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Rapport n° 151-2025 relatif à un projet de délibération portant approbation du compte financier et affectation du résultat de l'exercice 2024 du Port autonome de Papeete

Paru in extenso au JOPF n° 9 NA du 01/06/2026 à la page 972

Rapport n° 151-2025 relatif à un projet de délibération portant approbation du compte financier et affectation du résultat de l’exercice 2024 du Port autonome de Papeete


Présenté par Mmes et M. les représentants Marielle Kohumoetini, Frangélica Bourgeois-Tarahu et Tematai Le Gayic

Le président : On passe au dossier n° 4 : rapport n° 151-2025 relatif à un projet de délibération portant approbation du compte financier et affectation du résultat de l’exercice 2024 du Port autonome de Papeete.

Je demande au gouvernement d’exposer l’économie générale du projet.

Mme Minarii Galenon Taupua : Bonjour à toutes et à tous. Bonne année ! Que vos vœux les plus sincères et précieux se réalisent pour cette année 2026 !

Alors, je vous propose, Monsieur le président, de passer la parole au rapporteur du dossier. Monsieur le président ! Il n’écoute pas. Monsieur le président ! Ah bon, ça y est, il est là. Il va faire l’introduction.

Merci.

M. Jordy Chan : Bonjour à toutes et à tous. Bonne année à toutes nos représentantes et tous nos représentants, meilleurs vœux de bonheur, de paix et d’amitié, de santé surtout.

Concernant les comptes du Port, les voyants sont au vert globalement. On a un montant définitif des recettes qui est arrêté pour l’exercice 2024 à 5 998 236 498 F CFP pour la section de fonctionnement et à 1 693 458 079 F CFP pour la section d’investissement, soit un montant total de 7 691 694 577 F CFP. Le montant définitif des dépenses, lui, est arrêté pour ce même exercice à 5 298 630 999 F CFP pour la section de fonctionnement et à 1 505 693 162 F CFP pour la section d’investissement, soit un montant total des dépenses de 6 804 324 161 F CFP. Donc ce qu’il est proposé, c’est d’affecter sur l’exercice 2025 le résultat de fonctionnement de 2024 d’un montant de 699 605 499 F CFP en réserve disponible et donc le fonds de roulement du Port est calculé à hauteur de 6,176 milliards F CFP au 31 décembre 2024 après affectation du résultat de 2024 qui sera ainsi couvert intégralement par le montant de réserve disponible.

Voilà donc je n’ai pas d’autres commentaires à faire. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. On a une situation financière de l’établissement qui est au vert. On a d’importants projets d’investissement qui vont également arriver en 2026 avec la construction du quai de cabotage n° 6 qui est prévu de débuter au premier semestre 2026. Un projet de l’ordre de 4 milliards F CFP et qui va permettre à la fois de dépenser une partie de la trésorerie dont dispose le Port aujourd’hui et qui va permettre surtout d’offrir davantage de stationnements à quai pour les caboteurs, les navires qui desservent nos îles et notamment l’Aranoa qui va renforcer la desserte vers l’archipel des Australes à compter de l’année 2027.

Voilà. Merci bien.

Le président : Merci, Monsieur le ministre.

Qui est rapporteur du dossier ?

Monsieur Flores.

M. Bruno Flores : Merci, président.

Madame la vice-présidente, chers ministres, chers membres élus, à toutes et à tous, permettez-moi de vous adresser mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année. Que l’amour règne.

Le Président de la Polynésie française a transmis aux fins d’examen par l’Assemblée de la Polynésie française, un projet de délibération portant approbation du compte financier et affectation du résultat de l’exercice 2024 du Port autonome de Papeete.

Au cours de l’exercice 2024, le Port autonome disposait de 142 personnels, dont 119 relevant du statut du personnel, 6 en contrat spécifique et 17 en personnels navigants.

Le compte de résultat 2024 a été marqué par une stabilité du secteur économique générant un résultat comptable positif de plus de 699,6 millions F CFP.

Sur l’année 2024, on constate que les dépenses d’investissement sont à hauteur de 1,5 milliard F CFP, comprenant les travaux liés au terminal international de croisière, aux bâtiments, aux infrastructures du port de Vaiare, à l’aménagement de la passe et à la reconstruction du quai au long cours.

Sur l’exercice considéré, l’établissement présente une perte de 56,2 millions F CFP liée au paiement des intérêts de l’emprunt contracté auprès du Pool bancaire et de l’Agence française de développement (AFD).

