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Rapport n° 106-2025 relatif à un projet de délibération relatif à la demande de reconnaissance par l'État du titre à finalité professionnelle de « commis de cuisine » préparé en Polynésie française et délivré par la ministre en charge de la formation professionnelle – Rapport n° 145-2025 sur trois projets de délibération relatifs à la demande de reconnaissance par l'État de titres à finalité professionnelle, préparés en Polynésie française et délivrés par la ministre en charge de la formation professionnelle

Paru in extenso au JOPF n° 4 NA du 23/02/2026 à la page 541

Rapport n° 106-2025 relatif à un projet de délibération relatif à la demande de reconnaissance par l’État du titre à finalité professionnelle de « commis de cuisine » préparé en Polynésie française et délivré par la ministre en charge de la formation professionnelle – Rapport n° 145-2025 sur trois projets de délibération relatifs à la demande de reconnaissance par l’État de titres à finalité professionnelle, préparés en Polynésie française et délivrés par la ministre en charge de la formation professionnelle


Présentés par Mmes les représentantes Pauline Niva et Vahinetua Tuahu  

Procédure d’examen simplifiée

Le président : Je vous invite tous à vous rapporter au rapport n° 106-2025, projet de délibération relatif à la demande de reconnaissance par l’État du titre à finalité professionnelle de « commis de cuisine ». En fait, il y a deux rapports qui sont joints et groupés, c’est le rapport n° 106 et le rapport n° 145 qui ont tous vocation à nous permettre de délibérer sur la possibilité de pouvoir faire une reconnaissance des titres qui sont délivrés ici en Polynésie. Et au niveau du rapport n° 145, n’oubliez pas, il y a trois projets de délibération qui sont dans le même rapport. Donc, en fait, il y a quatre textes qui concernent ces deux rapports groupés.

Donc, j’invite Pauline Niva à intervenir sur le rapport de présentation.

Mme Pauline Niva : Merci bien, Monsieur le président.

Je vous salue toutes et tous en cet après-midi. J’espère que vous avez bien mangé. Je salue aussi au passage notre gouvernement ainsi que les collaborateurs. Et un petit bonjour et de bienvenue à Monsieur Blanchemanche, directeur du CFPA.

Les présents projets de délibération s’inscrivent dans le cadre de l’exercice par la Polynésie française de sa compétence en matière de formation professionnelle, et visent à faire reconnaître formellement la valeur des certifications professionnelles délivrées localement, à l’échelle nationale.

La procédure de reconnaissance par l’État des titres professionnels créés par la Polynésie française est prévue et encadrée par le code national de l’éducation. Ainsi, les diplômes ou titres à finalité professionnelle préparés et délivrés en Polynésie française peuvent être reconnus par l’État, par arrêté ministériel, sur proposition des autorités compétentes polynésiennes et sous le respect de conditions fixées par décret.

Cette procédure de reconnaissance offre un avantage considérable aux bénéficiaires. Elle garantit la validité de leur qualification sur l’ensemble du territoire de la République française et au sein de l’Union européenne, favorisant ainsi leur mobilité géographique et professionnelle.

Depuis 2007, l’assemblée a déjà examiné 56 demandes de reconnaissances de diplômes ou titres à finalité professionnelle par l’État et 54 de ces diplômes ou titres ont été reconnus par arrêtés ministériels.

Elle est appelée aujourd’hui à se prononcer sur la demande de reconnaissance de quatre titres à finalité professionnelle :

  • le titre de « Plaquiste (qui est d’un niveau 3) », ayant déjà fait l’objet d’une reconnaissance par l’État mais doit être mis à jour suite à sa révision nationale ; ce titre permet aux personnes titulaires de devenir un professionnel dans l’aménagement et le cloisonnement des espaces intérieurs de bâtiments neufs ou en rénovation ;
  • le titre d’« Assistant manager d’unité marchande (qui est un niveau 4) » permettant à ses titulaires de participer à la gestion des approvisionnements et à l’attractivité de l’unité marchande et au développement des ventes, tout en animant une équipe quotidiennement ;
  • le titre de « Responsable coordonnateur services au domicile (qui, lui, est un niveau 5) » dont le rôle consiste à assurer l’interface entre les clients, les intervenants et la structure de services au domicile, en proposant des prestations de services à des clients diversifiés, allant du particulier cherchant des services d’entretien domestiques, aux personnes en perte d’autonomie ou en situation d’handicap ;
  • et enfin le titre de « Commis de cuisine (qui, lui, est un niveau 3) » permettant à son titulaire de réaliser des productions culinaires simples, les dresser avec goût et saveur et les envoyer conformément aux consignes de son supérieur hiérarchique. Il participe également aux phases d’approvisionnement des marchandises en contribuant au suivi régulier de l’état des stocks et en informant sa hiérarchie.

