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Rapport n° 11-2026 relatif à un projet de délibération portant approbation du compte financier de l'exercice 2024 de l'établissement de gestion et d'aménagement de Teva et affectation de son résultat

Paru in extenso au JOPF n° 10 NA du 02/06/2026 à la page 1039

Rapport n° 11-2026 relatif à un projet de délibération portant approbation du compte financier de l’exercice 2024 de l’établissement de gestion et d’aménagement de Teva et affectation de son résultat


Présenté par MM. les représentants Cliff Loussan et Steve Chailloux

La présidente : Le premier rapport n° 11-2026 relatif à un projet de délibération portant approbation du compte financier de l’exercice 2024 de l’établissement de gestion et d’aménagement de Teva et affectation de son résultat.

Je demande au gouvernement d’exposer l’économie générale du projet. Le gouvernement, vous avez la parole.

M. Moetai Brotherson : Oui. Ici, il s’agit simplement du compte financier de l’établissement de gestion de Atimaono et de Teva, donc l’ÉGAT. C’est un établissement qui aujourd’hui a principalement la gestion du golf et auquel nous allons confier dans les semaines et les mois qui viennent également la gestion future de l’espace scénographique Gauguin.

Voilà, il n’y a pas grand-chose à dire sur ce...

La présidente : Merci bien, Monsieur le Président.

Je demande au rapporteur Cliff Loussan de faire une présentation du rapport.

M. Cliff Loussan : Merci, Madame la présidente.

Monsieur le Président de la Polynésie française, Mesdames les ministres, chers collègues représentants, Mesdames et Messieurs les collaborateurs, cher public, xin nian kuai lè. Gong xi fa cai.

Le présent projet de délibération a été transmis aux fins d’examen par l’Assemblée de la Polynésie française par lettre n° 8201/PR du 24 novembre 2025.

L’Établissement de gestion et d’aménagement de Teva (ÉGAT) a pour objet d’étudier et de suivre l’aménagement des sites sous sa responsabilité, de mettre en valeur le patrimoine dont il a la charge ainsi que d’administrer et d’assurer l’exploitation et la promotion de ses actifs. En 2017, il fut décidé de recentrer l’activité de l’ÉGAT sur la gestion du seul golf Olivier-Bréaud et sur la promotion de ce sport en Polynésie française.

S’agissant des faits marquants de l’année 2024

Nous notons la continuité des initiatives visant à améliorer l’expérience des membres de l’établissement, à renforcer l’offre commerciale et à améliorer la productivité de l’ÉGAT.

Nous notons aussi une légère augmentation des recettes commerciales, des abonnements et des « Green Fees », ainsi qu’une vente de marchandises au « Proshop » devenue stable et démontrant une fréquentation régulière depuis l’exercice précédent.

En complément du rapport, je vous invite également à prendre connaissance du rapport d’activité de l’établissement pour l’exercice 2024, joint à la saisine.

S’agissant de l’exécution budgétaire 2024

À la clôture de l’exercice 2024, le montant définitif des recettes du compte financier de l’établissement est arrêté à la somme de plus de 418 millions F CFP et, celui des dépenses, à plus de 402 millions F CFP.

Le résultat global du compte financier présente ainsi un solde excédentaire de plus de 15 millions F CFP venant en augmentation du fonds de roulement qui passe de plus de 132 millions F CFP à la clôture de l’exercice 2023 à 147 millions en 2024.

Le résultat de fonctionnement, excédentaire à hauteur de plus de 70 millions F CFP, sera affecté au crédit du compte 1068 « Autres réserves ».

Examiné en commission du tourisme et de la culture le 10 février 2026, le présent projet de délibération a suscité des débats portant principalement sur les points suivants :

  • la question de la revalorisation des vestiges de Atimaono se pose désormais et l’idée d’ouvrir un écomusée sur le site a déjà été évoquée ;
  • les infrastructures de l’ÉGAT doivent faire l’objet de travaux de réhabilitation et de remodelage dans le cadre de la préparation aux jeux du Pacifique 2027 ;
  • la réorganisation de l’activité de l’ÉGAT implique la mise en œuvre d’un projet baptisé « Fenua Academy » qui doit être présenté au conseil d’administration de l’établissement et qui consiste en la création d’une académie dédiée à la pratique du golf ;
  • les infrastructures de l’ancien musée Gauguin doivent faire l’objet de travaux de destruction et il apparaît que la gestion du site de Papeari selon les règles d’un établissement public à caractère industriel et commercial est le mode de gestion le plus adapté et efficient dans un objectif de réduction des dépenses publiques.

