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Rapport n° 138-2025 relatif à un projet de délibération portant approbation du compte financier 2023 du collège de Afareaitu-Moorea et affectation de son résultat - Rapport n° 169-2025 relatif à un projet de délibération portant approbation du compte financier 2023 du collège de Arue et affectation de son résultat

Paru in extenso au JOPF n° 9 NA du 01/06/2026 à la page 1003

Rapport n° 138-2025 relatif à un projet de délibération portant approbation du compte financier 2023 du collège de Afareaitu-Moorea et affectation de son résultat - Rapport n° 169-2025 relatif à un projet de délibération portant approbation du compte financier 2023 du collège de Arue et affectation de son résultat


Présentés par M. et Mme les représentants Tevaipaea Hoiore et Vahinetua Tuahu

Le président : Nous passons maintenant au rapport n° 138-2025 relatif à un projet de délibération portant approbation du compte financier 2023 du collège de Afareaitu-Moorea et affectation de son résultat, et au rapport n° 169-2025 relatif à un projet de délibération portant approbation du compte financier 2023 du collège de Arue et affectation de son résultat. Les deux rapports sont groupés.

Je demande au gouvernement d’exposer l’économie générale des deux projets.

M. Ronny Teriipaia : Merci, Monsieur le président.

Je crois que j’ai fait une présentation générale de tous les comptes financiers, dont les huit comptes financiers des établissements secondaires et celui du GREPFOC et donc je ne reviendrai pas là-dessus.

Je vais laisser la parole aux élus.

Merci.

Le président : J’invite Madame Vahinetua Tuahu à nous faire une présentation des deux rapports.

Mme Vahinetua Tuahu : Bonjour une nouvelle fois à tous, en cet après-midi. Merci, Monsieur le président.

Les présents projets de délibération sont relatifs à l’approbation du compte financier 2023 du collège de Afareaitu-Moorea et du collège de Arue et affectation de leurs résultats.

Il ressort de l’examen de ces dossiers par la commission de l’éducation, de la jeunesse et des sports les thématiques suivantes :

  • des fragilités persistantes dans les apprentissages fondamentaux démontrées par les évaluations nationales à l’entrée en 6e et en 4e tant en français qu’en mathématiques ;
  • un engagement en faveur de la réussite et de la persévérance scolaires avec la mise en place de dispositifs visant à prévenir le décrochage scolaire et à accompagner les élèves en difficulté ;
  • enfin des taux de réussite au DNB globalement satisfaisants et en progression.

Plus particulièrement pour le collège de Afareaitu-Moorea, il est à relever :

  • une augmentation modérée des effectifs scolaires avec une majorité des élèves issus de milieux socioprofessionnels précaires, d’où un taux d’élèves boursiers de 59,4 % ;
  • une offre pédagogique diversifiée avec des classes bilingues français-tahitien, une section sportive scolaire, une classe défense et sécurité globales, et enfin une 3e Prépa-métiers ;
  • des orientations post-3e équilibrées entre voie générale et voie professionnelle ;
  • enfin, une situation financière excédentaire avec certaines contraintes structurelles persistantes liées à l’insularité (transport scolaire, hébergement, capacité d’accueil).

S’agissant du compte financier 2023 de cet établissement, les recettes s’élèvent à plus de 65,7 millions F CFP et les dépenses s’établissent à près de 66 millions F CFP, pour un résultat de fonctionnement excédentaire de plus d’1 million F CFP. Son affectation est proposée au compte 10681 « Établissement ». Le fonds de roulement à la clôture de l’exercice considéré s’élève à près de 12 millions F CFP.

Concernant le collège de Arue, il est à noter :

  • une légère baisse des effectifs en 2023, après plusieurs années de hausse et une évolution du profil sociologique des élèves, avec une majorité issue de catégories socioprofessionnelles moyennes à très favorisées ;
  • une forte implication des familles, soutenue par une association de parents d’élèves particulièrement active ;
  • une orientation majoritaire des élèves vers la voie générale et technologique ;
  • une augmentation significative des moyens financiers et un renforcement du fonds de roulement, améliorant la capacité d’autofinancement de l’établissement.