La préparation à l’obtention de ces titres est effectuée par le Centre de formation professionnelle des adultes — donc notre CFPA —, étant précisé que tout autre organisme agréé peut également organiser les formations et les sessions d’évaluation en vue de sa délivrance.

Examinés en commission les 18 août et 26 septembre 2025, les présents projets de délibération ont suscité des échanges qui ont permis d’aborder principalement les points suivants :

  • l’importance de ces demandes de reconnaissance pour permettre aux diplômés locaux de passer des concours mais également pour obtenir le soutien de la métropole pour dispenser les examens finaux ;
  • l’utilisation de plateaux techniques aux normes et coûteux et le problème de recrutement de stagiaires dans le secteur du BTP ;
  • la demande importante de formations d’assistant manager d’unité marchande ;
  • la nécessité d’une expérience d’un an dans le domaine pour prétendre au titre de responsable coordonnateur services au domicile et leurs destinataires ;
  • les travaux en cours sur la création de certifications locales adaptées aux besoins de la Polynésie française ;
  • et enfin les travaux du CFPA en vue d’accorder aux personnes des îles (notamment pour l’unité mobile de Rangiroa) un accès facilité à certains éléments de son catalogue de formation.

À l’issue des débats, les présents projets de délibération ont recueilli un vote favorable unanime des membres de la commission. En conséquence, la commission de l'emploi de la fonction publique propose à notre Assemblée de la Polynésie française d’adopter les projets de délibération ci-joints.

Merci bien.

Le président : Merci. Pour la discussion générale, la conférence des présidents a prévu le même temps de parole que les dossiers précédents.

Donc j’invite l’intervenant du groupe Tapura à prendre la parole. Madame le maire de Papara.

Mme Yseult Butcher-Ferry : Merci, Monsieur le président.

Madame la vice-présidente de la Polynésie française, Monsieur le président de l’Assemblée de la Polynésie française, Madame et Monsieur les ministres, chers collègues, je vous salue toutes et tous en cet après-midi.

Depuis plusieurs années maintenant, les élus de l’Assemblée de la Polynésie française sont parfaitement rôdés à cette procédure incontournable de demande de reconnaissance par l’État de titres à finalité professionnelle préparée et délivrée au pays.

Pour ma part, j’y vois un nouvel exemple de partenariat gagnant-gagnant !

Car si certains peuvent encore éprouver une certaine répulsion à l’idée de devoir passer par cette étape, aussi contraignante soit-elle sur le plan administratif comme législatif, elle n’en apporte pas moins la preuve que nos formations sont de qualité et que les compétences acquises auront une valeur reconnue à l’échelle hexagonale comme européenne. Ce qui n’est pas négligeable dans la perspective où de plus en plus de nos concitoyens sont tentés d’explorer de nouveaux horizons professionnels.

La création d’une cellule locale de certification serait à l’étude, a-t-on appris en commission. Gageons qu’elle nous apporte les mêmes satisfactions.

Sur les quatre projets de délibération qui nous ont été présentés en commission, les 18 août et 7 octobre dernier, pour des métiers divers tels que de commis de cuisine, plaquiste, assistant manager d’unité marchande, ou encore responsable coordonnateur services au domicile, que peut-on ajouter de plus que ce qui figure dans le rapport de présentation ?... Sinon que l’organisme de référence que nous connaissons bien, à savoir le CFPA, continue de produire un excellent travail à Tahiti mais également dans les archipels éloignés grâce à l’envoi d’unités mobiles à Rangiroa ainsi qu’aux Marquises.