À l’issue des débats, le présent projet de délibération a recueilli un vote favorable unanime des membres de la commission. En conséquence, la commission du tourisme et de la culture propose à l’Assemblée de la Polynésie française d’adopter le projet de délibération ci-joint.

Merci, Madame.

La présidente : Merci bien, Cliff.

Parmi les membres de la commission permanente, qui souhaite intervenir, en sachant que vous avez un temps de parole de 10 minutes ?

Oui, Bruno.

M. Bruno Flores : Merci, Madame la présidente.

Monsieur le Président du gouvernement, chers ministres, chers membres de Tarahoʹi, à toutes et à tous, que l’amour règne.

Intéressons-nous maintenant au compte financier 2024 de l’établissement de gestion et d’aménagement de Teva.

En 2024, l’ÉGAT a enregistré plus de 346 millions F CFP de recettes de fonctionnement pour plus de 276 millions F CFP de dépenses. Cela dégage un excédent de fonctionnement de plus de 70 millions F CFP.

Ce chiffre signifie que l’établissement finance son activité courante, qu’il couvre ses charges, qu’il crée même une marge. Mais l’autre face du tableau mérite tout autant notre attention. En section d’investissement, les recettes atteignent plus de 71 millions F CFP quand les dépenses s’élèvent à plus de 125 millions F CFP, soit un déficit d’investissement de 54,16 millions F CFP.

Faut-il s’en inquiéter ? Non. Si l’on comprend qu’un déficit d’investissement est souvent le signe d’un établissement qui aménage, qui construit, qui anticipe, l’investissement est par nature en avance sur la recette.

Au total, malgré ce déséquilibre d’investissements, le résultat global de l’exercice est positif : plus de 15,9 millions. Voilà un point essentiel. L’établissement investit davantage qu’une personne en capital, mais il termine l’année dans le vert. Plus encore, l’intégralité de l’excédent de fonctionnement (soit plus de 70 millions) est affectée en réserve au compte 1068. Le fonds de roulement atteint ainsi plus de 147 millions F CFP au 31 décembre 2024, en progression par rapport à l’exercice précédent.

Et pourtant, tout n’est pas figé dans une autosatisfaction tranquille. Les crédits d’investissement ouverts en 2024 s’élevaient à 181 millions F CFP pour une consommation effective de plus de 125 millions F CFP, soit environ 69,5 %.

La question n’est pas comptable, elle est politique. Pourquoi n’atteignons-nous pas un taux de réalisation plus élevé ? Est-ce la complexité foncière, les détails administratifs ? Car derrière l’ÉGAT, il y a un enjeu bien plus vaste : l’aménagement touristique de notre territoire.

L’ÉGAT n’est pas un établissement ordinaire, c’est un ÉPIC chargé de mettre en valeur des espaces, d’aménager, d’exploiter, de promouvoir des actifs qui peuvent devenir des leviers de développement touristique.

Dans un territoire où la pression sur le foncier est croissante, où l’équilibre entre développement et préservation est fragile, chaque décision d’aménagement est une décision de société. Nous ne parlons pas simplement de terrain et de bâtiment. Nous parlons de paysage, de cohésion sociale, de souveraineté économique.

Le compte financier 2024 montre un établissement assaini, consolidé, stabilisé. Il confirme le recentrage stratégique engagé depuis plusieurs années avec une volonté de rationaliser son fonctionnement et de clarifier ses missions.

Nous ne sommes plus dans la dispersion, mais dans la maîtrise. La vraie question désormais n’est plus celle de l’équilibre financier, elle est celle de l’ambition. Allons-nous utiliser ces 147 millions F CFP de fonds de roulement comme un simple matelas de sécurité ou comme un levier pour structurer des projets touristiques durables, articulés avec les communes, compatibles avec nos politiques d’égalité des territoires, cohérents avec notre vision de la Polynésie dans le Pacifique ?

