitaire et social (PSS), chargé depuis 2017 de la mise en œuvre d’actions de prévention.

C’est grâce à ce fonds que plusieurs projets et actions de prévention ont pu être financés à ce jour. Il serait opportun de compléter cette loi de pays et de poursuivre le financement ciblé d’actions de prévention, après avoir dressé un bilan des actions en intégrant celles dont les résultats auront été probants pour pérenniser leurs financements, tel que le programme Maita'i santé arrêté depuis fin 2023. Ce sont les recommandation 3 et 6 de la CTC.

Pourquoi avoir arrêté un programme qui fonctionnait ?

La CTC relève dans son rapport que : « le montant cumulé des dépenses du fonds de prévention depuis 2018 atteignait plus de 1,95 milliard F CFP en 2023. Dans cet ensemble, 1,23 milliard F CFP a été consacré à la prévention de l’obésité, soit 63 % de la dépense cumulée entre 2018 et 2023. La part des dépenses du fonds de prévention consacrée à l’obésité a constamment représenté plus de la moitié de ses dépenses et s’élevait à plus de 70 % en 2022 et 2023, démontrant ainsi une montée en charge de la dépense publique consacrée par le Pays à la prévention de l’obésité. »

Le montant consacré à la prévention de l’obésité est loin d’être négligeable et devrait être augmenté eu égard aux dépenses de l’assurance maladie de la CPS pour la prise en charge des pathologies liées à l’obésité.

Quelles sont les orientations du Fonds de prévention que vous arrêtez pour le futur, Monsieur le ministre ?

Il demeure essentiel de collecter les données portant sur l’évolution du taux d’obésité de la population polynésienne. À cet effet, en janvier 2023 l’observatoire de la santé en charge de la collecte des données de santé a été logé au sein de l’ARASS. Faut-il encore que les ressources humaines soient en nombre suffisant pour assurer cette tâche.

Le projet de budget 2025 devrait pouvoir y répondre.

Lors de la session extraordinaire de notre assemblée le 1er août dernier, nous avons voté à l’unanimité un amendement modifiant l’article 1er du projet de délibération portant prorogation du schéma d'organisation sanitaire 2016-2021. Celui-ci ajoute au sein de l’axe 4 « Réinvestir la prévention et la promotion de la santé » une orientation supplémentaire visant à promouvoir la pratique du jeûne à visée préventive.

Dans ce cadre, pouvons-nous envisager de poursuivre cette stratégie de prévention en améliorant l’information des consommateurs polynésiens sur le danger de certains produits alimentaires trop riches en sucre ou en sel ?

Avez-vous des projets en la matière ?

Monsieur le Président, chers collègues, la liste des points à relever n’est pas exhaustive, loin de là. Cependant, ce rapport met en lumière les avancées en prévention de l’obésité et les observations dont le gouvernement doit tenir compte.

Je tiens ici à saluer l’action des maires qui, conscients du problème grandissant de l’obésité chez les jeunes, veillent à mettre en place au sein de leurs communes, avec l’accompagnement du SPC, une restauration scolaire équilibrée. L’éducation alimentaire et la sensibilisation au manger bien doit commencer très tôt afin de donner à nos jeunes les meilleures habitudes alimentaires possibles.

Pour notre part, le groupe Tapura huiraatira travaille actuellement sur une proposition de loi de pays qui contiendra des mesures de prévention et d’éducation contre les excès nutritionnels de toute nature que nous espérons soumettre dans les meilleurs délais à notre assemblée qui participera à la prise en charge d’une prévention populaire.

Je vous remercie de votre attention.

Le président : Merci.

Donc nous poursuivons avec l’intervenant des non-inscrits.

Nicole.

Mme Nicole Sanquer : Merci, Monsieur le président. Monsieur le ministre, bonjour.

Le 16 juillet 2024, l’assemblée de la Polynésie française a été destinataire pour débattre en séance plénière du rapport d’observation définitive établit par la Chambre territoriale des comptes portant sur la politique de prévention de l’obésité chez les jeunes conduite par le Pays sur les exercices 2018 et suivants.

À titre liminaire, je tiens particulièrement à saluer la Chambre sur la pertinence du choix du sujet d’enquête retenu compte tenu des conséquences particulièrement néfastes et majeures qu’engendrent l’obésité sur l’état de santé des Polynésiens, sur notre protection sociale généralisée et plus généralement sur la croissance de notre économie. Son impact sur la jeunesse est à prendre avec d’autant de considération dès lors qu’une prise en charge précoce évite l’aggravation de cette pathologie aussi dévastatrice que les addictions en termes de santé publique.

Mes chers collègues, s’il y a encore quelques décennies, tout comme le reste du monde, les Polynésiens n’avaient pas à connaître avec autant de prévalence les maladies dites non transmissibles telles que le diabète, l’hypertension, les pathologies cardiovasculaires, les affections respiratoires, ou encore les cancers. Les difficultés de santé et la mortalité de la population polynésienne résultaient principalement de maladies infectieuses ou parasitaires ou plus simplement de la vieillesse.

La lecture des 86 pages du rapport de la CTC dresse un constat sans appel et doit nous alerter sur l’aggravation de l’obésité des Polynésiens, maladie chronique complexe qui concerne aujourd’hui plus de la moitié de la population et s’affiche comme une des causes principales du développement des maladies non transmissibles, dont notamment le diabète qui touche un Polynésien sur cinq. Ainsi, 72 % des dépenses annuelles de l’assurance maladie, soit près de 44 milliards F CFP, concernent ces maladies qui enregistrent une progression considérable au cours de la dernière décennie et affectent également les jeunes, même si ceux-là s’affirment dans une moindre évolution compte tenu de leur âge.