Sur les métiers en eux-mêmes, saluons tout d’abord le premier partenariat du genre noué entre le CFPA et le centre Te Vai-ete pour former un certain nombre de sans domiciles fixes au métier de commis. Ce premier pas vers une insertion durable s’est accompagné de versement d’une indemnité allant de 80 à 100 000 F CFP par stagiaire. En revanche, signalons que le CFPA rencontre de plus en plus de difficultés pour trouver des candidats dans le domaine du bâtiment et travaux publics. Nos jeunes n’y voient que pénibilité, saleté et salaire minable, ce qui est dommage lorsqu’on connaît les besoins du pays dans la construction en général.

Autre enseignement à retenir, celui d’encourager les métiers de services à domicile. Et pour cause, notre population vieillit et à défaut de construire des Éhpad, il nous faut accompagner du mieux possible nos aînés dans leur fin de vie. Qu’il s’agisse de nos auxiliaires comme des gérants d’entreprises, il y a un réel besoin de formation, raison pour laquelle une session de huit mois est d’ores et déjà programmée pour 2026.

Voilà donc, en quelques mots, les grandes lignes de ce dossier que nous soutenons naturellement.

Merci de votre attention. Et Madame la ministre, mes encouragements.

Le président : Merci. Je m’excuse de l’erreur, Monsieur le maire de Hao, pas le maire de Papara.

J’invite maintenant l’intervenant des non-inscrits à prendre la parole.

Teave Chaumette.

Mme Teave Boudouani-Chaumette : Monsieur le président, Mesdames et Messieurs les membres du gouvernement, Mesdames et Messieurs les représentants, Mesdames et Messieurs les représentants de la presse, chers collègues,

Les quatre projets de délibération soumis aujourd’hui à l’examen de notre assemblée, relatifs à la demande de reconnaissance par l’État de titres à finalité professionnelle, traduisent une même ambition : celle de faire reconnaître la valeur de nos formations, de nos compétences et de nos métiers à l’échelle nationale.

Avant d’aborder le fond de ces quatre projets de délibération, il est utile de rappeler leur contexte. La Polynésie française, depuis 2007, dispose de la compétence pour créer ses propres titres à finalité professionnelle. Ces titres sont conçus localement à partir des besoins du marché de l’emploi, puis validés par le ministère en charge de la formation professionnelle. La reconnaissance par l’État intervient ensuite et confère à ces titres une valeur nationale, ouvrant à leurs titulaires la possibilité de postuler à des concours, de poursuivre des études ou de travailler en métropole et dans toute l’Union européenne.

En 2024, le CFPA a enregistré plus de 2 600 demandes de formation, pour environ 1 100 stagiaires accueillis dans 120 sessions. Ces chiffres traduisent une forte attente de la population pour des formations qualifiantes, ancrées dans les besoins réels du territoire. Mais ils soulignent aussi l’importance d’investir dans nos plateaux techniques et de renforcer notre capacité d’ingénierie locale. C’est dans ce cadre que s’inscrivent les quatre titres soumis aujourd’hui à notre approbation : le titre de plaquiste, celui d’assistant manager d’unité marchande, celui de responsable coordonnateur services au domicile, et celui de commis de cuisine. Autant de métiers essentiels à notre économie et à notre société. À travers eux, le groupe A here ia Porinetia réaffirme que la Polynésie française doit non seulement former ses propres compétences, mais aussi les faire reconnaître au plus haut niveau, car c’est là une expression concrète de notre autonomie.

Derrière ces textes, il ne s’agit pas simplement de technique administrative : il s’agit d’affirmer que la Polynésie française forme des femmes et des hommes capables, qualifiés, et dignes d’une reconnaissance égale à celle de tout autre citoyen du territoire de la République.

Les métiers concernés par ces projets touchent des secteurs essentiels de notre tissu économique et social :

  • le bâtiment, avec le titre de plaquiste : un métier de précision, très recherché, qui souffre d’un manque de main-d’œuvre locale ;
  • le commerce et la gestion, avec le titre d’assistant manager d’unité marchande : une formation tournée vers les métiers de la distribution et de la responsabilité intermédiaire ;
  • les services à la personne, avec le titre de responsable coordonnateur services au domicile : une réponse à la transition démographique du pays ;
  • enfin, la restauration, avec le titre de commis de cuisine : un métier cœur de notre culture de l’accueil et du tourisme.

Ces titres, reconnus par l’État, renforcent l’employabilité locale et la fierté professionnelle de ceux qui les obtiennent. Ils traduisent une politique publique de formation ancrée dans la réalité économique du pays.