L’ÉGAT est l’un des instruments de cette souveraineté, mais un instrument n’a de valeur que s’il est orienté.

Approuver ce compte financier, c’est reconnaître une gestion saine, mais c’est aussi adresser un message. Cette solidité financière doit servir un projet, un projet qui respecte nos équilibres, qui soutient nos communes, qui renforce notre attractivité sans affaiblir notre identité.

Je vous remercie de votre attention. Que l’amour règne.

La présidente : Merci bien.

Oui, Tepuaraurii.

Mme Tepuaraurii Teriitahi : Merci, Madame la présidente. Monsieur le Président de la Polynésie française, Mesdames les ministres, mes chers collègues, chers amis du public, chers amis de Tetunae, nos internautes qui nous regardent ce matin, mes salutations à l’occasion de notre rencontre.

J’ai beaucoup de sources de joie ce matin et je suis particulièrement heureuse d’être là dans notre trêve de campagne. Mais beaucoup de sources de joie. La première, parce que je vois une femme au perchoir, et ça me fait très plaisir. (Applaudissements dans la salle.) Donc je salue notre présidente du jour, Teumere. Revoir notre secrétaire générale aussi, qu’on n’a pas vue depuis longtemps, et que ça fait plaisir de retrouver. (Applaudissements dans la salle.) Et puis surtout voir notre nouvelle ministre, que je tiens à saluer chaleureusement et à féliciter pour sa nomination. (Applaudissements dans la salle.) Vraiment, merci, Monsieur le Président, pour ce choix. Déjà parce que c’est une femme et que ça vient féminiser davantage notre gouvernement, mais aussi pour les compétences qui sont réunies à travers cette ministre que vous avez choisie. Donc, merci beaucoup. Et cerise sur le gâteau, la couleur de la robe me va très bien. C’est la couleur de mon bulletin, donc je suis comblée ce matin. (Rires dans la salle.) Voilà. Merci beaucoup, en tout cas.

Alors, pour le dossier sur lequel nous nous penchons ce matin, c’est l’examen des comptes financiers de l’établissement de gestion et d’aménagement de Teva, qu’on appelle plus communément l’ÉGAT, pour l’exercice 2024. Comme on le dit à chaque fois, c’est toujours un exercice difficile parce qu’on est en 2026, on parle d’une période qui est révolue, et depuis il y a eu des progressions. Déjà en 2024, on commençait à retrouver des couleurs à l’ÉGAT — parce qu’il ne faut pas oublier l’histoire —, parce qu’avant 2024, je me souviens de beaucoup de discussions au sein de notre hémicycle où à chaque fois on remettait en cause cet établissement. Et puis, en 2024, on voit que là, on a un résultat effectivement en fonctionnement qui est excédentaire. Mon collègue l’a dit précédemment, en investissement, ce n’est pas le cas, mais ce qu’on retient quand même, c’est que la santé financière de cet établissement est bonne, avec un fonds de roulement qui culmine à 147 millions F CFP en 2024 et qui correspond à 250 jours d’autonomie. Donc là, on a des moyens à l’ÉGAT. Et effectivement, le fait que l’investissement soit déficitaire montrait qu’effectivement des investissements ont été faits, et tout ça pour faire progresser l’établissement.

Donc je viens de le dire, la santé financière de l’ÉGAT est bonne, et on voit bien qu’il y a une progression qui est forte sur la période observée, qui est de plus de 12 % par rapport à 2023, donc comme je parlais d’amélioration de la santé financière. La subvention du pays est restée inchangée pour la troisième année consécutive, puisqu’elle a plafonné à 150 millions F CFP chaque année. Donc la collectivité doit donner les moyens et soutenir ce joyau patrimonial, ne serait-ce qu’au regard de la superficie. C’est quand même 75 hectares, qui offre de multiples opportunités avec un potentiel de développement remarquable pour cette partie de l’île.

À court terme, tout d’abord, rappelons que le golf Olivier-Bréaud figure parmi les sites retenus en vue des prochains jeux du Pacifique de 2027, un site apte d’ores et déjà à accueillir les compétiteurs, même si en effet quelques travaux de remodelage en matière d’arrosage automatique doivent être réalisés dans les mois qui viennent.

