Rapport n° 123-2025 relatif à un projet de délibération portant approbation du compte financier du Centre des métiers de la mer de Polynésie française pour l'exercice 2023 et affectation de son résultat – Rapport n° 6-2026 relatif à un projet de délibération portant approbation du compte financier du Centre des métiers de la mer de Polynésie française pour l'exercice 2024 et affectation de son résultat Paru in extenso au JOPF n° 10 NA du 02/06/2026 à la page 1053
| Rapport n° 123-2025 relatif à un projet de délibération portant approbation du compte financier du Centre des métiers de la mer de Polynésie française pour l’exercice 2023 et affectation de son résultat – Rapport n° 6-2026 relatif à un projet de délibération portant approbation du compte financier du Centre des métiers de la mer de Polynésie française pour l’exercice 2024 et affectation de son résultat RAPPORT N° 123-2025 RELATIF À UN PROJET DE DÉLIBÉRATION PORTANT APPROBATION DU COMPTE FINANCIER DU CENTRE DES MÉTIERS DE LA MER DE POLYNÉSIE FRANÇAISE POUR L’EXERCICE 2023 ET AFFECTATION DE SON RÉSULTAT Présenté par MM. les représentants Félix, Hoa Tetua et Tevahiarii Teraiarue RAPPORT N° 6-2026 RELATIF À UN PROJET DE DÉLIBÉRATION PORTANT APPROBATION DU COMPTE FINANCIER DU CENTRE DES MÉTIERS DE LA MER DE POLYNÉSIE FRANÇAISE POUR L’EXERCICE 2024 ET AFFECTATION DE SON RÉSULTAT Présenté par MM. les représentants Edwin Shiro-Abe Peu et Félix, Hoa Tetua La présidente : Nous passons à l’examen du compte financier du Centre des métiers de la mer de la Polynésie pour les exercices 2023 et 2024. Je vous rappelle qu’il s’agit d’une discussion groupée des rapports n° 123-2025 relatif à un projet de délibération portant approbation du compte financier du Centre des métiers de la mer de Polynésie française pour l’exercice 2023 et affectation de son résultat ; et le rapport n° 6-2026 relatif à un projet de délibération portant approbation du compte financier du Centre des métiers de la mer de Polynésie française pour l’exercice 2024 et affectation de son résultat. Je demande au gouvernement d’exposer l’économie générale des deux projets. Merci bien. Mme Vannina Crolas : Merci, Madame la présidente. Alors, ce sont deux comptes financiers de deux années (2023-2024) complètement différents, puisque tant au niveau de l’activité même qu’au niveau des résultats, mais qui vient consacrer un fonds de roulement également important, puisqu’en fait il s’agissait d’une année de transition entre le passage de l’ancien site vers le nouveau site de Arue, et puis un changement également de direction, puisque Heifara a pris la direction de notre Centre des métiers de la mer en 2024. Donc, un changement total de situation qu’on peut saluer puisque l’année 2024 se termine par un fonds de roulement confortable, mais aussi par une activité en hausse, et surtout les ressources humaines mobilisées, puisque le nombre de postes vacants a sensiblement diminué entre les deux années. Donc, je pense qu’on est plutôt sur la bonne voie. Et maintenant, je laisse les rapporteurs en parler plus précisément. Merci. La présidente : Merci bien. J’invite Monsieur Félix Hoa à faire une présentation du rapport. Merci. M. Félix, Hoa Tetua : Merci, Madame la présidente. Madame la Secrétaire générale, Monsieur le Président du gouvernement du pays, Mesdames les ministres, à notre nouvelle ministre, bonjour. Je suis aussi un enfant de Rangiroa, merci pour cette rencontre en cette journée. Chers collègues élus de l’assemblée, ainsi qu’à nos collaborateurs, à la presse, bonjour. Les présents projets de délibération sont relatifs à l’appropriation des comptes financiers 2023-2024 du Centre des métiers de la mer de la Polynésie française et affectation de leur résultat. Il ressort de l’examen de ces dossiers par la commission de l’agriculture et des ressources marines les points suivants :