S’agissant de l’exécution budgétaire de l’établissement :

En section de fonctionnement, les recettes atteignent 5,9 milliards F CFP et les dépenses s’établissent à 5,2 milliards F CFP pour un résultat excédentaire de 699 millions F CFP.

En section d’investissement, les recettes s’élèvent à 1,6 milliard F CFP et les dépenses à 1,5 milliard F CFP, pour un résultat excédentaire de 187 millions F CFP.

Compte tenu de ces résultats, le résultat excédentaire de la section de fonctionnement sera affecté en réserves disponibles.

Enfin, le fonds de roulement augmente en 2024, pour atteindre un montant de 6,1 milliards F CFP au 31 décembre.

Examiné en commission le 29 octobre 2025, le présent projet de délibération a suscité des échanges qui ont permis d’aborder principalement les points suivants :

  • le programme d’investissement du Port autonome de Papeete s’élève à 32 milliards F CFP et comporte le creusement de la passe de Papeete et son élargissement, les travaux d’agrandissement du terminal de commerce international, la sécurisation des quais et la création d’un nouveau pôle de réparation navale ;
  • la baisse des investissements du Port autonome pour l’exercice 2024 s’explique notamment par un retard sur les chantiers du quai au long cours et ceux du quai de cabotage numéro 6 ;
  • une réflexion devra être engagée en vue de la régularisation des créances issues de la taxe de péage et qui doivent être recouvrées par l’établissement.

À l’issue des débats, le présent projet de délibération a recueilli un vote favorable unanime des membres de la commission. En conséquence, la commission de l’équipement, de l’aménagement du territoire et des transports propose à l’Assemblée de la Polynésie française d’adopter le projet de délibération ci-joint.

Merci.

Le président : Merci, Monsieur Flores.

D’autres interventions ?...

Maraeura, à toi la parole.

M. Tahuhu Maraeura : Si l’efficacité du Port autonome de Papeete se mesurait à sa seule faculté d’investir le volume des recettes considérables qu’il perçoit chaque année, ça se saurait ! Et au vu des grandes masses du compte financier 2024, ce constat semble malheureusement perdurer…

Alors certes, nous devrions nous réjouir puisque voilà un établissement public à caractère industriel et commercial, un des rares ÉPIC du pays, qui dégage de l’argent, beaucoup trop d’argent… peut-être ?

Au 31 décembre 2024, en effet, le Port autonome de Papeete affiche un excédent budgétaire de 887 370 416 F CFP, dont près de 700 millions rien qu’en section de fonctionnement. Au point de s’interroger sur la justesse des prévisions budgétaires qui sont faites en amont…

Cet excédent est tout naturellement porté au bénéfice du fonds de roulement qui, à la fin de l’exercice observé, culminait alors à plus de 6 176 000 000 de F CFP. Par rapport à 2012, ce matelas n’a quasiment jamais cessé de grossir. Il a même plus que doublé d’épaisseur entre 2012 et 2024.

En y ajoutant le montant de la trésorerie qui s’établissait alors à plus de 3 455 000 000 de F CFP, c’est donc un joli pactole sur lequel est confortablement assis le Port autonome de Papeete. N’en déplaise à l’agent comptable qui, lors de nos échanges en commission le 29 octobre dernier, n’y a vu qu’un « raccourci » de notre part…

Vous soutenez, et cela figure noir sur blanc dans le rapport de présentation, que ce fameux pactole est destiné entre autres « au financement des opérations d’investissement en cours ou à venir ». C’est tout à votre honneur. Mais à l’évidence, le Port autonome a du mal à suivre la cadence. Notre collègue Cliff Loussan l’a d’ailleurs fort justement bien remarqué, pointant du doigt le fléchissement des dépenses d’investissement en 2024.

Aussi, Monsieur le ministre, ma réflexion est simple à comprendre de se résumer en ces termes : soit l’établissement engrange trop de recettes et auquel cas vous pouvez toujours diminuer la taxe de péage qui frappe tous les produits d’importation, ou alors le Port n’est pas suffisamment réactif dans la dépense. À ce propos, je note que le directeur de l’établissement s’est tout simplement défaussé sur les entreprises, invoquant des retards de chantier, que ce soit sur le quai au long cours ou encore s’agissant du quai n° 6 qui est destiné à accueillir d’ici 2028 le nouveau navire de croisière inter-îles Aranoa.