S’agissant du compte financier 2023 de cet établissement, les recettes s’élèvent à plus de 58,6 millions F CFP et les dépenses s’établissent à près de 54 millions F CFP, pour un résultat de fonctionnement excédentaire de plus de 5,4 millions F CFP. Son affectation est proposée au compte 10681 « Établissement ». Et le fonds de roulement à la clôture de l’exercice considéré s’élève à plus de 8,8 millions F CFP.

En conclusion, ces deux collèges affichent en 2023 une situation positive, grâce à une bonne gestion et à des équipes engagées. Ils partagent des défis communs, mais leurs contextes diffèrent : celui de Arue consolide des résultats déjà élevés dans un environnement favorable, tandis que celui de Afareaitu-Moorea, confronté à plus de contraintes, développe une pédagogie innovante qui porte ses fruits. Des réponses adaptées à chacun sont donc essentielles pour garantir la réussite scolaire et l’égalité des chances.

Les présents projets de délibération ayant recueilli un vote favorable unanime des membres de la commission de l’éducation, de la jeunesse et des sports, celle-ci propose en conséquence à l’Assemblée de la Polynésie française de les adopter.

Je vous remercie.

Le président : Parmi les membres de la commission permanente, qui souhaite intervenir ?

Tevaipaea, à toi la parole.

M. Tevaipaea Hoiore : Merci bien, Monsieur le vice-président. Monsieur le ministre, bonjour.

Je vais intervenir pour deux établissements qui, examinés conjointement, révèlent l’état préoccupant de notre système éducatif : le collège de Afareaitu-Moorea et le collège de Arue. Leur mise en perspective illustre les fractures territoriales et sociales qui minent l’égalité éducative à laquelle nous prétendons.

Commençons par Afareaitu. En 2023, cet établissement accueille 576 élèves, dont 548 demi-pensionnaires et 10 élèves de Maiao. Le taux d’élèves boursiers atteint 59,4 % et les catégories socioprofessionnelles défavorisées et moyennes représentent 74,4 % des effectifs. Ces chiffres dressent le portrait d’un collège populaire, représentatif des réalités sociales de Moorea.

Le budget s’élève à 65,7 millions F CFP, dont 58,9 % de subventions du pays. Le résultat de fonctionnement affiche un excédent modeste de 1,08 million F CFP, avec un fonds de roulement de 12 millions F CFP (soit 71 jours de fonctionnement). La gestion est saine, reconnaissons-le.

Les résultats au brevet sont encourageants : 82,4 % en série générale ; 77,3 % en série professionnelle, au-dessus de la moyenne académique. Cependant, si nous creusons les évaluations d’entrée : 89 % des élèves de 6e ont une maîtrise insuffisante en nombres et calculs ; 82,9 % des élèves de 4e en compréhension de l’écrit. Les lacunes sont massives dès l’arrivée au collège.

Les travaux en commission législative ont révélé trois urgences :

  • la vétusté et la surpopulation : ce collège, conçu pour 250 élèves maximum, en accueille quasiment près de 600 élèves maintenant. Certaines salles sont inondées en cas de pluie. La passerelle menant au bâtiment de musique est dangereuse. Le centre d’hébergement pour les élèves de Maiao est vétuste et saturé. Comment garantir un apprentissage de qualité dans ces conditions ?
  • le transport scolaire, dysfonctionnel : les élèves arrivent très tôt le matin et repartent parfois une heure après la fin des cours. Les horaires sont aléatoires. C’est un gros problème ;
  • les difficultés pédagogiques : malgré la mise en place de classes bilingues pour l’adaptation culturelle et les efforts de diversification pédagogique, une part trop importante d’élèves cumule des lacunes. Les équipes réclament le recrutement d’enseignants spécialisés, mais les postes ne viennent pas.