Plus particulièrement pour l’exercice 2023, il est à relever un forte capacité d’autofinancement. Cette situation favorable s’expliquant notamment par l’instauration d’une régie plus contraignante et le recouvrement de certaines dépenses non acquises, une diversification des formations illustrant la vocation transversale du CMMPF, et son adaptation aux différents segments de l’économie maritime polynésienne. S’agissant du compte financier 2024, les recettes atteignent 354 400 000 F CFP et les dépenses 283 600 000 F CFP pour un résultat de fonctionnement excédentaire de 70 700 000 F CFP, affecté au compte 1 068 « Autres réserves ». Le fonds de roulement s’établit à 334 700 000 F CFP à la clôture de l’exercice budgétaire. Concernant l’exercice 2024, il est à noter :
S’agissant du compte financier 2024, les recettes atteignent 432 000 000 F CFP et les dépenses 359 000 000 F CFP, pour un résultat de fonctionnement excédentaire de près de 73 millions F CFP affectés au compte 1 068 « Autres réserves ». Le fonds de roulement s’établit à 392 800 000 F CFP à la clôture de l’exercice budgétaire. En définitive, les exercices 2023 et 2024 dessinent la trajectoire d’un établissement en consolidation et en expansion. Si 2023 apparaît comme un exercice de stabilisation financière et de structuration de l’offre, 2024 marque une étape décisive de développement portée par un investissement majeur et une intensification de l’activité pédagogique. À l’issue des débats, les présents projets de délibération ont recueilli un vote favorable unanime des membres de la commission. En conséquence, la commission de l’agriculture et des ressources marines propose à l’Assemblée de la Polynésie française d’adopter les projets de délibération ci-joints. Merci. La présidente : Merci bien. Parmi les membres de la commission permanente, une intervention ? Maurea. Mme Maurea Maamaatuaiahutapu : Merci, Madame la présidente. Mes salutations à Monsieur le directeur. Le Centre des métiers de la mer, le CMMPF occupe une place particulière dans notre modèle de développement. Dans un pays où la mer constitue l’essentiel de l’espace et des perspectives économiques, la formation maritime participe directement de notre émancipation économique, fondée sur la maîtrise de nos ressources maritimes et, plus largement, de notre souveraineté. Nous examinons aujourd’hui, en début de 2026, les comptes financiers des exercices 2023 et 2024 du centre. Ce décalage temporel n’est pas neutre. Il nous oblige à porter un regard rétrospectif, mais aussi à apprécier les évolutions intervenues depuis. Il ne s’agit donc pas de figer une situation passée, mais d’évaluer une trajectoire et d’en tirer les enseignements pour la suite. En 2023, sur le plan financier, la situation apparaissait saine. Avec près de 480 millions F CFP de recettes et un excédent global supérieur à 106 millions F CFP, le CMMPF disposait d’un fonds de roulement dépassant les 330 millions F CFP. Ces résultats assuraient une stabilité financière certaine. Mais cette stabilité ne suffisait pas à caractériser une pleine mobilisation du potentiel de l’établissement. La consommation des crédits demeurait modérée, notamment en investissement. Plusieurs postes restaient vacants. Certaines actions programmées n’avaient pu être mises en œuvre. Ainsi, le niveau élevé du fonds de roulement en 2023 traduisait moins une dynamique aboutie qu’une capacité encore partiellement activée. Les moyens existaient, mais leur traduction opérationnelle restait en deçà des besoins identifiés. L’exercice 2024 modifiait sensiblement cette lecture. Les recettes atteignaient près de 546 millions F CFP. La consommation des crédits dépassait 80 %, contre un peu plus de la moitié l’année précédente. Le fonds de roulement progressait pour atteindre près de 393 millions F CFP. Cette évolution ne peut être analysée de la même manière que l’année précédente. En 2024, le fonds de roulement ne traduisait plus principalement une sous-mobilisation. Il accompagnait une montée en puissance de l’activité et une meilleure utilisation des crédits disponibles. Il devenait non plus le signe d’un décalage, mais celui d’une capacité stratégique consolidée. Cette montée en puissance ne relevait pas du hasard, mais traduisait bien le travail accompli par les équipes du centre sous la direction de Monsieur Heifara Trafton, pour structurer l’activité et renforcer l’exécution budgétaire. Il convient de saluer ce travail et de l’encourager dans la durée. La question n’était donc plus celle de l’existence des moyens, mais de leur orientation et de leur impact durable au bénéfice