À moyen terme ensuite, puisque l’ÉGAT devrait se voir confier dans les mois qui viennent — et ça a été déjà dit — l’exploitation de l’espace scénographique sur les pas de Gauguin, dont la réception des travaux s’est déroulée en décembre dernier. La direction s’est montrée plutôt enthousiaste à l’idée de devoir commercialiser ce nouveau produit touristique, si tant est que le pays accompagne le mouvement. Sur le plan budgétaire, nous devrions donc en reparler lors de la présentation du BP 2027.

Enfin, outre l’activité golfique qui rencontre un intérêt croissant, tant à l’international qu’auprès des pratiquants locaux, le site recèle encore d’un potentiel extraordinaire : d’une part, à travers les ruines de l’ancienne rhumerie qui a fait les beaux jours de Tahiti au début du siècle dernier, et je sais qu’il y avait un projet également de musée de la communauté chinoise, que je salue et à qui je souhaite particulièrement une bonne et heureuse année du cheval de feu ; et d’autre part, pourquoi pas, au travers de l’implantation d’une résidence hôtelière — on en a entendu parler à un moment donné — qui trouverait sa place à Atimaono. Mais je me souviens aussi qu’il y avait eu un appel du pied de certains élus de notre hémicycle pour utiliser également le domaine de Atimaono pour de l’agriculture. Donc toutes ces questions restent un petit peu en suspens. Et justement, il reste à déterminer la véritable ambition politique de notre gouvernement en matière d’aménagement et de développement touristique et autres pour cette partie de l’île de Tahiti, qui est encore relativement préservée et qu’on souhaite préserver justement. L’intervention de mon collègue l’a bien dit, l’équilibre entre développement économique et préservation de l’environnement, c’est tout l’enjeu du lieu. Mais la question fondamentale est là : quelles sont justement les ambitions du pays pour ce domaine de Atimaono, et d’une manière plus générale pour l’ÉGAT ?

Mais en tout cas, je vous remercie pour votre attention.

Et je voudrais juste aussi poser la question par rapport à l’ordre du jour. On a retiré le dossier, effectivement sur la CAPL, mais je vois qu’il y a deux dossiers également juste avant, défendus par le ministre normalement de l’agriculture, mais qu’on maintient quand même ? D’accord, très bien.

Merci.

La présidente : Merci, Tepuaraurii.

Est-ce qu’il y a d’autres interventions ? Non. La discussion générale est maintenant close.

J’invite le gouvernement à répondre aux interventions des orateurs. Merci.

M. Moetai Brotherson : Oui, merci.

Merci, Tepuaraurii, pour tes interrogations, notamment sur la gestion de l’espace scénographique qui est confié à l’ÉGAT. C’est effectivement un sujet qui n’est pas neutre et qui, je vous l’avoue, au début m’a questionné parce que dans sa conception même, cet espace scénographique — je vais dire malheureusement mais ce n’est pas un jugement, c’est le constat que je fais — a été conçu dès le départ comme un centre de charge. Il n’a pas été conçu pour faire du bénéfice. Donc, on s’est posé la question pendant un certain temps à qui on allait confier la gestion de cet espace scénographique. Est-ce que c’était plus le musée ? Est-ce que c’était plus Tahiti Tourisme ? Ou peut-être même un privé ? Et la conception même du projet nous a tournés vers l’ÉGAT.

Donc, comme tu l’as dit, ça va forcément appeler des budgets, puisqu’il faut a minima une quinzaine de personnes pour faire tourner cet espace scénographique. Alors on parle des postes différents, mais 15 personnes, ce n’est pas neutre. Certaines fonctions pourront être mutualisées avec le personnel qui est déjà au sein de l’ÉGAT. Sur d’autres fonctions, il faudra recruter. Donc tout ça n’est pas neutre et on aura l’occasion d’en débattre lors des prochaines sessions ou collectifs. Ça, c’est un premier sujet.