Et je voudrais aussi ici, féliciter l’ensemble des équipes pour les efforts qu’elles fournissent pour nos jeunes. Merci beaucoup. Courage !

Tournons-nous maintenant vers Arue. En 2023, le collège accueille 671 élèves, dont 12 en unité ULIS. Mais la composition sociologique change radicalement : 70 % des familles appartiennent aux catégories socioprofessionnelles moyennes à très favorisées. L’établissement bénéficie d’une image attractive dans la zone urbaine de Tahiti-Est et d’une association de parents d’élèves très impliquée financièrement.

Le budget s’élève à 58,6 millions F CFP. Mais regardons le résultat de fonctionnement : 5,4 millions F CFP d’excédent, soit cinq fois plus qu’Afareaitu ! Le fonds de roulement explose littéralement : 8,8 millions F CFP, soit 61 jours de fonctionnement, avec une progression stupéfiante de + 159 % en un an.

Les résultats scolaires sont excellents : 90,13 % de réussite au brevet série générale ; 91,3 % en série professionnelle. 63 % des élèves s’orientent vers la seconde générale et technologique.

Les excellents résultats de Arue ne relèvent pas du miracle pédagogique. Ils reflètent la composition sociologique privilégiée. Quand 70 % des familles sont favorisées, quand l’association des Parents d’Élèves dispose de moyens conséquents, quand l’établissement accumule 8,8 millions F CFP de réserves, le succès devient presque mécanique.

À l’inverse, Afareaitu obtient 82,4 % au brevet malgré 59,4 % de boursiers, malgré des bâtiments vétustes, malgré des transports chaotiques, malgré l’accueil d’élèves de Maiao arrachés à leurs familles très tôt. Ce taux de 82,4 % est un exploit pédagogique qui mériterait d’être célébré, mais qui fait pâle figure face aux 90 % de Arue.

Il y a des questions qui restent en suspens et surtout ça nous amène à d’autres questions. Comment expliquer le décalage financier entre Arue et ses 8,8 millions F CFP de réserves pendant que Afareaitu peine à financer la rénovation de salles qui prennent l’eau ? La DGEE nous dit que cette solidité permet d’engager des investissements. Fort bien. Des panneaux photovoltaïques sur une future halle sportive. Excellente initiative. Mais pendant ce temps, la passerelle de Afareaitu menace de s’effondrer et les élèves de Maiao dorment dans un internat vétuste.

Comment expliquer les effectifs qui baissent légèrement à Arue en 2023 alors que la dotation augmente de plus de 9,3 % tandis que Afareaitu absorbe la surpopulation avec des moyens constants ?

Et enfin, comment expliquer l’absence de péréquation ? Un système éducatif juste devrait compenser les inégalités sociales et territoriales, pas les amplifier. Or notre système fait exactement l’inverse : il concentre les moyens là où les besoins sont moindres, et rationne là où les besoins sont criants.

L’équité territoriale et sociale dans l’éducation ne peut être négociable. Nos enfants, qu’ils vivent à Tahiti ou à Moorea ou dans les Tuamotu, partout ailleurs, qu’ils soient issus de familles favorisées ou modestes, qu’ils viennent de Maiao ou de Tahiti, ont droit aux mêmes conditions d’apprentissage, aux mêmes chances de réussite.

C’est notre responsabilité collective d’y répondre avec détermination. L’excellence éducative ne peut être le privilège d’une zone géographique ou d’une catégorie sociale. Elle doit être l’ambition partagée pour tous nos enfants, sur toutes nos îles.

Et j’aimerais terminer, Monsieur le ministre, par un appel. Un appel concernant justement les transports scolaires de Moorea. Les difficultés que les enfants rencontrent chaque jour pour se rendre dans leur établissement scolaire, l’inquiétude des parents quant au service de transport scolaire qui est aujourd’hui celui qu’il est. Est-ce qu’on pourrait avoir des réponses sur qu’est-ce qu’il en est aujourd’hui et qu’est-ce qu’il va en être demain de ce transport scolaire ?

Merci de votre attention.

Le président : Merci.