de nos communautés insulaires. Le déménagement vers les nouveaux locaux de Arue, en février 2024, représentant un investissement structurant majeur, constituait une étape importante. Les outils étaient en place. La capacité technique était renforcée. Vous avez raison de le rappeler, Madame la ministre. Un environnement plus adapté aux formations est indispensable pour la réussite de nos stagiaires, mais la pleine réussite doit se traduire par une réelle insertion professionnelle. La question devenait alors celle du déploiement. Ce déploiement ne peut toutefois être dissocié du modèle économique de l’établissement. Sur ces deux exercices, le CMMPF est demeuré majoritairement financé par des subventions publiques, et le reste aujourd’hui. Cette situation correspond à la mission d’intérêt général qui lui est confiée. Mais elle appelle une clarification stratégique. Un outil structurant pour Mā'ohi Nui (NDT, la Polynésie française) ne peut se limiter à une logique de fonctionnement et doit progressivement renforcer sa capacité à générer de l’activité, à développer des partenariats et à valoriser ses compétences. Le soutien du pays ne doit pas être perçu comme une simple compensation budgétaire. Il doit constituer un levier de transformation. En 2026, alors que les infrastructures sont modernisées et que l’organisation s’est consolidée, une étape nouvelle s’ouvre. Les exercices 2026 et 2027 devront confirmer que la montée en puissance observée se traduit durablement par un développement réel des filières maritimes. Former davantage, structurer les compétences locales, accompagner la pêche professionnelle, l’aquaculture, la perliculture, la marine marchande : c’est ainsi que le CMMPF peut devenir un acteur central d’une économie bleue adaptée à Mā'ohi Nui (NDT, la Polynésie française). La mer, pour Mā'ohi Nui (NDT, la Polynésie française), ne se résume pas à une filière économique. Elle est aussi le socle de pratiques traditionnelles, de savoirs transmis, d’activités vivrières et artisanales qui structurent encore aujourd’hui la vie de nos îles. Pêche lagonaire, navigation, savoir-faire liés aux embarcations, gestion coutumière des espaces maritimes : ces activités méritent d’être reconnues et valorisées et, lorsque cela est possible, articulées aux formations modernes. Le développement maritime ne doit pas opposer tradition et modernité, il doit les faire dialoguer. C’est dans cette capacité à intégrer nos pratiques ancestrales dans une dynamique contemporaine que le CMMPF peut affirmer sa singularité et contribuer pleinement à l’émancipation économique de Mā'ohi Nui (NDT, la Polynésie française). Les comptes financiers que nous examinons aujourd’hui ne sont pas de simples documents comptables. Ils traduisent des priorités, des arbitrages et, au fond, une vision. Choisir d’investir dans la formation maritime, choisir de consolider cet outil, choisir d’accompagner sa montée en puissance progressive, c’est affirmer une orientation stratégique pour notre pays. Ces choix engagent notre modèle de développement. Ils disent la place que nous accordons à la mer dans la construction économique de notre pays. Assumer cette ambition relève d’un choix politique. Il appartient au gouvernement de donner une orientation claire. Il nous appartient, en tant que représentants du peuple, d’en assurer le suivi et la cohérence. La responsabilité est donc collective. Les comptes financiers 2023 et 2024 dessinaient une trajectoire, une base financière solide en 2023, une dynamique plus affirmée en 2024. Notre vote favorable s’inscrit dans cette lecture. Il ne constitue pas une validation formelle, il exprime une volonté politique : celle d’inscrire durablement le CMMPF au cœur de la stratégie de développement maritime de Mā'ohi Nui (NDT, la Polynésie française). Au regard de ces éléments, le groupe Tavini huiraatira votera favorablement aux projets de délibération relatifs aux comptes financiers 2023 et 2024 du CMMPF. Merci de votre attention. Mes salutations. La présidente : Merci bien, Maurea. D’autres interventions ? Oui, Tepuaraurii. Mme Tepuaraurii Teriitahi : Merci, Madame la présidente. Avant mon intervention, j’ai entendu que des élèves étaient arrivés. Si je ne me trompe pas