Il n’en reste pas moins que le Port autonome a du pain sur la planche pour les années qui viennent. Pour ne prendre qu’un exemple, le projet d’élargissement et d’approfondissement de la passe de Papeete, afin de permettre aux porte-conteneurs du monde entier d’effectuer leur rotation à pleine charge avant d’accoster à Motu-Uta. Ce qui leur est impossible aujourd’hui ! Comble de malchance, on a appris dernièrement que les appels d’offres ont été déclarés infructueux. Est-ce toujours le cas ?

Considérons en effet qu’un délai d’une année sera nécessaire pour acheminer le matériel sur place combien de temps devrions-nous encore patienter pour que la passe du Port de Papeete figure enfin aux normes internationales ?

Je vous remercie.

Le président : Merci.

D’autres interventions ?

Bruno.

M. Bruno Flores : Merci, président.

À l’examen du compte financier 2024 du Port autonome, une question très simple nous est posée aujourd’hui : que dit la santé financière de notre principal port de la trajectoire économique de Mā'ohi Nui (NDT, la Polynésie française) ?

Dans les faits, ils sont clairs, solides, et difficilement contestables. L’exercice 2024 se clôture par un résultat net global positif de 887 millions F CFP, dont près de 700 millions en fonctionnement. Le fonds de roulement atteint désormais 6,17 milliards F CFP, intégralement couvert par des réserves disponibles. La trésorerie progresse de plus d’un milliard de F CFP en un an. Autrement dit, le Port de Papeete est aujourd’hui un établissement public solide, autonome, capable de faire face à ses engagements présents et futurs.

Dans un monde portuaire marqué par l’instabilité géopolitique, la volatilité des flux maritimes et la hausse des coûts logistiques, ce résultat n’a rien d’anodin. Il traduit une gestion rigoureuse, une activité soutenue et une capacité d’adaptation réelle. À ce titre, il mérite d’être reconnu.

Mais s’arrêter là serait une erreur. Car un bon orateur ne se contente pas de lire le résultat final, il interroge ce qui le rend possible.

Ce résultat repose très largement sur un pilier unique : la taxe de péage sur les marchandises, qui génère à elle seule environ 2,4 milliards de recettes annuelles. C’est la colonne vertébrale financière du Port. Or, près de 800 millions restent à recouvrer au 31 décembre 2024. Plus de 29 % des créances sont qualifiées de douteuses ou litigieuses. Le taux de recouvrement plafonne autour de 70 %.

Cela signifie une chose simple : le Port gagne de l’argent, mais il ne perçoit pas toujours ce qui lui est dû.

Dans un pays insulaire comme le nôtre, éloigné des grands marchés, où chaque conteneur conditionne le prix des denrées, des matériaux, des équipements, cette taxe n’est pas neutre. Elle est intégrée, in fine, dans le coût de la vie. Elle pèse sur les entreprises, puis sur les consommateurs. Dès lors, une question s’impose : peut-on durablement faire reposer l’équilibre financier du Port sur un prélèvement dont une part importante n’est pas effectivement encaissée ?

Ce compte financier met aussi en lumière une baisse des investissements en 2024, passés de 1,71 milliard à 1,50 milliard. Certains y verront un ralentissement. Le texte nous dit autre chose : des retards de chantiers, des projets lourds étalés dans le temps, un programme global de 32 milliards inscrit dans le schéma directeur 2022-2032. Nous ne sommes pas face à un désengagement, mais face à une gestion du temps long, contrainte par la réalité technique, foncière et maritime.

Et c’est ici que l’histoire éclaire le présent. Fernand Braudel écrivait : « Les ports sont les poumons des civilisations maritimes. Quand ils se contractent, tout l’organisme souffre. » En Polynésie, le Port de Papeete n’est pas seulement un équipement : c’est un nœud vital, un point de passage obligé entre le pays, les communes, l’État, et le monde.

Enfin, ce compte financier révèle un effort salutaire de remise à niveau comptable. Des erreurs anciennes sont corrigées, des bases fiscales mises à jour, des régularisations opérées. Plus de 350 millions ont ainsi été recouvrés sur des exercices antérieurs. C’est une bonne nouvelle. Mais elle rappelle aussi la complexité croissante de la gestion publique, à l’interface du Port, de la paierie, des douanes et de l’administration fiscale.

Mes chers collègues, ce texte ne modifie pas le droit. Il ne crée pas de nouvelle politique publique. Mais il confirme une trajectoire : celle d’un Port puissant financièrement, structurant économiquement, et central institutionnellement.