Mais cette reconnaissance ne doit pas devenir une dépendance. Comme les débats en commission l’ont souligné, nous nous appuyons encore largement sur l’AFPA et sur l’ingénierie métropolitaine.

Or, l’objectif à terme doit également permettre de bâtir une cellule polynésienne de certification, pleinement autonome, capable d’élaborer nos propres référentiels et de garantir la qualité de nos formations afin que des métiers spécifiques à notre territoire puissent être reconnus et certifiés. Et sur ce point, le groupe A here ia Porinetia soutient le gouvernement dans cette démarche afin que la procédure de reconnaissance par l’État s’inscrive comme un véritable outil qui doit aller de pair avec la montée en puissance de notre ingénierie locale, garante d’une meilleure employabilité et de qualité professionnelle.

Ces délibérations traduisent une volonté politique cohérente : former mieux, reconnaître plus largement, et garantir la qualité de nos titres professionnels. Elles traduisent aussi une ambition collective : celle d’une Polynésie qui répond à ses besoins économiques.

Pour toutes ces raisons, le groupe A here ia Porinetia votera favorablement ces projets de délibération, tout en appelant à renforcer l’ingénierie locale pour que demain nos titres soient non seulement reconnus par l’État, mais pleinement pensés, portés et validés par la Polynésie française elle-même.

Je vous remercie.

Le président : Merci.

Je cède la parole maintenant à l’intervenant du groupe Tavini huiraatira.

Odette.

Mme Odette Homai : Merci bien, Monsieur le président.

Mesdames et Messieurs les ministres, chers collègues, Monsieur le directeur du CFPA, cher Jean-Michel, à nous tous et à nous toutes réunis ici aujourd’hui, à ceux et celles qui nous suivez à travers les moyens de télécommunications, bonjour à toutes et à tous en ce jour.

La question que nous examinons aujourd’hui paraît simple. Il s’agit de faire reconnaître par l’État trois titres professionnels préparés au pays, celui de plaquiste, celui d’assistant manager d’unité marchande et celui de responsable coordinateur services à domicile.

Ces titres, mais derrière cette apparente simplicité, il y a une question plus profonde. Pourquoi devons-nous encore faire reconnaître ailleurs ce que nous formons ici ? Chaque fois que la Polynésie crée un diplôme, il faut encore le soumettre à l’État pour validation. J’entends mes chers collègues lorsqu’ils disent dans leur intervention que c’est pour avoir beaucoup plus de pertinence quand on ira en Europe ou dans l’Hexagone elle-même.

Chaque fois que nous construisons une compétence adaptée à notre réalité, nous devons attendre qu’une autorité extérieure confirme sa valeur. Cette dépendance, aussi courtoise soit-elle, interroge notre autonomie réelle.

Est-ce là que certains parlent de décolonisation ? Pas celle qu’on brandit comme un drapeau, ni celle qu’on enferme dans un discours théorique sur l’indépendance, mais celle bien réelle qui commence dans nos institutions, dans nos écoles, dans nos centres de formation.

Parce qu’une colonisation, ce n’est pas seulement une domination politique, c’est aussi une dépendance intellectuelle. Tant que nous devons faire valider nos titres ailleurs, tant que nous attendons qu’un autre dise ce que valent nos savoirs, nous restons sous tutelle dans nos propres murs.

La vraie décolonisation, celle que nous pouvons construire ensemble, ce n’est pas un slogan. C’est un travail patient, rigoureux, déterminé. C’est le moment où nous décidons nous-mêmes de la valeur de nos métiers, nos compétences, de nos formations. Et c’est exactement ce que fait ce texte aujourd’hui : un pas concret vers l’autonomie du savoir et du travail ; et c’est sur ce terrain-là, celui du concret, du quotidien, du réel, que notre pays se libère vraiment.

Et puisque nous parlons de décolonisation, permettez-moi d’ouvrir une petite parenthèse. Je veux saluer le courage de deux jeunes originaires de Takaroa qui se sont rendus à New York, à l’ONU. À leurs frais, de Takaroa, ils ont été jusqu’à New York pour participer à la quatrième commission des Nations unies sur la décolonisation.