ce sont des élèves de Makemo. Je ne me trompe pas ? C’est ça, Makemo ? Voilà. Donc soyez les bienvenus dans notre hémicycle et puis à vos accompagnants, vos professeurs qui sont avec vous, merci d’être là avec nous aujourd’hui. Donc le 12 septembre 2025, la commission ad hoc de notre assemblée s’est vue confier l’examen du compte financier 2023 du Centre des métiers de la mer de Polynésie française, soit quasiment deux années après la clôture de l’exercice. Vous conviendrez, mes chers collègues, que ces délais de transmission ne sont vraiment pas de nature à faciliter la compréhension des dossiers. Toujours est-il que, contrairement à mes collègues de la commission, je ne saluerai que de manière mesurée la bonne gestion des comptes — je m’expliquerai plus tard — de cet établissement, quand bien même son très sympathique directeur, Monsieur Heifara Trafton, est pleinement impliqué dans ses fonctions et dans sa mission. La raison en est simple, le CMMPF n’a pas été en mesure d’utiliser toutes les ressources financières dont il disposait alors, pour mettre en place les formations nécessaires à l’emploi de nos jeunes en lien avec la mer. Ce n’est pas moi qui le dis, mais ce même directeur que je viens de citer. Ce qui explique qu’en section de fonctionnement, le résultat affiche un excédent de 70 753 000 F CFP, montant qui s’ajoute au fonds de roulement très confortable qui culmine à près de 335 millions F CFP. Aussi, compte tenu de cette situation budgétaire, le versement de la dotation annuelle du pays pour le BP 2026, qu’on a fixé à 342 millions F CFP, est-ce qu’elle doit l’être dans les mêmes proportions ou ne mériterait-elle pas d’être révisée au vu du fonds de roulement que je viens d’annoncer ? Car si l’établissement semble avoir rencontré quelques difficultés de fonctionnement cette année-là — donc en 2023 ou 2024 certainement —, entre l’absence de régisseurs et une pénurie de formateurs avec pas moins de 12 postes vacants, en revanche, 2024, ça s’annonce bien plus prometteur. Donc c’était en 2023 que ça n’allait pas ; en 2024, ça s’améliore. À propos, justement, le compte financier 2024, il peut se résumer en un seul tableau, celui qui figure donc à la page 5 du rapport. En effet, exception faite de l’année 2020, année au cours de laquelle une décision budgétaire modificative a été prise pour tenir compte des conséquences liées à la crise Covid, l’établissement a toujours pu dégager un résultat de fonctionnement excédentaire. Les quatre derniers exercices étaient particulièrement fastes pour le CMMPF, avec plus de 52 millions F CFP d’excédents en 2021, plus de 115 millions F CFP en 2022, 70 et 73 millions F CFP en 2023 et 2024, il ne faut pas s’étonner que le centre affiche au 31 décembre 2024 un fonds de roulement plus que confortable avec près de 393 millions F CFP de réserves. Dans quelle perspective ? Ce pactole a-t-il une finalité que nous ignorons ? Dans le cas contraire, nous ne pouvons qu’inciter la direction d’établissement à faire bon usage de ce pactole le plus rapidement possible et d’utiliser au mieux ces crédits disponibles à tout instant. Une chose est sûre, le CMMPF bénéficie aujourd’hui de conditions d’installation optimales sur le nouveau site de Arue. C’est en effet le 9 février 2024 que l’établissement a officiellement quitté Motu Uta pour prendre ses nouveaux quartiers dans l’ancien bâtiment de l’Institut de recherche pour le développement, en bord de mer, sur une superficie qui a triplé. Un déménagement qui, faut-il le rappeler, a été conçu et mis en œuvre il y a quelques années déjà, et dont le nouveau président, notre Président Brotherson, a récupéré le dossier et, je le cite, a déclaré « être en parfaite adéquation avec la vision du gouvernement concernant le développement d’une économie bleue durable pour le pays ». S’agissant maintenant des formations dispensées, d’un côté, les modulaires, de l’autre, les spécifiques, un effectif total de 445 stagiaires a fréquenté l’établissement durant l’année pour acquérir de nouvelles compétences avec un taux de réussite qui varie entre 95 et 100 %. Bravo parce que c’est quand même un magnifique taux de réussite. Quand on sait qu’un grand nombre de sessions programmées durant l’année n’ont