La question que nous devons nous poser n’est donc pas seulement de savoir si les comptes sont bons. Ils le sont. La vraie question est la suivante : comment faire en sorte que cette solidité financière serve pleinement le développement économique, social et territorial de Mā'ohi Nui (NDT, la Polynésie française) ?

Car un Port peut être prospère sans que le pays ne le ressente. Et notre responsabilité politique commence précisément là où s’arrêtent les chiffres.

Je vous remercie de votre attention. Que l’amour règne.

Le président : Merci.

D’autres interventions ? Non.

La discussion générale est maintenant close. J’invite le gouvernement à répondre.

M. Jordy Chan : Merci, Monsieur le président.

Merci à tous nos intervenants pour leurs interventions. C’est vrai qu’il y a eu une augmentation du fonds de roulement du Port aujourd’hui qui s’établit à un peu plus de 6 milliards. Cette augmentation est nécessaire. Pourquoi ? Parce qu’en 2023, nous avons adopté un schéma directeur qui planifie plus de 30 milliards d’investissements sur 10 ans. Au cours des sept prochaines années, on prévoit près de 20 milliards d’investissements du Port qui serviront notamment à financer, comme je le disais, à la construction d’infrastructures pour le cabotage, mais également d’infrastructures qui permettront à plus long terme d’accueillir l’ensemble des navires cargo qui voudront desservir la Polynésie pour approvisionner notre pays en marchandises notamment.

À cela, il faut ajouter une zone de réparation navale qu’on souhaite créer dans les années à venir et qui va appeler également plusieurs milliards d’investissements.

En 2025, l’investissement total du Port est chiffré à 1,8 milliard F CFP. En 2026, il est estimé, il est projeté à 4 milliards F CFP. 4 milliards qui serviront non seulement à terminer la construction du quai au long cours. Le quai au long cours, c’est quoi ? C’est le quai, le seul quai qui aujourd’hui est en capacité d’accueillir les cargos qui approvisionnent plus de 90 % des marchandises qui circulent sur le territoire. Donc si on ne le répare pas — puisqu’aujourd’hui il a 50 ans, il est désuet, il est vétuste et il pose même des problèmes de sécurité lorsqu’on s’approche trop, lorsque les patins de grue et des acconiers s’approchent trop du Port —, si on ne reconstruit pas, c’est toute la sécurité en termes d’approvisionnement de notre territoire qui est en jeu. Donc, c’est un chantier extrêmement important qui a démarré il y a quelques années et qui est en voie d’achèvement, puisque la première moitié du quai au long cours a été achevée, et la deuxième moitié doit être achevée cette année.

À cela, il faut ajouter le chantier du quai de cabotage numéro 6 qui va démarrer, comme je le disais, au premier semestre cette année. C’est un projet qui est évalué à 4 milliards et du coup qui va être déployé dans les mois à venir. Donc, on arrive à un montant d’investissement prévisionnel de 4 milliards sur l’année 2026.

Qu’est-ce que ça nous dit ? Ça nous dit qu’en fait, même si les réserves peuvent paraître élevées à l’instant T, ce qu’il faut voir, c’est surtout les années à venir. Pourquoi ? Parce qu’on est sur un établissement qui doit mener des projets structurants, des projets importants et qui, mécaniquement, lorsqu’on mène des projets d’infrastructures de grande ampleur, fait appel à une quantité importante de fonds d’une manière qui a la forme de dents de scie. En fonction des projets qui sont menés, il faut plus ou moins de fonds qui soient déployés pour construire ces infrastructures. Et c’est pourquoi il y a certaines années pendant lesquelles le Port emmagasine un peu plus de fonds, et d’autres années pendant lesquelles le Port va déployer beaucoup plus de moyens pour réaliser ces infrastructures. Et 2026 va faire partie de ces années où on va dépenser plus que les années précédentes et pendant laquelle on va investir pour justement améliorer le bien-être de notre population.

Pour répondre à une autre question qui a été soulevée, l’approfondissement de la passe de Papeete, nous avons programmé ce projet pour 2027. L’appel d’offres est en cours. Il a été lancé en octobre 2025 et l’analyse des offres est actuellement en cours.

