Rapport n° 1-2026 relatif à un projet de délibération portant approbation du compte financier 2023 du lycée de Uturoa – Raiatea et affectation de son résultat Paru in extenso au JOPF n° 10 NA du 02/06/2026 à la page 1060
| Rapport n° 1-2026 relatif à un projet de délibération portant approbation du compte financier 2023 du lycée de Uturoa – Raiatea et affectation de son résultat Présenté par MM. les représentants Pierre Terou, Heinui Le Caill et Ruben Teremate La présidente : Nous allons donc passer au rapport n° 1-2026 relatif à un projet de délibération portant approbation du compte financier 2023 du lycée de Uturoa – Raiatea et affectation de son résultat. Je demande à Madame la ministre d’exposer l’économie générale du projet. Mme Samantha Bonet-Tirao : Mes salutations à toutes et à tous en ce jour. Tout d’abord, merci à vous de m’avoir accueillie dans notre hémicycle. Un petit clin d’œil bien évidemment aussi au collège de Makemo qui nous a quitté, mais aussi à tous les élèves et les familles que j’ai eu le privilège de rencontrer sur le terrain ces six derniers mois et dont l’expérience à leur côté m’ont fait grandir. Je suis heureuse de me retrouver aujourd’hui dans notre assemblée et l’expérience évidemment va commencer par la présentation d’un projet de délibération portant approbation du compte financier 2023 du lycée de Uturoa et de l’affectation de son résultat. Un lycée évidemment situé aux îles Sous-le-Vent qui est tenu par Monsieur Leroy, que je tenais sincèrement à remercier pour le travail effectué auprès de ses équipes, et qui intègre au fait l’ensemble des personnels pédagogiques, éducatifs et sociaux dans les projets qui mettent en avant la réussite des élèves. Voilà. Merci bien. La présidente : Merci bien, Madame la ministre. J’invite le rapporteur… Oui, Ruben. M. Ruben Teremate : Merci, Madame la présidente. Monsieur le Président, le gouvernement, chers ministres, les élus, à toutes et à tous, bonjour. Par lettre n° 8066/PR du 17 novembre 2025, le Président de la Polynésie française a transmis aux fins d’examen par l’Assemblée de la Polynésie française, un projet de délibération portant approbation du compte financier 2023 du lycée de Uturoa – Raiatea et affectation de son résultat. Les effectifs globaux du personnel du collège augmentent entre 2022 et 2023. En 2023, le lycée comptait 133,5 postes répartis en 70 postes pour le personnel enseignant et 63,5 postes pour le personnel non enseignant. L’effectif scolaire augmente avec 852 élèves en 2023 (contre 837 élèves en 2022). L’établissement accueille 140 internes originaires de Maupiti, Tahaa, Huahine et Bora Bora ainsi que des élèves des autres communes de Raiatea. S’agissant des résultats des évaluations à l’entrée en 6e de 2023, il est constaté que les élèves de 6e ont davantage de besoins identifiés en français pour ce qui concerne le lexique et les constituants d’une phrase. En mathématiques, les besoins concernent notamment la résolution de problèmes et les grandeurs et mesures. Quant aux résultats des évaluations à l’entrée en 4e de 2023, il est constaté que les élèves de 4e ont davantage de besoins identifiés en français pour ce qui concerne la compréhension de l’écrit et les constituants d’une phrase. En mathématiques, les besoins concernent notamment la résolution de problèmes et l’espace et géométrie. En 2023, les résultats au DNB augmentent en série générale et technologique à 84,1 % de réussite et progressent en série professionnelle pour atteindre les 95,4 % de réussite. En outre, le taux de réussite au baccalauréat se maintient à un niveau stable et reste supérieur à la moyenne de Polynésie, pour 98,8 % pour les séries générales et 94,9 % pour les séries technologiques. Par contre, pour les résultats du brevet technicien supérieur, les filières CG et NDRC sont inférieures aux moyennes académiques. S’agissant de l’orientation des élèves post 3e, la seconde générale a été privilégiée en 2023 à 65,7 %, soit une nette augmentation par rapport à 2022. Entre 2022 et 2023, les moyens financiers de fonctionnement de l’établissement augmentent légèrement et atteignent ainsi un montant de 144,7 millions F CFP (contre 142,9 millions F CFP l’année précédente). S’agissant du compte financier, en section d’investissement, aucune recette n’est à relever tandis que les dépenses s’établissent à 1,318 million CFP, pour un résultat déficitaire d’un même montant. En section de fonctionnement, les recettes atteignent 144,727 millions F CFP et les dépenses 123,903 millions F CFP, pour un résultat excédentaire de 20,824 millions F CFP. Ce résultat sera affecté aux comptes 10681 « Établissement » et 10687 « Service de restauration et hébergement ». Le fonds de roulement s’établit à près de 46,9 millions F CFP à la clôture de l’exercice budgétaire et augmente de 21,05 millions F CFP par rapport à l’exercice précédent. Le nombre de jours en fonds de roulement augmente, passant de 68 jours en 2022 à 139 jours en 2023. Examiné en commission le 20 janvier 2026, le présent projet de délibération a suscité des échanges qui ont permis à la commission d’aborder principalement les points suivants :