finalement pas pu voir le jour, on se dit qu’il reste encore de la marge pour insérer davantage de jeunes dans ce milieu certes rugueux, parce qu’effectivement, les métiers de la mer ne sont pas faciles, mais ô combien prometteurs. Voilà. Tous nos encouragements, en tout cas, pour ce centre. Merci. La présidente : Merci, Tepuaraurii. Avant de passer la parole à Madame la ministre, je voudrais donc, en notre nom, souhaiter la bienvenue aux élèves du collège de Makemo et l’enseignement. Donc bienvenue dans notre hémicycle au sein de cette Assemblée de la Polynésie française. Madame la ministre. Mme Vannina Crolas : Merci bien, Madame la présidente. J’adresse mes salutations aux élèves de Makemo. Je suis heureuse de vous rencontrer. Bonjour ! Alors, pour répondre aux questions de Maurea, il faudrait que notre ministre ait ton rapport parce que c’est effectivement la trajectoire et le fer de notre océan, le cœur de notre stratégie de développement, un levier d’émancipation de notre pays puisque nous sommes effectivement, pour le développement de notre économie endogène et l’océan, effectivement, une de nos principales ressources qu’il faut effectivement s’en servir, mais en même temps, lui permettre de se régénérer pour les générations futures. Donc à ce titre, nous avons des perspectives de développement qui sont dans notre programme déjà en matière de pêche. Donc le CMMPF est là pour accompagner les besoins de nos acteurs et de nos pêcheurs marins pour armer les bateaux. Et également, tout ce qui est marine marchande, il faut également équiper et armer nos bateaux, et pour cela, il faut de la main-d’œuvre formée. Donc, effectivement, et également avec la résolution de Nice à l’UNOC, avec la FAPE, nous avons également un projet de structuration de nouveaux métiers en matière de protection de notre environnement, les GAD rāhui (NDT, espace maritime protégé), les éco-référents qu’on va donc déployer. Mais il faut d’abord qu’on puisse bien cadrer le programme de ces formations avec la FAPE. Mais en tout cas, il y a un grand projet de développement de nouveaux métiers en matière d’économie bleue. On a également l’idée au niveau... Enfin, le projet qui est déjà en cours de mise en place et de réflexion avec Coral gardeners pour la création d’un métier spécifique de jardinier du corail. Donc, on a de nouveaux métiers qui devront être créés et qui n’existent nulle part ailleurs, donc, il nous faut créer, inventer. La chance qu’on a, c’est qu’à Coral gardeners, par exemple, ils sont déjà en activité, donc il suffit juste de traduire par écrit ce qu’ils font. Ensuite, voir au niveau des standards des référentiels de métier, comment caler ce qu’ils font par rapport aux besoins du pays ? Donc on a des nouveaux métiers qui sont en étude, et là, on a besoin de mobiliser tous les acteurs, pas seulement… Heureusement qu’il n’y a pas que les services publics. On a surtout les associations, les pêcheurs eux-mêmes, et puis nos archipels éloignés qui ne nous ont pas attendus pour protéger leur environnement, leur gagne-pain. Alors, pour répondre à Tepuaraurii. Effectivement, on a un pactole de 393 millions F CFP à la fin de l’année 2024. Alors, en 2025, on a ouvert un site, une antenne du CMMPF à la Marina Taina, à Punaauia. Il y a un projet en cours, mais ce n’est pas encore calé, à Manihi. Voilà. Et il est prévu, cette année, l’acquisition de bateaux pour les formations. Voilà ce qui est prévu, en plus de la structuration de nouveaux métiers, sachant que le CMMPF appuie également la formation des plongeurs professionnels, qui étaient auparavant assurés par le SEFI avec des organismes privés. Aujourd’hui, c’est le CMMPF qui prend en charge ces formations. Voilà, donc, pour les perspectives, mais c’est bien d’en faire un outil de développement et d’émancipation dans notre pays. Merci bien. La présidente : Alors, Madame la ministre. Nous allons passer… Tapati. M. Tafai, Mitema Tapati : Ne m’en veuillez pas, mais mon intervention rejoint celle que j’ai évoquée tantôt. Effectivement, il y a sans doute ces formations, ces nouveaux métiers et bien d’autres encore. J’entends d’ailleurs qu’une formation se prépare actuellement pour le métier de jardiniers coralliens. Je l’espère, car