Voilà. Tous ces investissements sont permis par non seulement les recettes qui émanent de la gestion domaniale du Port, mais également les recettes qui émanent de la tarification des quais, des infrastructures portuaires et qui sont perçues notamment au travers des redevances qui sont versées par les différents armateurs, mais également grâce à la taxe de péage qui aujourd’hui est affectée au Port et qui sert justement à financer ces investissements structurants et sans laquelle il ne serait pas possible aujourd’hui de prévoir par exemple le quai de cabotage numéro 6 qui permettra d’accueillir l’Aranoa en 2027 pour qu’il puisse desservir les îles Australes.

Voilà. Merci bien.

Le président : Merci, Monsieur le ministre.

Nous passons à l’examen de la délibération. La discussion est ouverte sur l’article 1er.

Pardon. Pascale.

Mme Pascale Haiti-Flosse : Merci, Monsieur le président. Madame la vice-présidente, Monsieur le ministre, Madame la ministre, bonjour.

J’ai plusieurs questions.

Nos deux intervenants ont bien souligné le fait qu’on voit que le taux de la taxe et la recette qui est prévue que reçoit le Port autonome est très important. Le fonds de roulement de même nous montre que vous avez un fonds de roulement, un matelas financier très important.

Concernant l’élargissement du Port autonome, l’entrée du Port, le projet démarre l’année prochaine. Est-ce que vous avez... On voit que l’ensemble des projets va coûter à peu près 30 milliards sur 10 ans. C’est ce que vous venez de nous dire. Une fois que ce projet se termine, ce qui veut dire que tous ces gros bateaux qui transportent nos conteneurs vont-ils venir directement de France chez nous ou ils vont passer quand même vers la Nouvelle-Zélande ? Parce qu’actuellement, ils transitent par Nouvelle-Zélande, déchargent et ils mettent sur un bateau beaucoup plus petit, pour pouvoir revenir chez nous. Est-ce que cette manipulation va se faire ? Et est-ce que le Port autonome va maintenir sa taxe au niveau de cette marchandise ? Est-ce qu’elle va baisser ? Alors, je pose la question parce que le premier — comment dirais-je ? —, celui qui taxe nos marchandises est le Port autonome. On peut contribuer au niveau de la baisse du coût de la vie, justement à l’entrée du Port. Faites des efforts : baissez. Les deux intervenants viennent de le dire dans leur rapport, vous pouvez agir en amont. Sachant aussi que vos restaurants, vous gérez les restaurants qui sont autour du Port, c’est-à-dire ceux qui sont à la place Vaiete et ceux qui sont vers To'ata, vous les faites payer un loyer excessif. Vous faites payer un loyer excessif, c’est sûr qu’on ne peut être que rentable. À un prix très fort, voire 800 000 F CFP par mois, c’est énorme !

Et on voit aussi que dans le compte financier, vous avez prévu d’agrandir encore le terminal de tourisme qui se trouve du côté place Vaiete. Ma question : est-ce que ce terminal, sa place est là-bas ? Déjà, un. Et vous faites payer 1 000 F CFP par touriste, par paquebot. Aujourd’hui, il fait une rentrée de combien pour le Port ? Je suppose que tous ceux qui occupent les locaux, bien sûr, payent. Vous allez gâcher tout ce front de mer, la place Vaiete, qui est une place magnifique. La preuve, aujourd’hui, elle se dégrade. Nous n’avons plus de roulottiers, puisque vous avez augmenté la location pour faire fuir tous ces roulottes. Et je trouve dommage que ces roulottes, on les retrouve un peu partout maintenant.

Et ce serait bien que le ministre de l’équipement vienne nous présenter, aux élus, combien exactement ça va coûter l’élargissement du Port, à combien vous allez faire payer la marchandise et les bateaux. Est-ce que vraiment vous allez participer au coût de la vie ? Parce que tous les prix élevés que vous effectuez à tous ces restaurateurs, ces prestataires, ces roulottiers, ont un impact au niveau du coût de la vie. Bien sûr, quand on va manger, c’est presque 4 000 F CFP le plat, il faut bien qu’ils payent, il faut bien qu’ils rentabilisent, qu’ils fassent des animations. Tout le monde, maintenant, fait des animations le week-end, le soir, alors qu’il ne le faisait pas avant. Tout ça parce que, d’abord, c’est un lieu qui est magnifique, et ils y croient à leur investissement. Mais si le Port met à 800 000 F CFP le loyer de ces restaurants, ce sera dur pour eux de faire des efforts pour participer aussi à cette baisse.