Malgré les efforts consentis par l’ancienne mandature au travers de la mise en œuvre de plusieurs programmes de santé publique, l’obésité n’infléchit pas, elle s’aggrave. Les habitudes de vie, notamment alimentaires, restent ancrées et difficiles à contrecarrer.

Si nous devions résumer en une phrase ce rapport, elle serait celle-ci : « l’état de santé de notre société se dégrade et s’aggrave. On mange trop, on mange mal, de plus en plus jeune et si on vieillit plus longtemps c’est en moins bonne santé et au prix d’une prise en charge médicale qui pèse de plus en plus lourdement sur les dépenses de la PSG. »

Ces quelques mots ne visent pas à blâmer ou à rendre responsable qui que ce soit, qu’il s’agisse d’autorité publique en charge de définir les politiques sectorielles ni les individus, les jeunes comme les moins jeunes et encore moins les effets de la mondialisation trop facilement identifiée comme l’unique responsable de tous les maux de notre société, de sa transformation alimentaire alors que nous le savons tous : les choix alimentaires affectent de manière inéluctable tous les territoires.

Si nous sommes tous les premiers à apprécier par facilité à manger des plats préparés trop gras, trop sucrés ou trop salés, la CTC met en exergue l’ensemble d’autres facteurs concourant à la prise de poids, en particulier les catégories sociales les plus défavorisées : l’isolement de jeunes coupés trop tôt de leur famille, les pratiques culturelles, les discriminations, les violences intrafamiliales, le manque d’activité physique et la sédentarité, l’éducation thérapeutique, etc… Autant de facteurs à risque qui conduisent, une fois adulte, à des fragilités sociales qui se répètent.

Aussi, mon propos portera sur notre volonté d’agir en faveur de l’amélioration de notre état de santé, au-delà des constats qu’il nous faut accepter et reconnaître sur l’indispensable et nécessaire prise de conscience collective des risques sanitaires de l’obésité que nous devons tous avoir aujourd’hui plus que jamais à quelque niveau que ce soit. Il nous faut agir par des choix politiques sur lesquels le gouvernement doit immanquablement se positionner si nous le souhaitons que notre jeunesse puisse atteindre l’âge adulte sans développer des maladies non transmissibles et que nous-mêmes, tout comme nos aînés, puissions vieillir en meilleure santé sans systématiquement mettre à mal notre PSG, à raison de la hausse des dépenses engendrées par une prise en charge médicale.

Il nous faut agir en faveur d’une stratégie qui nécessite d’être clairement organisée, structurée sur les objectifs à atteindre, les actions à réaliser, les moyens financiers alloués pour atteindre les résultats attendus. Il nous faut aussi agir, à titre individuel, afin de démontrer ce que nous prônons si l’on souhaite rester crédibles.

Ainsi, la CTC nous recommande au travers de son rapport sur l’absolue nécessité d’infléchir de manière significative le taux de prévalence de l’obésité dès le plus jeune âge en vue de préserver au mieux notre intégrité humaine une fois adulte, mais également de contenir les coûts de dépenses induites sur nos régimes sociaux.

La Chambre nous recommande sept recommandations déclinées au sein du rapport par plusieurs préconisations complémentaires en nous demandant en filigrane d’agir :

en établissant l’état de santé de la population ;

en dressant notamment l’état épidémiologique de l’obésité en fonction des lieux de vie et par tranche d’âge ;

en évaluant le coût de l’obésité pour la société polynésienne et notamment pour la PSG ;

en procédant à une évaluation des précédents schémas et programmes de santé publique déployés concernant la lutte contre l’obésité par une analyse des difficultés organisationnelles rencontrées ;

en définissant un nouveau programme de prévention de l’obésité en y associant la jeunesse réalisable et mesurable dès lors que plus aucun document stratégique opérationnel n’est d’actualité ;

en prévoyant des moyens humains et financiers utiles à sa réalisation par une programmation pluriannuelle ;

en organisant un réseau de santé autour de l’obésité pour une prise en charge multidisciplinaires ;

en mettant en adéquation la liste des PPN et des PGC qui vise l’amélioration d’un pouvoir d’achat avec des produits alimentaires en faveur de la prévention de l’obésité ;

en élaborant un nutri-score sur les produits locaux qu’ils n’affichent pas ;

en poursuivant les mesures engagées en faveur de l’autonomie alimentaire ;

en renforçant la fiscalité comportementale notamment pour les produits les plus sucrés ;

en régulant les taux de sucre dans les produits alimentaires, notamment des boissons produites localement dont le taux atteint pour certaines le double de celles commercialisées en France ;

en contrôlant le respect de l’application de la promotion des produits locaux dans la restauration scolaire ;

en développant des activités physiques, spécifiques en faveur des jeunes et développer les infrastructures sportives au sein des communes des quartiers ;

en organisant le dépistage et la prise en charge précoce de l’obésité dès le plus jeune âge car la prise de conscience de la gravité de l’état de santé des jeunes comme des moins jeunes est insuffisamment considérée.

Si les solutions proposées apparaissent identifiées, la difficulté repose sur leurs mises en œuvre d’autant que toutes les mesures déployées jusqu’alors peinent à démontrer des résultats probants. Les résolutions des problématiques sont plus complexes à faire qu’à dire.