Il y a d’autres interventions ? Madame Teriitahi.

Mme Tepuaraurii Teriitahi : Merci, Monsieur le président. Monsieur le ministre, bonjour. Bonne année.

Pour le compte financier 2023 du collège de Afareaitu-Moorea comme pour tous les autres examinés en commission de l’éducation le 24 septembre dernier, il n’aura échappé à personne que nous statuons sur ceux de 2023. Force est de constater que les services compétents de la DGEE continuent d’accuser un énorme retard en matière de transmission des dossiers.

Aussi, trois exercices nous séparent encore des chiffres exposés dans ce compte financier 2023, ce qui réduit considérablement notre faculté d’analyser la situation existante.

Alors, que peut-on retenir du fonctionnement de ce premier établissement, donc en l’occurrence celui de Afareaitu ?

D’abord, il bénéficie d’une situation financière relativement saine avec un fonds de roulement qui a encore augmenté. Soit près de 12 millions F CFP de réserves pour une autonomie équivalente à 71 jours.

Ensuite, il est fait le constat récurrent d’une structure vieillissante : 50 ans d’âge. Et d’une saturation en termes de population scolaire. Conçu au départ pour accueillir 250 élèves, ils étaient 576 à la rentrée 2023. Des travaux de rénovation sont bien dans les tuyaux mais là encore, on se heurte aux mêmes difficultés ! Huit mois d’attente pour obtenir un permis de construire.

Enfin, si deux salles de classes sont dédiées à la 2de, celles-ci n’accueillent que sept élèves et comble de tout, il reste les fenêtres à poser ! Oui, mes chers collègues, vous avez bien entendu : ces salles sont ouvertes à tout vent. Pas évident dans ces conditions de réussir à l’école.

Pour terminer sur une note positive, je retiens que le collège de Afareaitu a instauré depuis trois ans un petit-déjeuner, ou plutôt une petite collation, gratuite pour celles et ceux qui arrivent tôt le matin. Voilà une bonne initiative démontrant, si besoin était, que l’on peut toujours innover pour le meilleur de nos enfants.

S'agissant du collège de Arue, pour la même période, force est de constater une baisse des effectifs de l’ordre de 22 élèves pour un total de 671. Pourtant, cet établissement a plutôt la cote, comme on dit. Ses installations sont de qualité et surtout, vous remarquerez comme moi, l’excellence des taux de réussite au DNB, à hauteur respectivement de 90,13 % et 91,3 % tant en série générale que professionnelle.

Comme on peut également le lire dans le rapport de présentation, ce contexte général plutôt favorable est en partie dû à l’implication de l’association des parents d’élèves — et ça a déjà été souligné par notre rapporteure tout à l’heure —, qu’il convient d’encourager. Et évidemment, cet investissement de la part de cette APE bénéficie à nos enfants. Et je veux en profiter pour remercier l’ensemble des associations de parents d’élèves dans tous les collèges et aussi à l’école primaire. On sait bien que quand on a une association des parents d’élèves investie, on a des résultats qui suivent et un bon accompagnement. Et ça nous rappelle aussi que l’école, ce n’est pas uniquement l’affaire des enseignants. C’est toute une équipe éducative à l’intérieur de laquelle évidemment les parents ont un rôle crucial.

Enfin, les finances du collège de Arue sont jugées plutôt saines. Grâce à un solde bénéficiaire conséquent en section de fonctionnement de l’ordre de 5 430 000, l’établissement était en mesure de reconstituer son fonds de roulement pour atteindre 71 jours d’autonomie. Et visiblement, il a bien l’intention de continuer d’investir avec en projet l’installation de panneaux photovoltaïques sur le toit de la nouvelle halle sportive. Donc pas de soucis pour ces deux comptes financiers, bien sûr, que nous allons approuver.

Merci pour votre attention.

Le président : Merci, Madame.

J’invite le gouvernement à répondre aux interventions. Merci.

M. Ronny Teriipaia : Merci à tous et à toutes pour vos interventions. Je vais vous répondre. Je vais donner des réponses à chacun des intervenants.