Oui. Ont-ils prononcé un grand discours politique ? Non. Mais ils ont eu l’intelligence et la dignité de comprendre pourquoi il est important de parler de notre pays, de vivre là où le placenta a été planté. Leur démarche n’est pas un affront à qui que ce soit, c’est un acte de foi, de respect et d’amour pour le pays.

Un rappel que notre avenir doit toujours pouvoir être discuté, expliqué, défendu, même loin de nos îles. Ces jeunes n’ont pas crié la colère, ils ont porté la parole. Et cela mérite, je crois, non pas de la suspicion, mais le respect. Parce que la décolonisation, la vraie, ne se joue pas seulement dans nos institutions. Elle se vit dans le cœur de ceux qui, sans moyens, sans appui, trouvent la force de dire au monde : nous existons, nous pensons et nous voulons participer à notre propre destin.

La reconnaissance de nos diplômes ne devrait pas être un rituel administratif, mais une étape transitoire sur le chemin de notre souveraineté éducative et professionnelle. Nous devons être capables de dire, nous savons ce que valent nos enfants et nous savons le certifier nous-mêmes. Cela ne veut pas dire refuser la coopération. Au contraire, cette coopération avec la France nous permet d’élever nos standards, d’assurer des équivalences, de renforcer la qualité de nos formations. Mais elle ne doit pas effacer notre ambition d’indépendance intellectuelle et professionnelle. Elle doit, au contraire, nous préparer à tenir debout, compétents et confiants sur notre propre base. Et nous en avons déjà la preuve, regardons ce que le CFPA avec le ministère ont réalisé aujourd’hui avec la formation des chauffeurs de bus, une formation pensée, organisée et pilotée ici au pays pour répondre à un besoin concret : la pénurie de conducteurs dans nos transports scolaires et collectifs. Ce programme, entièrement conçu localement, démontre que nous savons identifier nos besoins, former nos professionnels et offrir des débouchés réels sans dépendre d’un modèle extérieur. C’est exactement cela l’esprit que nous devons encourager : former ici pour travailler ici et construire ici les compétences dont notre pays a besoin.

Le CFPA, par ce type de formation, ne fait pas qu’enseigner un métier. Il incarne une vision, une vision d’autonomie, de dignité et de responsabilité. Notre mission n’est pas d’ouvrir les portes du départ, mais de créer les conditions du plein emploi qualifiées au pays. Et pour cela, il nous faut des formations pensées pour notre économie, pour nos archipels, pour nos besoins. Former, certifier, reconnaître, trois mots qui doivent désormais rimer avec autonomie.

Je veux saluer le travail du ministère, du CFPA et toute l’équipe mobilisée. Grâce à eux, nous avançons pas à pas vers la création d’une cellule polynésienne de certification, premier jalon vers des diplômes 100 % polynésiens, enseignés, certifiés et reconnus au pays.

En votant ce texte aujourd’hui, nous posons une pierre supplémentaire à cet édifice, celui d’un Māʹohi nui (NDT, d’une Polynésie française) fort de ses compétences, ouverte sur le monde, mais maîtresse de son destin.

Merci. (Applaudissements sur certains bancs du groupe Tavini huiraatira.)

Le président : Merci bien.

La discussion générale étant maintenant close, j’invite le gouvernement à répondre aux interventions.

Madame la ministre.

Mme Vannina Crolas : Monsieur le président, Madame la secrétaire générale, Madame la sénatrice, Madame la députée, chers élus, mes chaleureuses salutations à l’occasion de notre rencontre en cet après-midi.

Alors, effectivement c’est une démarche habituelle depuis plusieurs années que celle de la reconnaissance des titres par l’État des titres que nous émettons chez nous, que nous créons et que nous émettons chez nous. Et une démarche fastidieuse parce que ça passe par un circuit lent, il faut des fois dix-huit mois à deux ans pour arriver à la reconnaissance réelle de l’État.

Mais nous sommes obligés de passer par là pour l’instant. Mais avec effectivement la création prévue l’année prochaine d’un centre de certification local, on devrait être épargné d’une partie au moins du process.

Mais néanmoins, on tient absolument à ce que nos titres soient validés, donc à ce qu’il y ait des équivalences, pas seulement en France, mais également ailleurs. Donc, comme l’a dit notre maire de Hao — non, c’est Pauline —, il y a 56 titres qui ont fait l’objet d’une demande de reconnaissance par l’État français ; mais on a quand même des titres locaux, propres à chez nous, comme le conducteur de transport en commun, comme les ouvriers maraîchers, qui n’existent pas ailleurs, ça n’existe que chez nous, comme les couturiers de prêt-à-porter. Donc c’est bien des titres de chez nous.