C’est la raison pour laquelle, Monsieur le président de l’assemblée, je vous encourage ainsi que mes collègues, notamment ceux membres de la commission en charge des finances et de la santé à s’emparer au mieux des enjeux sanitaires en sollicitant l’examen détaillé du suivi des recommandations des rapports de la CTC précédemment établies concernant la PSG compte tenu des enjeux que la santé représente pour les Polynésiens.

Les rapports de la CTC mériteraient, à notre sens, d’être débattus également en commission législative compte tenu de la pertinence des informations qu’ils contiennent.

En effet, il ne peut y avoir de réformes efficaces de la PSG tout comme de la politique de santé au travers des orientations stratégiques définies par le schéma directeur du SOS, du schéma de prévention et de promotion de la santé ou encore du programme d’action à l’alimentation et l’activité physique sans évaluation au préalable des mesures adoptées.

Les élus, avant de consentir à voter de nouvelles mesures, doivent avoir accès à une information claire et complète des sujets abordés. Trop de rapports qu’ils soient établis pour le compte du Pays, la CPS, le CHPF, l’APF, le CÉSEC ou encore de l’État restent sans un suivi effectif de l’efficacité des recommandations qu’ils préconisent ou lorsqu’il existe sans diffusion d’un résultat auprès du législateur polynésien comme du public.

Monsieur le ministre en charge de la santé, pourriez-vous nous indiquer à titre complémentaire votre position sur les recommandations de la CTC et plus spécifiquement les mesures opérationnelles que vous comptez déployer pour endiguer l’obésité compte tenu de la caducité des documents stratégiques de santé ?

Monsieur le ministre en charge de la fiscalité, la CTC fait état de la nécessité de réformer la fiscalité comportementale en augmentant les taxes sur les produits particulièrement sucrés, en régulant le taux de sucre au sein des produits les plus nocifs ou encore en révision la liste des PPN et PGC afin d’y inclure des produits alimentaires dont l’aspect nutritionnel apparait davantage bénéfique à la santé humaine. Pourriez-vous nous indiquer votre position sur ces recommandations et celles que vous comptez mettre en œuvre pour répondre à ces enjeux sanitaires qui, manifestement, engendrent un coût très prohibitif sur la PSG ?

Je vous remercie.

Le président : Merci.

Y a-t-il d’autres intervenants de groupe sur ce sujet ? S’il n’y a pas d’intervention, je rends la parole au gouvernement.

Monsieur le ministre de la santé.

M. Cédric Mercadal : Bonjour à toutes et à tous. Monsieur le président de l’assemblée, Mesdames et Messieurs les représentants, chers collègues, Mesdames et Messieurs du public, bonjour.

Ce rapport, c’est le défi majeur auquel on va devoir faire face ces prochaines années. L’obésité c’est un fléau, un fléau qui touche la moitié de notre population : 153 000 habitants sont en surpoids ou en obésité. Il affecte gravement notre jeunesse, c’est ce que ce rapport de la CTC de qualité vient mettre en lumière : 47 % des jeunes femmes, 36 % des jeunes hommes âgés de 18 à 29 ans sont concernés.

C’est un constat alarmant et c’est une question de santé individuelle, mais c’est surtout un enjeu collectif. C’est la réalité de notre système de la PSG qui se joue ici sur les prochaines années, sur les prochaines décennies, plus qu’une qualité de vie de tout un chacun.

On ne peut pas rester passif. La lutte contre l’obésité doit devenir une priorité dans notre Pays. Il existe des réformes qui vont être ambitieuses, proactives, collectives. Nous devons nous mobiliser et mobiliser nos ressources pour faire avancer cela en matière de santé publique.

Nous devons nous réorganiser — et je te soutiens, Nicole, là-dessus. C’est que tous ensemble on doit avoir une volonté politique commune. Je soutiens maire-père fondateur qui dit que ça doit se faire à tous les instants, au niveau de chaque individu parce que c’est l’individu au cœur de sa santé qui doit primer. Il faut souligner cette prévention, cette activité.

L’activité, c’est le maître-mot de la lutte contre l’obésité, voulu par notre gouvernement : l’activité des pouvoirs publics, l’activité des élus, l’activité des administrations avec « l’administration active », l’activité des entreprises avec « l’entreprise active », au niveau communal avec « commune en santé », au niveau des études, de toutes les écoles avec « école en santé », au niveau des personnes pour être moteur chacun de notre santé et de remettre à mieux nos habitudes alimentaires. C’est le plan de transition alimentaire aussi. C’est remettre l’activité dans notre politique publique et dans l’investissement de tout un chacun.

L’obésité, c’est de nombreuses maladies comme on les a indiquées jusqu’à aujourd’hui : le diabète, l’hypertension, les maladies cardiovasculaires, le cancer. 72 % des dépenses de santé, voilà, ces maladies. On a cité le chiffre chaque année de 43,7 milliards F CFP que l’on met pour soigner ces maladies.

C’est une laisse directe pour nos financements publics, on doit donc tous agir. Quel levier pour inverser cette tendance ? Le premier c’est — tu as raison — il y a un problème de collecte de données. Depuis 2019, on n’a pas réestimé les données, on ne connait pas l’état de notre population. Nous, depuis qu’on est arrivé depuis 2024, on a fait la première enquête (GSSHS) qui nous permet d’évaluer l’état de santé des plus jeunes. L’étude devrait être finalisée en septembre et nous permettra de savoir ce qui s’est passé pour nos enfants scolarisés et leur état de santé, notamment en matière d’obésité et les causes de celles-ci.