il m’arrive de me rendre régulièrement aux Tuamotu. Chaque fois que je vais aux Tuamotu, mes déplacements sont presque exclusivement consacrés à la pêche. Et je constate, notamment en passant par Arutua et d’autres îles, que le chinchard est sous-exploité. Nous ne parvenons pas à l’exploiter. Je rêve qu’un jour nous mettions en place une formation dédiée à la mise en conserve du poisson. Nous continuons à consommer du poisson en conserve importé. Qu’attendons-nous pour nous former et acquérir un bateau pour produire des conserves de surmulet, de chinchard, ou de perroquet ? Car, ces espèces sont quasiment laissées de côté. Et lorsqu’elles sont vendues ici, les habitants de Tahiti en achètent peu. Ils disent qu’elles se conservent mal et s’abîment rapidement. Je ne prétends pas tout maîtriser. Je pose simplement la question : si nous nous engagions dans cette voie, notre progression serait fulgurante. Merci. La présidente : Madame la ministre. Mme Vannina Crolas : Merci bien, Monsieur Tapati pour cette question. C’est une très bonne idée. Vous avez parfaitement raison. Cependant, ce sujet ne relève pas du CMMPF. L’agrotransformation notamment la mise en conserve du poisson qui est sous-exploité aux Tuamotu concerne le ministre en charge des ressources marines. Je lui laisserai donc le soin de vous répondre. Je ne suis pas en mesure de vous détailler les projets concernant l’usine d’agrotransformation. Merci bien, Tapati. La présidente : Merci bien. Oui, Heinui. M. Heinui Le Caill : Merci. Juste une réflexion. Je profite de la venue des élèves de Makemo de 3e qui ont continué leur visite. On a également accueilli, cette semaine, les élèves de Hao de 3e qui viennent donc, chaque année, visiter les lycées de Tahiti pour pouvoir poursuivre leurs études secondaires. À quand le lycée de la mer ? Parce qu’on se pose toujours la question, tous ces élèves des Tuamotu, des archipels, combien d’entre eux, après leurs études rentrent dans leur archipel, travailler ? J’aimerais qu’on puisse poser cette réflexion sur le lycée de la mer. C’est un projet qui date depuis longtemps. On m’a parlé du lycée agricole de Opunohu qui pourrait reprendre cette mission, mais j’ai un doute sur la capacité de ce lycée à assurer cette mission, puisqu’ils ont déjà du mal à former de bons agriculteurs. Voilà, c’est vraiment une réflexion qu’on aimerait avoir avec le gouvernement dans le futur. La présidente : Oui, une autre question, Maurea ? Mme Maurea Maamaatuaiahutapu : Oui. Merci, Madame la présidente. Dans la poursuite de l’intervention de mon collègue Heinui, je voulais vous informer que nous ambitionnons de présenter un forum des formations et des métiers de la mer cette année, mais pas sous le format classique que l’on connaît, mais avec cette ambition de proposer une carte des formations qui soit cohérente avec les besoins de notre pays. Et pour cela, nous allons donc vous saisir, Monsieur le Président, ainsi que votre ministre des ressources naturelles, pour qu’on coorganise cet événement ensemble. Certains de vos services ont déjà été sensibilisés par ce projet, et notamment le CMMPF, que je remercie. Et d’entendre justement parler de nouveaux projets, de métiers innovants, je pense que cette volonté que vous avez aura toute sa place dans ce forum où, justement, il est question de présenter à nos enfants de nouvelles perspectives de formation et des métiers d’avenir. Donc, voilà, c’est avec un grand stress aussi que l’on prépare cet événement et j’espère qu’on pourra le préparer sereinement ensemble. Et je tiens à saluer, du coup, nos étudiants qui nous ont quittés, mais je m’associe à la réflexion de Heinui. Il est temps que nos formations soient adaptées à notre environnement, à notre culture, à nos enfants, et intègrent tous nos enfants, notamment ceux de nos îles les plus éloignées. La présidente : Monsieur le Président. M. Moetai Brotherson : Oui. Merci. Juste en réaction à l’interrogation de Heinui, je crois qu’à un moment donné, il faut qu’on évite de partir de la solution pour, ensuite, définir quel est le problème. Il faut partir du problème, du besoin et, ensuite, définir la solution. C’est vrai que cette idée du lycée de la mer, elle est là depuis des années, mais