Et on va bientôt créer deux titres spécifiques — c’est en cours de rédaction, d’élaboration —, des titres de restauration et de régénération d’écosystèmes, avec notamment deux spécialités : le jardinier du corail, un travail qu’on fait avec Coral Gardeners. Ça n’existe nulle part ailleurs dans le monde, c’est que chez nous, et on va donc créer ce titre chez nous. Et le titre également d’agent de restauration forestière, avec AOA Polynesian Forests, pour vraiment introduire notre pays dans la régénération, dans une économie régénérative.

Donc voilà. Aujourd’hui, on veut que les titres qui sont émis et créés chez nous soient reconnus par l’État, et plus tard par le monde, par les organisations de formation du Pacifique et du monde également. Mais pour l’instant, nous avons besoin de l’accompagnement de l’État. Là, on n’a aucune honte à le dire, on a besoin de l’ingénierie de certification de l’Agence de la formation pour adultes en métropole qui existe depuis 1949. Notre CFPA n’existe que depuis 1997, donc il y a une expérience qu’on doit partager. Notre chef du SEFI et une de mes collaboratrices sont actuellement en métropole dans ce cadre-là pour la mise en œuvre de notre stratégie emploi-formation-compétences. Et donc on est vraiment dans le cadre d’un partenariat pour nous aider à structurer notre marché du travail et à structurer notre économie, pour faire une économie plus endogène, plus solidaire et plus écologique, plus régénérative même.

Merci bien.

Le président : Merci.

Donc, ayant conclu à ce que les quatre textes soient examinés selon la procédure simplifiée, je vous informe donc que le débat est toujours ouvert.

Tu veux intervenir, Lana ?

Oui.

Mme Lana Tetuanui : Oui. Merci, Monsieur le président.

Je lisais aussi le texte d’après Convention AFD avec la Polynésie française, encore pour la formation, je pense qu’il y a une continuité sur le texte d’après.

Pour revenir un peu sur le sujet du CFPA, j’ai envie de rappeler à ma collègue Odette Homai, le CFPA — là, je me permets de parler avec le rétroviseur aussi — a été créé en 1997. Parce que j’ai l’impression, quand je vous écoute cet après-midi, que vous venez de faire une trouvaille alors que le CFPA a été mis en place en 1997 et le diplôme que nous demandons à faire valider est dans la continuité de plusieurs autres formations diplômantes déjà entamées depuis plusieurs années. C’est l’ancienne ministre qui avait la tutelle du CFPA qui vous parle, là, et je sais de quoi je parle.

La question que je voulais poser, outre la petite parenthèse, il faut arrêter aussi de faire miroiter et de dire cet après-midi : voilà, il y a une découverte de la nouvelle majorité qui dirige ce pays... Non, non. À d’autres, mais pas à Lana Tetuanui. C’est bon, là. Peut-être à Takaroa, mais pas ici, à Papeete. Excusez-moi du peu. Parenthèse fermée.

Question, Madame la ministre : Est-ce qu’on pourrait avoir un taux, un taux d’insertion par rapport, justement à toutes ces formations ? Ce serait intéressant d’avoir un peu, peut-être pas commis de cuisine, puisque le sujet, c’est la formation qualifiante pour commis de cuisine. Et à ce titre-là, moi, je remercie le CFPA de Faaroa. Faaroa-Raiatea qui a formé beaucoup, beaucoup de jeunes et en particulier aussi le personnel de la cuisine centrale de la commune de Tumaraa, la seule commune qui a signé une convention avec le CFPA de l’époque pour pouvoir former tout son personnel de la cuisine centrale. Aujourd’hui, est-ce qu’on pourrait avoir des chiffres en taux d’insertion ?