L’enquête Stepway est lancée cette année en septembre, une enquête Step fenua qui est dans le cadre de l’OMS pour nous comparer aux autres et connaître dans chaque quartier les difficultés et les causes de notre état de santé, ce qui nous permettra d’avoir le socle et une meilleure information pour ajuster nos politiques publiques et nos politiques de quartiers. Elle permettra de connaître les risques comportementaux liés à l’alcool, la sédentarité, l’alimentation, la santé mentale, le dépistage, principaux facteurs de risques biologiques et qui sont le surpoids et l’obésité, l’hypertension.

On va pouvoir avoir la cartographie de l’état de santé de notre population. Elle sera finalisée en 2025, fin 2025. Mais au-delà de ça, il nous faut parler des mesures que l’on vise à renforcer. C’est bien de faire un état des lieux, mais il faut aller de suite dans les choses : renforcer nos infrastructures et encourager l’activité physique.

Je remercie Nahema d’avoir relancé « Pass’Sport », une première mesure qui avait été mise en place et qui est accentuée, mise en place et étendue à l’ensemble des gens. Il faut aller au-delà. Une loi APA va vous être présentée d’ici la fin de ce semestre, qui permettra de rembourser au regard de prescriptions les personnes les plus atteintes pour favoriser l’activité physique de ces personnes. Et on ira encore un peu plus loin, on va impliquer la jeunesse parce que via Fare Tama hau on va embaucher des volontaires polynésiens, des éducateurs de santé, des coachs bien-être, de terrain qui seront dans les quartiers et qui viendront aider l’application dans chaque quartier de ces mesures de promotion, de prévention et d’activités sportives au plus près des gens, au plus près des communes, au plus près de là où le problème est, en accompagnant tout un chacun.

On fera la même chose que l’on a fait avec les dents dans les années 1970 et qui a fonctionné. On est allé sur le terrain en mettant 80 hygiénistes dentaires. Eh bien, là, on mettra 180 éducateurs de santé d’ici fin 2025, financés par le fonds de prévention. Du terrain, c’est ça dont on a besoin. On a essayé la communication, on a essayé les attitudes pluridisciplinaires, on a essayé, tout essayé, et pourtant le chiffre ne fait qu’exploser.

Donc du terrain, ça sera la solution proposée par notre gouvernement, de l’activité de terrain auprès des populations et on demandera à l’ensemble des communes de participer à cet effort pour identifier les quartiers prioritaires, pour identifier les endroits où il y en a plus besoin parce qu’on aura besoin de vous, de l’ensemble des maires, de l’ensemble des associations religieuses. C’est une cause nationale la lutte contre l’obésité. C’est une meilleure alimentation, expliquer à tout un chacun comment s’alimenter et faire en sorte que l’on accepte au plus près de nous.

C’est une politique de prévention qui s’accompagne, l’accompagnement des gens, mais ça ira aussi avec une politique de lutte avec des mesures fiscales, des mesures comportementales pour réorienter vers une bonne alimentation. Mesures fiscales qui favoriseront dans le cadre de la promotion alimentaire de nos produits locaux qui sont à bonne indice glycémique, réapprendre à manger les produits sains, mais aussi sanctionner des produits trop sucrés, trop communément absorbés par notre population.

Il faudra une politique commerciale et je remercie Warren de l’accompagnement qu’il fait dans ce domaine puisqu’on conduit une politique de lutte contre le sucre, ce n’est pas que de la taxation, c’est aussi une politique contre la commercialisation.

Quand on voit qu’en tête de gondole dans chacun de nos magasins, qu’est-ce qu’on nous présente ? Pas des produits sains, mais des bonbons. Et qu’est-ce que font les enfants ? Ils y vont dessus. Donc il faudra peut-être revoir cette politique d’affichage des produits sucrés, des bonbons et des produits nocifs qui, aujourd’hui, conduisent à une addiction au sucre de notre population. Il faudra aussi conduire à une surtaxation des produits les plus sucrés.

Aujourd’hui, on importe des produits qui sont interdits en Europe car trop sucrés. Il faudra peut-être interdire ces types d’importation parce que c’est une question de courage politique de notre part et il faudra le faire en accompagnement de nos industriels locaux parce qu’il ne faut pas s’opposer à eux. Ils sont d’accord de diminuer leur niveau de sucre dès lors qu’ils sont accompagnés et que c’est la même règle pour tous.

Donc on les accompagnera dans cette démarche, ce que l’on fait déjà puisqu’on les a déjà rencontrés plusieurs fois dans le cadre de cette politique de lutte contre cet excès de sucre. Donc politique de terrain, politique de lutte contre le sucre, politique d’accompagnement via la loi APA sur l’activité sportive, faire en sorte qu’on ait du sport dans nos quartiers, faire du sport dans les écoles, accompagner avec les maires. Voilà ce que sera la politique de prévention des prochaines années. Le financement doit aller au terme et à l’activité.

Je vous remercie.

Le président : Merci.

On poursuit avec le rapport N° 7076 par lettre en date toujours du…

Mme Nicole Sanquer : Président !

Le président : Oui.

Mme Nicole Sanquer : Il y a le ministre des finances qui souhaitait répondre.

Le président : Ah encore intervenir, excusez-moi ! Bon, vous avez la parole.

M. Warren Dexter : Merci. Non, rapidement.

C’est juste rappeler qu’en tant que ministre des finances je suis chargé de financer un peu la politique de prévention à Cédric au travers de cette fameuse TCP (Taxe de la consommation pour la prévention), la taxe sur le sucre dont le produit est intégralement reversé aux comptes spéciaux de Cédric.