Et j’avais sollicité plusieurs fois, Monsieur le ministre, que le parking au niveau du Chirac soit ouvert le soir, parce que les restaurants sont ouverts et le parking est fermé. Et au niveau du Port, surtout quand on voit ce matelas financier, on a l’impression que tout se concentre effectivement sur Papeete et qu’à Uturoa nous avons aussi un Port qui accueille des gros paquebots, il y a beaucoup de touristes et rien n’est fait pour les artisans. Ils ont des bâches au-dessus de leur tête. Nous avons des... Le parterre est complètement abîmé. Qu’attendez-vous pour au moins faire des travaux, au moins pour les artisans et le quai de Uturoa ?

Je vous remercie.

M. Jordy Chan :  Merci, Monsieur le président. Merci, Madame la représentante, pour toutes ces questions, ces commentaires.

Pour ce qui concerne d’abord l’approfondissement de la passe, le projet d’approfondissement de la passe a justement pour vocation d’éviter qu’une ligne ou que plusieurs lignes supplémentaires ne passent par la Nouvelle-Zélande avant d’arriver en Polynésie. Aujourd’hui, on a parmi ces lignes, une ligne structurante qui vient d’Europe, qui passe par l’Amérique et qui nous desserre avant d’aller en Nouvelle-Zélande, qui prévoit d’augmenter la taille de ses navires pour des raisons à la fois économiques et environnementales et qui, à travers ce projet, risquerait de ne plus desservir la Polynésie directement mais de passer par la Nouvelle-Zélande si jamais la profondeur de la passe venait à être maintenue à 12,50 mètres comme elle l’est aujourd’hui. Donc, le projet d’approfondissement de la passe a justement pour vocation à éviter ce scénario et donc à éviter un scénario qui mènerait à une augmentation du coût de la vie puisqu’en fidélisant, c’est-à-dire en faisant passer le bateau par la Nouvelle-Zélande avant l’acheminement des marchandises vers la Polynésie, on augmente les coûts de transport, on augmente les coûts de stockage, les coûts d’assurance également, et du coup on augmente le coût des marchandises qui arrivent sur la Polynésie. Donc, l’approfondissement de la passe a pour objectif d’éviter cette augmentation de coûts et est une mesure qui, en ce sens, a pour objectif de lutter contre le coût de la vie, en plus de sécuriser notre approvisionnement.

Pour ce qui concerne la taxe de péage, comme je l’ai dit, elle est absolument essentielle pour financer le schéma directeur du Port. Donc la position du gouvernement aujourd’hui, c’est de la maintenir.

Pour ce qui concerne les loyers des restaurants, je me suis déjà exprimé sur ça l’année passée. Mon avis, c’est que si les loyers étaient si excessifs que ça, les restaurants ne seraient plus dans les locaux qu’ils occupent aujourd’hui. Jusqu’à preuve du contraire, les restaurateurs qui sont situés sur le front de mer dans les locaux du Port n’ont pas fermé boutique. Il y a plutôt une bonne activité d’ailleurs dans ces restaurants. Donc, à mon sens, les loyers ne sont pas excessifs pour ces derniers. Notamment étant donné l’investissement qui a été consenti par le Port pour créer ces espaces de restauration, que ce soit sur la place Chirac ou sur la gare maritime, ce sont des investissements qui ont coûté plusieurs milliards. Donc, il faut notamment permettre au Port de récupérer une partie de l’argent qui a été dépensé. Et c’est purement une gestion saine finalement des infrastructures qui ont été construites par cet établissement.

La redevance passager concernant le terminal de croisière, on en a déjà parlé il y a un ou deux mois. Effectivement, elle est de 1 000 F CFP par passager. Il y a un tarif dégressif en fonction du nombre d’escales qui sont effectuées sur le terminal. Ces 1 000 F CFP par passager, il faut le mettre en perspective par rapport au prix, au tarif de la prestation qui est facturée au croisiériste par les compagnies maritimes. Pour faire une croisière en Polynésie, il faut compter plusieurs centaines de milliers de F CFP. Parfois un million, parfois plus. 1 000 F CFP, par rapport à ces tarifs-là, c’est peanuts, en fait. Ensuite, il faut regarder qui est-ce qu’on touche à travers cette redevance. On touche les touristes. Est-ce que des touristes qui sont prêts à payer plusieurs centaines de milliers de F CFP pour voyager dans des navires de croisière en Polynésie, vont être touchés par une redevance à 1 000 F CFP par passager sur le terminal ? Non. La réponse est non. Ça ne va pas en fait impacter la demande en matière de touristes de croisière sur la Polynésie. Donc on juge que cette taxe est bien ciblée, bien proportionnée. Et elle est nécessaire. Pourquoi ? Parce que le terminal a coûté près de 2 milliards au Port autonome. Et pour pouvoir rembourser finalement l’investissement qui a été effectué, et surtout permettre l’entretien et l’exploitation du terminal, pour les croisiéristes, eh bien il faut mécaniquement percevoir des revenus afin de supporter ces coûts.