Sur la stratégie générale concernant Teva I Uta et ce grand site de Atimaono, il y a cette volonté de ne pas en faire un... Je ne veux pas non plus tomber dans la caricature, mais l’idée ce n’est pas d’en faire un Mahana Beach bis. L’idée, c’est d’en faire un espace de vie avec, c’est vrai, plusieurs activités qui peuvent coexister, à la fois des activités touristiques. Mais il ne faut pas perdre de vue qu’aujourd’hui la population de Papara et de Teva I Uta en général s’est appropriée cet espace, c’est devenu un lieu de rendez-vous tous les week-ends pour la population, qui vient y faire du sport, qui vient s’y détendre en famille. Donc, il faut arriver à intégrer tous ces usages et pas les mettre en opposition.

On a reçu des propositions d’un consortium d’investisseurs locaux qu’on est en train d’examiner, qui vont dans ce sens d’une multi-activité sur le site. Donc, on est en train d’examiner ça.

La présidente : Merci, Monsieur le Président.

Oui, Tapati.

M. Tafai, Mitema Tapati : Bonjour à toutes et à tous.

Monsieur le Président, chers ministres, notre nouvelle collègue Madame la ministre, Monsieur le président, à vous tous, recevez mes salutations empreintes d’amour.

Non, merci bien, Monsieur le Président, pour ces rappels ou ces précisions apportés sur une certaine orientation. Je m’interroge simplement, au vu des échanges de ce matin sur ce site du golf de Atimaono : il semble que d’année en année, le discours reste le même, sans réelle avancée.

La seule nouveauté que j’ai entendue ce matin concerne ce cimetière chinois évoqué par notre collègue. Je m’interroge donc, au regard de ce que vous indiquez, qu’en sera-t-il demain ? Comment, avec cette superficie importante — près de 70 hectares —, avons-nous réellement atteint les limites d’exploitation de cet espace ? N’y a-t-il pas un projet qui nous permettrait, dans trois ou quatre ans, de ne plus tenir le même discours ? D’aller plus loin…ne pas en rester là.

Que dans les années à venir, ce site devienne un lieu de vie paisible, un lieu de bien-être, mais aussi un espace qui incarne l’autonomie : l’autonomie de la vie en communauté, l’autonomie alimentaire, … Car ce que je constate, c’est que ce site ne se limite pas uniquement au littoral, ce n’est pas qu’à cette zone. Selon moi, il s’étend largement — entre 300 et 700 hectares vers l’intérieur — incluant des zones boisées, des friches, des vallées…

S’il y avait une véritable volonté d’aménagement, ce site pourrait devenir — car il s’agit d’un espace vaste —, d’autant plus, qu’il s’agissait autrefois d’un grand district, connu comme le clan des huit Teva, Atimaono étant lui-même une ville. C’était le quatrième district des Teva I Uta. Il n’y avait pas seulement deux communes à Teva I Uta, mais quatre. Atimaono en faisait partie, en raison de la population importante qui y vivait autrefois. Et aujourd’hui, on a l’impression que…

Voilà mon avis : si dans deux ans, nous en sommes encore à parler uniquement de financements, de subventions du pays à hauteur de 150 millions par an, il faudrait qu’à terme, ce site puisse fonctionner par lui-même. Voilà ma préoccupation. Une question se pose, que voulons-nous pour demain ?

Voilà, merci.

M. Moetai Brotherson : Merci beaucoup, Tapati, pour ces propos, des propos profonds. Le sujet qui nous réunit ce matin n’est pas celui-là. Notre sujet porte sur le vote du budget du service de l’ÉGAT. Cela dit, il est pertinent d’aborder la question du site de Atimaono.

Il y a deux volets. Il y a d’abord un premier volet dont vous avez déjà été informés : la mise en place d’un pôle du pays du côté de Atimaono dédié aux services et à l’administration du pays dans le domaine de l’agriculture. Les structures administratives y seront implantées. Cela ne couvre pas l’ensemble de la zone dont vous avez souligné l’ampleur : il s‘agit d’un espace vaste. Ce premier volet consiste donc à implanter un pôle d’activités du pays, entièrement dédié au secteur agricole — éventuellement à la pêche et aux structures de Monsieur le ministre Taivini — qui seront installées sur ce site. Voilà pour le premier point.