ça, c’est la solution. Est-ce qu’elle correspond réellement au problème ? Donc, on a obtenu, l’an dernier, la validation d’un deuxième campus des métiers et qualifications, justement campus des métiers et qualifications de la mer, après celui des métiers de la restauration et de l’hôtellerie. Donc le premier campus des métiers a prouvé son efficacité. Il est plébiscité par les professionnels du secteur. Et c’est dans ce même esprit qu’à mon avis, il faut se servir de la mise en place de ce campus des métiers qui n’est pas un bâtiment. Quand on dit un campus des métiers et des qualifications, ce n’est pas un bâtiment. C’est un pivot, une articulation entre le secteur professionnel et toutes les sources de formation qui existent dans ce secteur. L’objectif, c’est quoi ? C’est de mettre en adéquation le catalogue de formation — c’est un peu ce que disait Maurea —, le parcours de formation avec les besoins réels du secteur. Et à l’inverse, c’est de permettre à tous nos enfants qui sont dans ces parcours de formation de ne pas être juste dans l’abstrait, mais de pouvoir faire des stages, faire des périodes d’essais et, in fine, avoir quasiment l’assurance d’être embauché. C’est exactement ce qui se passe pour le campus des métiers et qualifications de l’hôtellerie et de la restauration. Les étudiants qui sont dans cette dynamique, ils n’ont aucun doute sur le fait d’être embauchés à la fin de leurs études. Ils sont très demandés parce que les professionnels les connaissent déjà, les ont accueillis en stage, etc. Donc, est-ce que ça prendra la forme d’un lycée ? Je ne sais pas. Aujourd’hui, je ne peux pas, moi, te dire si c’est réellement la solution. Est-ce que c’est une montée en gamme des formations qui existent déjà autour des métiers de la mer ? Ça, il y en a au lycée John-Doom, il y a le CMMPF, il y a cette classe maritime au lycée de Opunohu donc pour un BAC PRO, qui s’ouvre. Tout ça, ça fait partie de l’offre de formation. Donc il faut, je pense, une combinaison de tout ça. C’est-à-dire à la fois renforcer les formations existantes, les adapter, les rendre plus efficients. Et puis, s’il y a des domaines dans lesquels, pour l’instant, l’offre de formation n’existe pas, là, oui, il faut mettre ça en place. La présidente : Merci bien. EXAMEN DES PROJETS DE DÉLIBÉRATION La présidente : Nous passons à l’examen du projet de délibération portant approbation du compte financier du Centre des métiers de la mer de Polynésie française pour l’exercice 2023 et affectation de son résultat. Article 1er La présidente : La discussion est ouverte sur l’article 1er. Nous passons au vote. Qui est pour ? À l’unanimité. L’article 1er est adopté à l’unanimité. Article 2 La présidente : Même vote pour l’article 2 ? Merci bien. Donc, à l’unanimité. Article 3 La présidente : L’article 3, même vote ? Merci. À l’unanimité. Article 4 La présidente : Pour l’article 4, même vote ? Merci bien. À l’unanimité. Article 5 La présidente : Pour l’article 5, même vote ? Merci bien. Donc à l’unanimité. Article 6 La présidente : Pour l’article 6, même vote ? Merci bien. L’ensemble de la délibération est adopté à l’unanimité ? Merci bien. L’ensemble de la délibération est adopté à l’unanimité. Maintenant, nous passons à la deuxième délibération portant approbation du compte financier, toujours du Centre des métiers de la mer de la Polynésie pour l’exercice 2024 et affectation de son résultat. Article 1er La présidente : La discussion est ouverte sur l’article 1er. Pas d’intervention ? Donc l’article 1er est adopté à l’unanimité. Merci bien. Article 2 La présidente : Même procédure pour l’article 2 ? À l’unanimité. Merci. Article 3 La présidente : Pour l’article 3, même vote ? Merci bien. À l’unanimité. Article 4 La présidente : Pour l’article 4, même vote ? Merci bien. Article 5 La présidente : Pour l’article 5, même vote. Article 6 La présidente : Pour l’article 6, même vote. L’ensemble de la délibération est adopté à l’unanimité. Merci bien. Nous allons passer à la suite. Donc pour le rapport n° 124-2025, celui-là, il a été reporté. C’est bien ça, hein ? OK. Les rapports peuvent être consultés sur le site internet de l'assemblée de la Polynésie française à l'adresse www.assemblee.pf | ||||