Comme indiquait le rapporteur, il y a une grande évolution déjà en 2018. Il faut savoir qu’au tout début quand on a mis en place cette taxe c’était en 2001, c’était uniquement sur la limonade et ice-cream je crois, et là en 2018 on a étendu à plusieurs autres produits sucrés en mettant évidemment les bonbons, le chocolat, les jus et plein d’autres choses, mais toujours produits sucrés.

Aujourd’hui, la taxe nous rapporte à peu près 1,8 milliard F CFP, 600 millions F CFP à l’importation et 1,2 milliard F CFP en local, donc production locale de produits sucrés c’est quand même assez impressionnant. De mémoire, c’est 16 millions de litres de soda produits chaque année. Ils font quand même à 18 là, ces dernières années, c’est assez phénoménal. Donc tout ça, ça va dans la population avec tout le sucre qui va avec.

De toute façon même sans attendre le rapport de la CTC, le ministre Mercadal a engagé un chantier pour améliorer en tout cas le spectre de cette TCP pour arroser plus de produits, c’est-à-dire sortir des produits sucrés pour aller aussi appréhender ce qui est produits salés et produits gras parce que ça aussi c’est à l’origine de maladies.

Je vais donc reprendre ce chantier à mon compte, mais ce que je voudrais proposer dès le BP 2025 c’est déjà de mettre la TVA à 16 % sur tous les produits qui sont déjà actuellement soumis à cette taxe sur le sucre. Donc demain, d’un bonbon qui est vendu à 5 % de TVA ça va passer à 16 %.

Alors je sais que cela abonde le budget général, j’entendais la rapporteure dire « mais la population ne va pas comprendre », mais je crois qu’elle va comprendre parce que ces considérations d’affectation aux comptes spéciaux au budget général ça dépasse la population et il faut qu’elle sache, symboliquement déjà, première mesure qu’on va faire, c’est augmenter les produits qu’on ne veut pas encourager à + 11 % à la consommation.

Évidemment ça va être inflationniste, mais chacun comprendra que pour des objectifs de santé publique ça ne pose pas de problème qu’il y ait de l’inflation sur ce genre de saloperies.

Voilà. Merci.

Le président : Merci.

Tout le monde est intervenu, il n’y a plus d’intervention c’est bon ? Pardon ? Oui.

M. Steve Chailloux : Merci bien. Monsieur le ministre, bonjour. Bonjour !

Je vous ai écouté avec beaucoup d’attention et je remercie également les collègues qui m’ont précédé dans leurs diverses interventions tout aussi pertinentes les unes que les autres et notamment sur une problématique qui est gravissime, notamment chez nous au pays qui est celle de la question sur l’obésité.

La problématique de l’obésité selon ma compréhension ne peut pas se résumer en une simple équation : mal manger, pas faire de sport, égale obésité.

Ce n’est pas que cela. Je le dis parce que cela fait des années maintenant, puisque le phénomène de l’obésité, c’est un phénomène malheureusement qui est mondial et donc qui devient une problématique mondiale et donc forcément, on en entend parler un petit peu partout. Et effectivement, lorsque nous abordons — que ce soit ici en Polynésie ou partout ailleurs dans le monde, je pense — la question de l’obésité, nous le faisons toujours sous un seul angle, qui est celui de l’angle de la santé, d’où l’équation justement dont je parlais, c'est-à-dire mal manger, bien manger, etc.

Mais, force est de constater quand même qu’au bout de 40 ans de recherche, à partir des années 70 jusqu’à aujourd’hui où nous — quand je dis « nous », la communauté scientifique — avons toujours tenu le même discours, la même équation, et donc proposé toujours les mêmes solutions (plus de sport, mieux manger, ça, on l’entend), eh bien on constate malheureusement que cela ne fonctionne pas. Cela ne fonctionne pas parce que fondamentalement, lorsque nous abordons le sujet, ce sujet de l’obésité, nous l’abordons de manière, me semble-t-il, incomplète, car il est abordé essentiellement et uniquement sur la voie sanitaire. Or, il y a un paradoxe quand même dans notre société, qui est celui de vivre dans une société obésogène, c’est-à-dire qui produit de l’obésité, tout en vivant quand même dans la même société qui est également obésophobe, c'est-à-dire qui n’aime pas l’obésité).

Le problème c’est que, selon moi, je souhaiterais également — pas là tout de suite évidemment, soyons plus ambitieux pour les années à venir —, mais à un moment donné, je souhaiterais quand même que nous puissions avoir l’opportunité d’organiser un colloque, une réunion ou des états généraux, peu importe comment est-ce qu’on va les appeler, en y invitant l’expertise de sociologues ou d’anthropologues qui viendront discuter du rapport culturel que le Polynésien peut avoir avec la nourriture dans un contexte anthropologique ou génétiquement (cela a été prouvé scientifiquement) : nous avons — comment dire ?... — le gène de garder. On grossit, n’est-ce pas ? Donc forcément, nous avons nourri année par année, décennie après décennie, des générations et des générations de Polynésiennes et de Polynésiens qui ont construit un rapport bien spécifique avec la nourriture ; et cette nourriture, au fil de la transformation de nos sociétés, passant d’une société traditionnelle à une société dite moderne aujourd’hui, à un type de nourriture qui nous était initialement totalement étranger. Et en moins de 30 ans, la société tout entière a été bouleversée. Je ne parle pas de nucléaire, etc., je parle de nourriture. Et donc forcément, mon analyse, et c’est ce que je formule maintenant, c’est que si nous continuons constamment à toujours aborder la même problématique universelle toujours sous le même angle qui est celui de la santé — je ne dis pas qu’il ne faut pas le faire —, mais essentiellement et uniquement sous cet angle-là en occultant la partie sociétale de comment est-ce qu’une société construit et fabrique des individus (femmes et hommes) qui ont un rapport particulier à la nourriture, doublé à cela en plus avec des gènes qui poussent à l’accumulation des masses graisseuses.