Juste pour rebondir sur ce que notre représentante, Tepuaraurii, disait. Tu as raison, ce sont des comptes financiers qui datent de 2023. Il y a une explication toute simple : à la DGEE, il y a une seule personne qui s’occupe des dossiers, donc c’est extrêmement difficile pour elle de pouvoir traiter. Il faut donc que l’on demande un poste, tout simplement, à ma collègue ministre si elle peut bien mettre… Pour l’instant, c’est un poste État qui s’occupe de la gestion de tous ces dossiers. C’est ce qui explique la lenteur.

D’abord, concernant la différence entre l’état des finances du collège de Arue et du collège de Afareaitu, pour qu’on ait les mêmes informations, la DGEE ajuste chaque année sa dotation (DGF) aux établissements selon l’état réel de leurs finances. Ça, c’est important de savoir. La différence résulte donc de la gestion de l’établissement et de l’expertise de son équipe de direction.

Par rapport au système éducatif de la Polynésie française, effectivement, il y a énormément de choses à faire. C’est la raison pour laquelle la Charte de l’éducation est en cours d’élaboration. C’est vrai qu’il y a énormément d’établissements qui sont vétustes. Le collège de Afareaitu n’est pas le seul, c’est le cas dans plusieurs établissements de toute la Polynésie. Il y en a 35 exactement, plus précisément 37. C’est la raison pour laquelle on a mis en place un plan Marshall. Je suis conscient de toutes les difficultés, on est absolument conscients de toutes les difficultés. Il y a des fuites d’eau dans certains établissements. Le collège de Afareaitu n’est pas le seul. On procède par priorité. Peut-être que nos priorités ne sont peut-être pas les bonnes pour certains. Donc nous, on a besoin d’avoir des réflexions en commun pour qu’on puisse faire en sorte d’essayer d’abord de répondre aux besoins de chacun.

Alors, je ne suis pas tout à fait d’accord quand on dit que la réussite des élèves de Arue est due simplement à leur catégorie sociale. Ce n’est pas le cas ! Ce n’est absolument pas vrai ! Les enseignants mettent en place des projets pédagogiques qui permettent justement aux élèves d’avancer. C’est le cas à Afareaitu, puisque je connais les enseignants qui œuvrent avec passion dans cet établissement. Ce n’est pas le seul établissement. Il y a énormément d’établissements où les équipes pédagogiques — d’ailleurs, je les remercie au passage — et également les équipes de direction, qui font tout pour faire en sorte de mettre en place des projets qui, d’abord, intéressent les élèves, qui contribuent à les motiver. C’est important parce que quand on met en place des projets qui ne motivent pas les élèves, c’est sûr que les résultats attendus, ne seront pas au rendez-vous.

Par contre, on fait en sorte de répondre à toutes les attentes des équipes pédagogiques. C’est important de le signaler. Toutes les demandes d’autorisation de sortie (pour les projets pédagogiques par exemple) sont examinées par la DGEE, via le ministère ensuite. On demande à ce que tous les projets soient bien ficelés. C’est le cas de tous les projets, en tout cas, qui ont été acceptés jusqu’à aujourd’hui.

Concernant le fameux transport de Moorea, on va en parler. C’est important de le signaler. C’est vrai que cela dure depuis 2023. Ce n’est pas de gaieté de cœur qu’on a tous ces problèmes. Sachez que la DGEE et le ministère de l’éducation font leur maximum. C’est vrai que celui qui assure le transport scolaire n’est peut-être pas le meilleur des transporteurs, mais on a fait notre nécessaire pour faire en sorte de transporter au mieux nos élèves.

Donc je vais vous donner l’état des lieux, et ensuite on abordera la question de l’internat aussi.