Sur la place Vaiete, contrairement à ce qui a été avancé, nous n’avons pas augmenté les loyers. Donc, la situation était déjà telle quelle lorsque le gouvernement est arrivé en place. Et en plus de ça, nous avons prévu de rénover la place pour qu’elle soit plus vivante, elle puisse accueillir plus de roulottes, que les usagers puissent profiter des parkings qui ont été récemment aménagés au niveau du terminal de croisière afin de venir se restaurer, que ce soit en milieu de journée ou en soirée à cette place, et qu’elle soit surtout plus ombragée puisqu’aujourd’hui, moi en tout cas ce que je constate sur cette place, c’est que c’est une place qui est malheureusement trop exposée au soleil, qui est très minérale et qui, du fait de ces caractéristiques, n’attirent pas beaucoup de monde le midi. Puisque le midi, on n’a pas envie d’aller au soleil, suer, en plein milieu de la place Vaiete, quand bien même on a envie d’aller manger un bon chao men ou un petit steak frites — pas si petit que ça d’ailleurs…

Et enfin, pour ce qui concerne Uturoa, les fare māmā (NDT, maisons des artisanes), on a prévu de démarrer les travaux cette année. Donc l’appel d’offres est en cours et l’analyse des offres est également en cours pour la rénovation de ces maisons.

Voilà. Merci bien.

Le président : Merci, Monsieur le ministre.

Tapati.

M. Tafai, Mitema Tapati : En fait, ma question sera très courte. Nous sommes en train de réaménager la passe de Papeete, de l’approfondir, est-ce pour faire baisser le coût de la vie des polynésiens ? On va approfondir la passe pour baisser le coût de la vie, ou pour réapprofondir encore le coût de la vie ?

M. Jordy Chan : Monsieur le président.

Monsieur le représentant Tapati, en fait, comme je le disais, le problème, si on n’approfondit pas la passe, c’est qu’une ou plusieurs lignes maritimes qui desservent directement la Polynésie à partir des grands bassins de production — que ça soit l’Europe ou les États-Unis — continuent à desservir la Polynésie, mais indirectement. C’est-à-dire qu’au lieu de faire venir leur bateau directement du continent jusqu’à la Polynésie, ils vont faire venir le bateau du continent jusqu’en Nouvelle-Zélande ; et à partir de la Nouvelle-Zélande, les marchandises vont être transbordées du gros navire vers un plus petit navire qui va venir, lui, en Polynésie. Et qu’est-ce que cela occasionne ? Cela occasionne une augmentation à la fois des délais d’approvisionnement, des coûts de stockage, des coûts d’assurance également, des coûts supplémentaires pour le transbordement, etc. Et tout ça va se répercuter sur les prix. C’est en cela que je voulais dire que l’approfondissement de la passe de Papeete, c’est non seulement une mesure, un projet qui a pour vocation de sécuriser l’approvisionnement du pays en lui-même — puisque plus de 90 % des marchandises qui transitent dans notre territoire viennent de la voie maritime —, mais également de diminuer le coût de la vie, puisque si l’on ne fait pas ça, eh bien, mécaniquement, le coût de la vie, en fait, va être amené à augmenter.

Le président : Madame Pascale Haiti-Flosse.

Mme Pascale Haiti-Flosse : Merci, Monsieur le président.

Peut-on savoir exactement le montant exact des... Combien a généré les 1 000 francs, Monsieur le ministre ? Puisqu’apparemment, vous dites que c’est peanuts… Et, sur un investissement de 2 milliards, c’est intéressant de savoir combien exactement ça vous a… vous avez généré les 1 000 francs.

Et ensuite, vous dites, c’est vrai que les loyers ne sont pas de votre fait mais vous pouvez le faire puisque vous êtes ministre.