Il nous faudrait aller plus en profondeur parce que si nous proposons aujourd’hui les mêmes solutions qui ont été proposées depuis 40 ans, en disant avec de beaux discours « oui, il faut faire plus de sport ; oui, il faut bien manger », ce sont des pensifs. Des pensifs ! Tout le monde le dit, partout dans le monde, et pourtant l’obésité ne cesse de grimper, de grimper… C’est pour dire que si nous voulons au sein de ce gouvernement, de notre gouvernement Tavini huiraatira, innover un petit peu et creuser un petit peu la question, puisque nous sommes un pays avec un énorme taux d’obésité, il nous faudrait peut-être également peut-être aussi explorer des voies qui sont relatives plutôt aux sciences humaines en complément de l’aspect sanitaire.

Merci bien. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe Tavini huiraatira.)

Le président : Voilà. Merci bien. C’est bon, il n’y a plus d’interventions ?... On peut poursuivre.

Ah, Monsieur Temaru… (À l’adresse de M. Mike Cowan.) Oui.

M. Mike Cowan : Merci, président. Non, j’ai juste un petit mot à rajouter par rapport à l’intervention de Steve. C’est vrai que depuis tout à l’heure, on entend le sucre, le sucre, le sucre et que l’ennemi numéro 1 est le sucre. Mais je pense qu’on se trompe en partie de cible. Le gras, c’est quoi le gras ? L’obésité, c’est quoi ? C’est du gras. Donc le sucre, oui, il produit du gras ; mais en mangeant du gras, eh bien on stocke directement du gras. Donc, il ne faut surtout pas oublier le gras.

Donc voilà. C’est ce que je voulais rappeler, c’est de ne pas oublier les produits gras. Et quand on parle de petit-déjeuner, qu’est-ce qu’on dit ? « Café, pain, beurre, poisson frit, porc rôti », voilà. Donc le gras, souvent passe à côté de nos radars et on ne prend pas conscience que c’est cela. Souvent dans notre alimentation, on retrouve le gras et c’est cela qu’il faut arriver à faire évoluer. Au lieu de prendre du porc rôti le matin… Par exemple, le dimanche matin, il y a la queue pour prendre du porc rôti (Rire.) Voilà. Donc, n’oublions pas le gras. Il faut essayer de faire évoluer notre mentalité par rapport au gras et à la consommation du gras.

Voilà. Merci.

Le président : Monsieur Temaru.

M. Oscar, Manutahi Temaru : Merci bien.

J’ai écouté les interventions des uns et des autres, c’est plein de bonne volonté ! Au niveau des différentes communes, nous avons tout fait pour que l’alimentation de nos enfants soit le meilleur possible. Mais, on oublie une chose : après l’école, ce gosse rentre à la maison. Et à la maison, il consomme quoi ?... Si nous voulons être efficaces, il faut aller jusque-là, d’où l’idée de former des éducateurs de santé, des éducateurs de prévention, health coach, éducateurs de santé. Rentrer dans les maisons et discuter avec les familles. Aujourd’hui, dans toutes les maisons, il y a le Coca-Cola, qui n’existait pas il y a à peine quelques temps de cela. On buvait de l’eau. Et tout le reste, allez voir dans le frigidaire qu’est-ce qu’il y a : le sel, le sucre, conserves viande en conserve

On peut utiliser tous les moyens thérapeutiques que nous voulons, mais si sur le plan de l’alimentation, on mange de la viande en conserve, bouteille de bière et Coca-Cola, toutes ces pathologies, on n’arrivera pas à soigner, ce n’est pas possible. Et c’est une urgence !... Il y a plus de 1 000 morts par an, disons un millier, et ce sont des maladies cardiovasculaires. Combien de papas à 59 ans prêts à partir à la retraite — j’en ai vu à la mairie — partent avec les copains et les caisses de bière toum : De quelle maladie s’agit-il ? Eh bien, du cœur. Le cœur n’est pas malade. C’est la boisson et les aliments qu’on sert au cœur. Il faut aller dans les foyers pour échanger avec les parents. Je vous ai exposé mon point de vue ces derniers jours, un malade dyalisé nous coûte 10 à 11 millions, 11 ou 12 millions par an. Combien nous coûterait de former, faire vraiment de la formation pour travailler surtout sur le mental ? C’est aussi le mindset l’état d’esprit qu’il faut changer en profondeur. C’est un travail de longue haleine.

Je prends un exemple : quelqu’un qui fume va voir le médecin. Qu’est-ce que le médecin va lui dire ? « Arrête de fumer », c’est tout. Et vous croyez qu’il va s’arrêter de fumer comme ça ? Il faudra du temps… Et le médecin n’a pas de temps. Il est payé à la quantité, pas à la qualité. Il faut du temps : discuter avec les familles, rentrer dans les maisons. Doctor to the house, si on veut faire du travail en profondeur. Et tous ensemble, nous tous les maires, les confessions religieuses, les associations, la santé, ensemble, aller jusqu’au bout de nos recherches ! Il ne faut pas se contenter du moment où l’enfant vient à l’école, consomme un plat sain, etc., il fait du sport, et le tour est joué. Résultat : au lieu de diminuer le nombre de personnes obèses, les chiffres sont là. Il faut aller jusqu’au bout, c’est comme ça !