Et au passage, en parlant de commune de cuisine, je veux aussi rendre hommage à tous ces jeunes qui sont sur ces formations. Je vois beaucoup débarquer à Paris dans les grands restaurants étoilés pour pouvoir faire des formations continues pour un peu mettre en valeur non seulement leur savoir en tant que Polynésien, et ça il faut encourager, Madame la ministre, dans cette voie-là. Mais le plus important, quand les gens vont faire des formations, c’est la réinsertion, c’est de trouver du travail après, mais du travail valorisant le diplôme aussi ! Pas commis de cuisine qui est sur le papier et puis plongeur en réalité, parce qu’il faut dire aussi les choses telles qu’elles sont.

Alors, Madame la ministre, si vous n’avez pas les chiffres à me communiquer, il n’y a pas de souci, mais je suis preneuse d’un document pour savoir à peu près... C’est pour voir l’évolution depuis la création du CFPA jusqu’à aujourd’hui, surtout en taux d’insertion. Voilà ma question, Monsieur le président. Merci.

Le président : Merci. Y a-t-il d’autres interventions ? Une fois que le gouvernement aura répondu, on va commencer à adopter, procédure simplifiée. Plus d’intervention sur ce texte ? Très bien. Madame la ministre.

Mme Vannina Crolas : Alors, effectivement, le CFPA existe depuis 1997. Ce n’est pas une création de ce gouvernement. On vient juste orienter les formations vers les besoins de nos entreprises.

Alors, en ce qui concerne le taux d’insertion, en moyenne, on a 86 % d’insertion, dont 70 % d’emplois. Le reste, ils poursuivent la formation, mais sinon, on a 70 % d’emplois. Rien que pour le titre de commis de cuisine qui a été créé, juste là, en juillet, neuf de nos SDF ont pu bénéficier de cette formation en juillet même et sur les neuf, six ont réussi et six ont été intégrés professionnellement, ont trouvé un emploi. Donc ça fait 70 % de taux de réussite sur ce titre de commis de cuisine. Et on a eu affaire à un public particulier, particulièrement vulnérable. Ça a demandé un an de formation, donc six mois de remobilisation des compétences de base avant six mois de pratique, mais à la fin, ils ont été embauchés. Ce sont des sans domicile fixe et puis d’ailleurs, à ce moment-là, on n’avait pas réglé le problème du logement, donc ils allaient en formation, ils retournaient à la rue le soir et ils ont pu tenir pendant un an. Et au bout d’un an, six ont pu trouver un emploi.

Donc, je veux vraiment remercier le travail du CFPA, qui est toujours actif et toujours engagé dans cette insertion, notamment des publics vulnérables et demandeurs d’emploi, très éloignés même de l’emploi. Et effectivement, également, l’action de nos associations qui s’occupent de nos SDF, notamment l’association Te Vai-ete de Père Christophe, qui, jour après jour, accompagnent ces demandeurs d’emploi et ces publics vulnérables. Voilà.

Merci bien.

Le président : Merci.

Donc, en l’absence d’amendement, je mets aux voix le premier dossier relatif à un projet de délibération relatif à la demande de reconnaissance par l’État du titre à finalité professionnelle de « Commis de cuisine » préparé en Polynésie.

Je mets aux voix. Qui est pour ?... À l’unanimité.

Merci.

On poursuit. En l’absence d’amendement, je mets aux voix le deuxième dossier sur les trois projets de délibération relatifs à la demande de reconnaissance par l’État de titres à finalité professionnelle, préparés en Polynésie.

Donc la première délibération relative à la demande de reconnaissance par l’État du titre à finalité professionnelle de « plaquiste » préparé en Polynésie.

Je mets aux voix ?... À l’unanimité ?... Même vote.

Très bien, merci.

On poursuit : la deuxième délibération relative à la demande de reconnaissance par l’État du titre à finalité professionnelle d’« assistant, manager d’unité marchande », toujours préparé chez nous.

Même vote ?... Même vote, adoptée.

On termine par la troisième délibération relative à la demande de reconnaissance par l’État du titre à finalité professionnelle de « responsable, coordonnateur, service au domicile ».

Même vote ?... Même vote, adoptée.

Merci.

On poursuit avec le rapport n° 135-2025, un rapport relatif à un projet de délibération portant approbation du projet de convention de financement entre la Polynésie et l’Agence française de développement relatif au plan emploi, formation et compétences de Polynésie. 



Les rapports peuvent être consultés sur le site internet de l'assemblée de la Polynésie française à l'adresse www.assemblee.pf
Les interventions en langues polynésiennes ont fait l'objet d'une traduction surlignée en gris.

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