Le point sur le transport scolaire de Moorea suite à l’article qui est paru dans la presse. Le service est assuré : reprise confirmée depuis lundi 12-1. Alors, à ce jour, il n’y a que huit bus qui sont opérationnels. Il y en a deux qui doivent être contrôlés, puisque le service technique ne pourra être sur l’île que dans deux semaines. Donc j’ai demandé à Monsieur le ministre Jordy — je le remercie au passage —, les contrôleurs iront à Moorea dès lundi pour qu’on puisse avoir 10 bus fonctionnels à partir de lundi.

Effectif moyen : il y a 1 745 élèves qui sont transportés pour les 10 bus — puisqu’à partir de lundi, il y aura 10 bus — qui desservent toutes les écoles, les collèges, les lycées, et même au quai, et aussi les étudiants vers Tahiti.

Alors l’article en question évoquait la carte violette. Ils ne sont pas à jour parce que le parc est ancien, et le personnel non payé et le courrier du gérant que le transporteur n’a jamais reçu, selon ses propos. Il confirme la reprise depuis le 12-1. Le personnel a été payé et indique ne pas avoir reçu le courrier mentionné. Il reconnaît que certains chauffeurs n’ont pas l’AQP et demande que les examens puissent se tenir pendant les vacances scolaires.

Le contrôle et la facturation. La DGEE est à jour des paiements (factures de décembre réglées le 17 décembre 2025), paiements après service. Et là-haut, on exige les cartes grise, plus les cartes violettes à jour.

L’appel d’offres a été lancé en septembre 2025. Les plis, le 20 octobre, ouverture le 3 novembre. Analyses en cours. Les résultats attendus le 16 janvier. Donc moi, j’ai annoncé à la presse que ça serait fait en février. Je pense que ça sera fait avant. Donc il y aura deux lots : une entreprise peut candidater ou deux, mais n’obtient qu’un lot pour sécuriser. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que chacun des lots sera attribué à un transporteur, mais pas le même. Le même transporteur ne pourra pas candidater pour le même lot.

Sur le terrain, il y a quelques retards qui sont constatés, de 5 à 10 minutes, depuis la rentrée. Nous sommes en contact avec tous les chefs d’établissement qui nous font un retour chaque jour. La DGEE recherche des véhicules pour renforcer le parc.

Je sais, je suis désolé, depuis 2023, on a ces problèmes, mais on a fait notre maximum pour faire en sorte que les élèves soient transportés.

Voilà ce que je peux vous donner comme réponse actuellement. Mais on essaie, en tout cas, d’ici le mois de février, de résoudre cette situation une bonne fois pour toutes.

S’agissant du point sur l’internat des élèves de Maiao. Rappel, il y a un courrier qui date du 25 novembre 2025 au maire de la commune de Moorea-Maiao, pour alerter sur la vocation du centre d’hébergement de Pahani et la priorisation des élèves de Maiao dans les internats, notamment à Tahiti.

Alors, le point sur l’internat des élèves de Maiao. Au collège de Afareaitu, les élèves de Maiao sont tous internes. Les effectifs que l’on a : 22 au WEI et 15 au PLEI. À noter que l’accueil repose sur un petit internat d’environ 20 places. Situé à 2 km du collège, Maiao est à 5 heures de bateau.

Par rapport aux élèves du lycée Opunohu. Les élèves de Maiao sont internes au lycée Opunohu. Cette année, avec accord des familles, ils ont intégré l’internat du lycée, puisque ce sont des lycéens. Point de vigilance remonté par la commune : demande de clarification sur la vocation du centre de Pahani concernant l’information selon laquelle il serait réservé aux collégiens, excluant les lycéens et sur la priorisation des élèves de Maiao pour l’accès aux internats, y compris au lycée.

Donc du côté de la DGEE, la priorisation à Tahiti se base sur le critère des îles éloignées parce qu’il y a des élèves de Moorea qui demandent à être internes à Tahiti. Donc j’ai redemandé un point aux collègues en charge des affectations pour confirmer les règles, les effectifs. Et ensuite, quand on aura des informations supplémentaires, on pourra vous répondre. Il y a une grande réflexion qui est menée actuellement. D’ailleurs, la question a été posée lors des travaux sur la convention décennale pour qu’on réfléchisse, même au sein du conseil interministériel, à la possibilité peut-être d’accueillir les élèves de Moorea dans les internats. Mais ça, ça suppose une grande réflexion avec tous les partenaires de la communauté éducative et ce qui est possible d’être fait, notamment en termes d’accueil dans les internats à Tahiti.