Et il faut du courage politique parce que ce n’est pas évident ! Il ne faut pas oublier, nous avons en face la Brasserie de Tahiti. Si on va s’attaquer à ça, ils vont dire : « Hé, on va faire la grève, hein ! »

(Posant sa bouteille de jus local sur son bureau.) Voici le « Coca-Cola » : y a un citron, y a du calcium, y a du magnésium, y a du glucose, quelques gouttes de miel, et de l’eau du robinet de Faa’a ! (Réactions dans la salle.) Faisons cela d’abord, nous tous !... Il n’y a pas besoin d’argent, mais seulement d’un citron. Dans tous les foyers aujourd’hui, il y a une bouteille de Coca-Cola. Sans parler de la bière, c’est la caisse ! Vendredi bien évidemment. Mais notre Président disait « si tu vas faire ça, eh bien la Brasserie va fermer, ils vont faire la grève » ! Ah, il y a un choix à faire. Peut-être dire à la brasserie de fabriquer autre chose que le Coca-Cola. Sinon, ce ne sont que des broutilles, et cela ne fonctionnera pas… Cela ne fonctionnera pas.

Merci d’avoir essayé de m’écouter.

Le président : Pascale.

Mme Pascale Haiti : Merci, Monsieur le président.

Je voulais rebondir sur les propos du ministre des finances concernant la taxation de 5 % à 16 %. Je voulais savoir : avez-vous déjà estimé le montant de cette recette et allez-vous vraiment flécher directement au niveau du fonds de prévention ? C’est intéressant d’avoir une idée, pour qu’on puisse nous aussi pourquoi pas faire des propositions. De toute manière, dans le rapport, il est clair qu’il y a des recommandations, il y a des solutions qui ont été proposées, et pourquoi pas s’appuyer de quelques recommandations. Toujours est-il, c’était intéressant de savoir quelles sont vraiment les recettes de cette augmentation.

Le président : Madame Tetuanui.

Mme Lana Tetuanui : Oui. Merci, Monsieur le président.

Je dirai que, vu ce qui est écrit dans le rapport et conformément à tout ce que je viens d’entendre — je souscris entièrement à toutes les interventions qui viennent d’être faites —, je me pose quand même une question, surtout quand on parle d’argent et toutes les bonnes volontés qu’on peut y mettre ne serait-ce pour combattre ce phénomène quand même qui coûte cher à la Polynésie française, il faut le dire. Il y a quand même les libertés individuelles parce qu’on va commencer par éduquer à l’école et puis à travers peut-être des coachs, comme notre maire de Faa’a vient de dire. Mais, les libertés individuelles, là, il n’y a aucun moyen, même avec tout l’or du monde, où l’on pourra intervenir. Je m’explique. Ce qui vient d’être dit par Steve, c’est vrai, il y a l’évolution de notre société polynésienne, on va dire cela comme ça. Parce que, quand on retourne un peu 70 ans en arrière, nos parents, nos arrière-grands-parents étaient des grands mangeurs, mais c’était des bosseurs aussi : Ils se levaient à cinq heures du matin, allaient dans les champs — c’était le sport du Polynésien —, creusaient les trous pour le manioc, le taro (NDT, tubercule), le caladium. Et lorsqu’ils rentraient, c’étaient aussi de grands buveurs. Et il n’y avait pas toutes les pathologies que l’on rencontre aujourd’hui. Ils mangeaient quand même les produits du pays. Et de ce que j’ai vu à Rapanui les deux fois où j’ai été, j’ai été subjuguée de retrouver la consommation alimentaire de nos grands-parents ici sur le fenua. En fin de compte, ils sont à ce système-là : des patates douces sur des pierres avec des protéines mais sans sauce ! Lana et les autres sont allés chercher du Ketchup par là-bas et on leur a répondu qu’il n’y avait pas de Ketchup ici (NDT, à Rapanui). Dès que c’est cuit, et sans le mélange à base de pulpe de coco fermentée, c’est tout ce que mangent ceux de Rapanui. Je n’ai vu aucune personne dont le corps n’était ne serait-ce qu’un peu enrobée lorsque j’y étais

Pour rebondir un peu sur ce que le ministre vient de dire, si c’est pour taxer pour faire baisser l’achat de tous ces produits sucrés, oui peut-être, Monsieur le ministre, passer de 5 % à 16 % le prix des bonbons, tout ce que nos enfants boudent à chaque fois qu’on rentre dans les magasins. Mais avant de parler des enfants, on va parler aussi des adultes, hein ! Les pauvres enfants ! On va parler peut-être des adultes ! Il faudrait peut-être aussi taxer comme l’a dit Monsieur le maire de Faa’a ! L’on ne doit pas avoir peur de la Brasserie ! Attaquons-nous au Coca !... Parce que si l’on se projette loin dans l’avenir, ça va peut-être revenir moins cher à la collectivité que de laisser seulement les choses se faire. Le pire, de plus — et ça, c’est un sujet qui me passe par la tête à chaque fois —, la majorité de la population vit ici, sur Tahiti.