Le second volet concerne les projets liés à l’accueil et au développement de la vie économique et sociale pour la population de cette zone de Teva I Uta. Des porteurs de projets ont manifesté leur intention de développer un projet d’envergure sur ce site. Ils ne souhaitaient pas se limiter à de simples infrastructures d’accueil touristique. Il est question, par exemple, d’un projet de centre hospitalier, ou encore d’un établissement scolaire. Il existe de nombreuses possibilités d’aménagement adaptées à ce site. L’agriculture y a également toute sa place — peut-être pas uniquement sur le littoral. Mais, comme vous l’avez souligné, il existe des terres en arrière qui pourraient être exploitées et valorisées dans le domaine agricole.

Cette année, notre budget — qui sera consolidé en fin d’exercice — repose sur deux axes : l’agriculture et la mer. Ce sont les fondements de notre action pour cette année. Les études ont déjà débuté au sein des services du pays, afin que nous puissions revenir devant vous pour présenter ces projets, et ainsi renforcer notre autonomie, notamment alimentaire, et réduire notre dépendance aux produits importés, de manière à ce que, demain, en cas de perturbation du transport maritime ou de crise mondiale — comme celle que nous observons actuellement, et dont l’évolution reste incertaine —, nous ne soyons pas en difficulté. Nous reviendrons donc vers vous pour exposer ces projets.

La présidente : Merci bien.

Maurea.

Mme Maurea Maamaatuaiahutapu : Merci, Madame la présidente et mes salutations à l’occasion de notre rencontre en cette nouvelle matinée. Monsieur le Président du pays, chers ministres, bonjour. Madame la ministre de l’éducation, bienvenue — j’ai envie de dire — dans l’arène, mais c’est une arène pacifique. Bienvenue parmi nous ! Je te souhaite bien du courage pour cette mission qui t’est confiée.

Alors, dans la poursuite de ce qui vient d’être dit, et notamment par l’intervention de notre collègue Tapati, bien sûr, Monsieur le Président, nous sommes ici pour examiner les comptes financiers, mais tu sais bien qu’en tant que personnalité politique, nous interpellons souvent le gouvernement et c’est notre rôle aussi. Donc voilà, dans la poursuite de ce qui a été dit, tu parlais de consortium local qui investirait sur Atimaono. J’espère que le volet culturel est intégré à ce projet. On a parlé d’économie endogène, d’agriculture. Tu en as parlé aussi, et ça me satisfait.

Nous t’avons proposé des projets structurants dont l’un concerne justement Atimaono. J’espère que vous avez eu le temps d’en prendre connaissance. En tout cas, c’est avec beaucoup d’intérêt que nous allons porter un regard sur ce qui va nous être présenté, j’espère, le plus tôt possible, parce qu’on a bien compris que Atimaono sera une zone, pas exclusivement administrative, mais en partie et j’espère que cet ensemble, en tout cas cette zone, pourra accueillir toutes les dynamiques possibles. Et c’est vrai que c’est une belle zone Atimaono, qu’on peut y faire beaucoup de choses, et j’espère qu’on trouvera un équilibre entre culture, tradition, administration, et puis vie sociale aussi.

En tout cas, merci beaucoup et tous nos encouragements pour ces futurs projets qui nous seront présentés.

Merci.

La présidente : Merci, Maurea.

Nous passons à l’examen de la délibération.

EXAMEN DU PROJET DE DÉLIBÉRATION

Article 1er

La présidente : La discussion est ouverte sur l’article 1er.

Pas d’intervention ? Donc nous passons au vote. Qui est pour ? À l’unanimité. Merci bien.

L’article 1er est adopté.

Article 2

La présidente : Même procédure pour l’article 2.

Pas de discussion ? Donc nous passons au vote. Donc à l’unanimité. Merci bien.

Article 3

La présidente : Même procédure pour l’article 3.

Pas d’intervention ? Donc nous passons au vote. À l’unanimité. Merci.

Article 4

La présidente : Article 4. Pas d’intervention ? À l’unanimité. Merci bien.

Article 5

La présidente : L’article 5. À l’unanimité ? Merci bien.

Article 6

La présidente : Nous passons à l’article 6. Pareil, pas d’intervention ? Donc l’article est pour, à l’unanimité.

L’ensemble de la délibération est donc adopté à l’unanimité. Merci bien.



Les rapports peuvent être consultés sur le site internet de l'assemblée de la Polynésie française à l'adresse www.assemblee.pf
Les interventions en langues polynésiennes ont fait l'objet d'une traduction surlignée en gris.

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