Voilà ce que je peux vous donner comme informations.

Est-ce que j’ai répondu à toutes les questions, à toutes les demandes ? Peut-être que j’en ai oubliées certaines. Y en a tellement, en même temps. C’est bon ?

Je suis encore une fois désolé, je suis désolé pour Moorea, mais on fait notre possible. J’espère que d’ici le mois de février, cette situation sera réglée une bonne fois pour toutes pour le transport scolaire de Moorea. Mea culpa.

Merci.

Le président : Merci.

Plus de questions ? On va donc passer au vote.

M. Ronny Teriipaia : Monsieur le président, excusez-moi.

Par rapport aux écoles bilingues, c’est vrai que le dispositif des classes bilingues ou des écoles bilingues contribue à la réussite des élèves. D’ailleurs, depuis cette année, on a mis en place les fameuses évaluations diagnostiques en langues polynésiennes. Cela ne s’est jamais fait. C’est la première fois de l’histoire qu’on met en place ça. Ce sont des évaluations officielles. En cours, on est en train de réfléchir aux évaluations diagnostiques pour les langues polynésiennes, dans toutes les langues — je dis bien dans toutes les langues polynésiennes —, pour le secondaire, avec les inspecteurs du second degré.

Comme vous le savez, dans le cadre de la convention décennale, on est en train de réfléchir à exercer pleinement la compétence de l’éducation, notamment en ce qui concerne la tutelle des inspecteurs du second degré. C’est vrai que le Président Fritch, je sais qu’il avait déjà demandé à ce que les inspecteurs du second degré soient sous la tutelle du ministère local. Nous espérons fortement que l’on pourra exercer enfin, une bonne fois pour toutes, la pleine compétence de l’éducation, c’est-à-dire que les inspecteurs seront désormais sous la tutelle du ministère de l’éducation local, ainsi qu’officiellement toutes les écoles privées de la Polynésie, de manière à ce que la politique éducative soit bien appliquée.

Alors, je vais revenir aux écoles bilingues. Actuellement, nous en avons 20. L’objectif, c’est d’augmenter le nombre d’écoles bilingues et pourquoi pas de transformer toutes les écoles de la Polynésie en écoles bilingues puisque, suite aux évaluations diagnostiques en langues polynésiennes, même dans les écoles bilingues, on a constaté que les élèves ne désapprennent pas. Bien au contraire, les résultats augmentent. C’est la raison pour laquelle l’objectif est de faire en sorte que nos élèves réussissent en exploitant leurs langues polynésiennes.

Voilà.

Le président : Merci, Monsieur le ministre.

EXAMEN DES PROJETS DE DÉLIBÉRATION

Le président : Nous allons donc passer au vote.

Je vous propose d’appliquer la procédure d’examen simplifiée. Je vous rappelle que les articles ne sont pas lus et seuls les articles faisant l’objet d’un amendement seront appelés. Est-ce que vous êtes d’accord ?... D’accord. Merci.

En l’absence d’amendement, je mets aux voix l’ensemble de la délibération du collège de Afareaitu : qui est pour ?... Pour, à l’unanimité.

La délibération est donc adoptée à l’unanimité.

Nous passons maintenant à la deuxième délibération. En l’absence d’amendement, je mets aux voix l’ensemble de la délibération : qui est pour ? Pour à l’unanimité ? Pour, à l’unanimité.

La deuxième délibération du collège de Arue est donc adoptée à l’unanimité. Merci bien.



Les rapports peuvent être consultés sur le site internet de l'assemblée de la Polynésie française à l'adresse www.assemblee.pf
Les interventions en langues polynésiennes ont fait l'objet d'une traduction surlignée en gris.

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