Taxer les bonbons, Monsieur le ministre, oui, mais comment faire baisser le coût des produits du pays (NDT, produits locaux). Je m’explique. C’est moins cher pour une famille modeste d’aller dans un magasin acheter une boîte de cuisses de poulet, une boîte de petits pois et un paquet de riz que d’aller acheter le paquet de taro (NDT, tubercule) qui est déjà… Je crois qu’à Raiatea aujourd’hui, le paquet de taro est presqu’à 1800 francs, la bouteille de mélange à base de pulpe de coco fermentée est à 1200 francs, et la filoche de poissons s’élève pratiquement à 3000 francs aujourd’hui. Faites le calcul, faites le calcul… ! Non, mais c’est la réalité d’aujourd’hui ! Il faut qu’on trouve l’équilibre. Parce que, si on veut inciter ou bien décourager nos enfants ou nous-mêmes les adultes à moins consommer ce qui n’est pas bon pour la santé, il faut aussi qu’on puisse aller abonder ou bien accompagner dans ce qui est meilleur pour la santé. Je viens de vous faire un dessin. Ceci est une suggestion, une suggestion. Parce que, si on veut lutter, on pourra faire écrire tout ce qu’on veut, mettre tout l’argent qu’on veut, mais quelque part, dans 30 ans, on va encore être là, on va encore reparler du même sujet.

Ceci est une proposition, Monsieur le maire de Faa’a. Lorsque vous préparerez votre eau citronnée et si nous avons une séance, faites-en pour les 57 (NDT, élus de l’assemblée) et distribuez-en pour l’ensemble. Il faudra commencer par ici. C’est juste une proposition. Comme ça, on n’aura pas besoin d’apporter nos citrons et nos bouteilles d’eau depuis Tumaraa ! Tumaraa a de l’eau potable aussi. Vous dites que l’eau de Faa’a est potable, préparez-en, Monsieur le maire, et prochaine fois, comme on a chacun nos gourdes, vous nous apporterez et vous distribuerez cela pour chacun, hein ? Pour que l’on soit des exemples, commençons par nous tout d’abord. (M. Oscar, Manutahi Temaru, hors micro : « C’est 1000 francs la bouteille ! ») Ah, c’est bien ça le problème ! Le problème est là. L’on n’est plus solidaire à ce moment-là.  Non, les idées bonnes sont à prendre parce que si on veut lutter contre ça, c’est un vrai mal qui gangrène la Polynésie.

Bon courage, Mesdames et Messieurs les ministres.

Voilà un peu ce que j’avais à dire. Merci.

Le président : Merci bien.

Plus d’intervention ? Steve.

M. Steve Chailloux : Merci bien.

Et pour aller encore plus dans le sens de ce que dit notre sénatrice, encore faut-il aussi avoir le courage politique (Rire.) d’interdire la vente de casse-croûte hachis frites, Coca, Fanta à deux mètres de nos écoles !... À deux mètres de nos écoles ! Je dis cela en — comment dire ?... —, je m’inclus à l’intérieur parce que j’ai été au Collège Pomare IV, au Lycée Samuel Raapoto et nous avons grandi — ma génération, la génération après moi —, nous avons grandi avec notre casse-croûte hachis frites à 10 heures à l’heure de la récréation au snack d’à côté ! Nous avons grandi avec notre casse-croûte chao men mayonnaise le matin, à 7 heures du matin, avant d’aller en cours ! Donc, si effectivement il fallait aller jusqu’au bout de la logique — et pour cela il faut une sacrée dose de courage politique, j’espère que vous l’avez (Rire.) —, c’est aussi d’interdire toutes ces aberrations-là puisque nous vivons finalement dans un pays, concernant cette problématique-là, où nous voyons énormément d’aberrations ! Entre ce que la parole politique, et là, je ne veux pas jeter la pierre sur les anciens gouvernements, etc., parce que c’est un sujet qui est tellement important, qu’on soit indépendantiste ou autonomiste, point, la santé de nos enfants.

Je vais aller encore plus loin. Quand on est indépendantiste — c’est mon avis, quand on est indépendantiste, voulons-nous conduire ce pays vers une indépendance dans laquelle nous aurons un peuple malade ? Je ne pense pas. Je pense que si nous voulons arriver un jour vers notre indépendance, encore faut-il peut-être amener notre pays, notre peuple vers son indépendance, mais dans un état de santé quand même bon.

Et il ne faut pas avoir peur de la Brasserie ou de… C’est facile pour moi de le dire, je suis assis là. Vous, cela, c’est autre chose et ça, ça vous regarde… ça vous regarde. Mais ayons le courage, et c’est le message de notre président, nous qui sommes au Tavini depuis des années où il nous rabâche toujours, toujours le même message, aujourd’hui que nous avons l’honneur d’avoir la majorité qui gouverne ce pays, allons-y !

Merci.

Le président : Voilà, il n’y a plus d’intervention ? On a eu toutes nos réponses sur ce sujet ? Président.

M. Moetai Brotherson : Bien. Bien que n’ayant pas participé aux débats, je vous ai regardé à distance grâce à Internet et j’ai apprécié les interventions des uns et des autres. Donc, je prends acte que lorsque les lois du pays sur les produits sucrés, sur les produits gras seront présentées ici, on aura 57 oui ! On est tous d’accord.

Merci.

Le président : Merci. C’est bon : 57 voix ?... Merci.



Les rapports peuvent être consultés sur le site internet de l'assemblée de la Polynésie française à l'adresse www.assemblee.pf
Les interventions en langues polynésiennes ont fait l'objet d'une traduction surlignée en gris.

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