M. Jordy Chan : Madame la représentante, en fait, quand je disais que c’était une petite somme, c’est une petite somme pour le passager au regard de ce qu’il paye pour la prestation, c’est-à-dire pour son voyage. Comme je disais, il paye plusieurs centaines de milliers de francs pour une croisière, donc 1 000 francs sur ça représente une somme qui est de l’ordre de moins de 1 % en fait de la somme qu’il paye pour le voyage. Donc, cela ne va pas le désinciter à voyager en Polynésie. C’est en cela que je disais que c’était une somme qui était petite. Mais pour le port, 1 000 francs par passager, c’est une somme qui est quand même significative. On vient d’instituer cette redevance cette année, donc on n’a pas encore les chiffres pour toute l’année, mais l’année prochaine, je pourrai vous communiquer les chiffres consolidés.

Le président : Pascale.

Mme Pascale Haiti-Flosse : Merci. Je trouve étonnamment que vous ne donniez pas ce chiffre qui est quand même assez important pour la clarté et la lisibilité. Pour nous, c’est intéressant de savoir combien exactement cela vous a rapporté. Parce qu’effectivement, 1 000 francs, on le sait très bien, mais dites-nous, quel est le souci de ne pas donner un chiffre réel aujourd’hui ! Parce que cela fait la deuxième fois que je vous pose la question, Monsieur le ministre. Au niveau de la session budgétaire, par respect, nous n’étions pas sur le compte financier et j’attendais cette séance pour que vous nous le dites au moins ce chiffre. Qu’est-ce qui vous chiffonne sur le fait de ne pas donner ce chiffre ?

M. Jordy Chan : Il n’y a rien qui me chiffonne. C’est simplement que je n’ai pas le chiffre aujourd’hui. La première fois que vous m’avez posé la question, vous l’avez rappelé, c’était pendant la session budgétaire, donc il n’y avait pas lieu que je vous réponde à ce propos à ce moment-là, puisqu’on n’était pas du tout sur le sujet. Aujourd’hui, comme je vous ai dit, si je vous donnais un chiffre, malheureusement, ça serait un chiffre partiel, parce qu’il ne concernerait qu’une partie de l’année, le terminal ayant été inauguré cette année. Donc, ce que je vous propose, c’est que l’année prochaine, nous, on puisse vous fournir le chiffre sur l’année et si vous insistez, on peut très bien vous fournir le chiffre en dehors de la séance, si vous insistez, pour obtenir ce chiffre pour l’année 2025 qui vient de s’écouler.

Le président : Y a-t-il d’autres questions ? Pascale.

Mme Pascale Haiti-Flosse : Ça ne me gêne pas. Nous sommes en commission devant tous les élus. Dites-le devant tout le monde, qu’il soit partiel ou pas du tout, mais au moins, dites-nous un chiffre. Vous avez le directeur du Port juste derrière vous, je suppose qu’il connaît ce chiffre.

M. Jordy Chan : Je viens de vous répondre. Je n’ai pas ce chiffre aujourd’hui. Si vous voulez, je peux vous le donner dans les semaines qui arrivent. On fait le calcul, on vous donne le chiffre et on vous le transmet.

EXAMEN DU PROJET DE DÉLIBÉRATION

Le président : Plus de questions ?... Alors, nous passons à l’examen de la délibération.

Article 1er

Le président : La discussion est ouverte sur l’article 1. Pas de discussion ?... Nous passons au vote. Qui est pour ?... Qui est contre ?... Qui s’abstient ?... Pour à l’unanimité.

L’article 1er est adopté.

Article 2

Le président : La discussion est ouverte sur l’article 2. Pas d’observation ?... On passe au vote. Même vote ? Même voix.

L’article 2 est adopté à l’unanimité.

Article 3

Le président : On passe à l’article 3. Pas d’observation ?... On passe au vote. Même vote ? Même voix.

L’article 3 est adopté à l’unanimité.

Article 4

Le président : Discussion sur l’article 4. Pas d’observation ?... Même vote ? Même voix.

L’article 4 est adopté à l’unanimité.

Article 5

Le président : Discussion sur l’article 5. Pas d’observation ?... On passe au vote ?... Même voix.

L’article 5 est adopté à l’unanimité.

Article 6

Le président : La discussion est ouverte à l’article 6. Pas de discussion ?... Je mets aux voix l’article 6. Même voix.

L’article 6 est adopté à l’unanimité. Merci bien.

Et je mets l’ensemble de la délibération au vote. Même voix ? Même vote.

L’ensemble de la délibération est adopté. Merci.



Les rapports peuvent être consultés sur le site internet de l'assemblée de la Polynésie française à l'adresse www.assemblee.pf
Les interventions en langues polynésiennes ont fait l'objet d'une traduction surlignée en gris.

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