À l’issue des débats, le projet de délibération portant approbation du compte financier 2023 du lycée de Uturoa – Raiatea et portant affectation de son résultat a recueilli un vote favorable unanime des membres de la commission. En conséquence, la commission de l’éducation, de l’enseignement supérieur, de la jeunesse et des sports, propose à l’Assemblée de la Polynésie française d’adopter le projet de délibération ci-joint. Merci. La présidente : Merci bien, Ruben. D’autres interventions ? Oui, Heinui. M. Heinui Le Caill : Merci. D’abord, Madame la ministre de l’éducation, je me joins aux propos de mes collègues : Samantha, bon courage. Bon courage pour les missions que tu as décidées de prendre en main. Les dossiers ne seront pas simples, ils sont complexes, mais certains sont urgents pour accompagner correctement nos enfants, et surtout leur permettre de réussir dans leurs études. Avant de rentrer dans le vif du sujet, j’ai deux demandes à te formuler. La première concerne les comptes financiers. Donc là, nous sommes en 2026 et nous allons délibérer sur des comptes qui ont été clos en 2023. Alors qu’en commission de l’éducation, jeunesse et sport, d’abord et ici ensuite, on discute des réalités éducatives de nos établissements scolaires du second degré de l’année en cours. Donc on est souvent en décalage. Est-ce que la DGEE — bien sûr qu’ils ont fait des efforts —, mais est-ce que la DGEE, en 2026, pourrait nous présenter des comptes financiers de l’année N-2, voire l’année N-1 ? Deuxième demande, lors de l’étude de ces comptes financiers en commission, nous auditionnons les acteurs qui font vivre ces établissements. Là, je veux parler des représentants des directions, des professeurs, des agents non-enseignants, des parents, des élèves, sans oublier les représentants de la DGEE pour la partie financière, la partie construction et maintenant la partie vie scolaire. Mais depuis un bon moment, il manque un acteur principal, un représentant principal, c’est celui du ministère. Et pour que nos discussions soient constructives et qu’on ait forcément même des réponses à nos questions, ce serait bien qu’il y ait un représentant du ministère qui puisse participer à notre commission. Bien sûr, et je m’en excuse, la commission de l’éducation est chronophage. On passe pratiquement toute une matinée, voire une partie de l’après-midi sur ces dossiers, mais il est important de laisser la parole à tous nos acteurs pendant ces auditions. Voilà mes demandes, merci Madame la ministre, si c’est possible. Maintenant, passons au compte financier 2023 du collège-lycée de Uturoa – Raiatea. Comme nous l’a dit notre rapporteur, sur le plan financier, les résultats sont bons. L’exercice 2023 marque un redressement réel, un résultat excédentaire et un fonds de roulement qui atteint 139 jours d’autonomie. La transition vers le logiciel de comptabilité Opale a été conduite avec sérieux et sans rupture dans ce collège-lycée. D’autres collèges-lycées en ont eu un peu plus de mal. Donc, il faut saluer leur mérite et leur gestion rigoureuse. Maintenant, au nom des membres de la commission, je remercie l’équipe de direction, les personnels, le conseil d’établissement ainsi que les représentants des parents et des élèves qui ont participé à nos travaux. Alors, ils étaient assez nombreux à participer en distanciel à notre dernière commission et cela montre leur attachement quand même profond à leur établissement, au LUT. C’est une communauté éducative qui est engagée, le climat scolaire est positif et les résultats en progression. Maintenant, derrière ces chiffres comptables, il y a une réalité, une réalité humaine et matérielle qu’il faut regarder en face. Le collège-lycée de Uturoa a été créé en 1961. Maintenant, il a 65 ans. C’est le plus ancien lycée des îles Sous-le-Vent. C’est une cité scolaire complète de la 6e au BAC (avec internat), des BTS, et il accueille des élèves du GOD de Maupiti. Même si le lycée de Bora Bora existe depuis quelques années, le LUT reste un pôle essentiel pour les îles Sous-le-Vent parce qu’il accueille une grande partie des élèves de l’archipel venant de Tahaa, Huahine, Maupiti, Raiatea bien sûr, de Bora Bora et même des Tuamotu. Ce qui m’amène donc à dire que sa situation dépasse largement celle d’un lycée ordinaire de Tahiti, et c’est là que se pose la problématique de l’égalité territoriale. Pour ces élèves, l’internat n’est pas un service annexe, c’est la condition qui leur permet de poursuivre des études et de réussir leurs études. Or, aujourd’hui, un dortoir sur trois est fermé pour des raisons structurelles : les places saturées, notamment pour les filles, et les conditions de vie doivent être améliorées, qu’il s’agisse des douches, pression d’eau ou des équipements. Donc ce sont des problématiques concrètes qui nous ont été directement remontées par les élèves eux-mêmes en commission. La réhabilitation de l’internat est prévue depuis un moment déjà, il me semble. Maintenant, on pense qu’il faut le faire, il faut agir, il faut vraiment investir dans l’égalité des chances. À cela s’ajoute une autre problématique que nous ne pouvons pas considérer comme secondaire, c’est le transport. Nous avons entendu le quotidien des élèves qui se lèvent à 3 ou 4 heures du matin, à Tahaa, enchaînant le truck, le bateau, puis la marche à pied pour rejoindre le LUT, parfois sous la pluie. Apparemment, le transporteur aurait choisi de faire des économies. Ces élèves donc arrivent au collège-lycée fatigués. Leur fatigue pèse sur leur attention en classe, sur leur motivation, sur leurs résultats, et entraînerait un décrochage scolaire. Donc le transport est une politique éducative à part entière, comme à Moorea par exemple. Nous demandons qu’une réflexion sérieuse soit engagée sur les dispositifs de transport insulaire afin de les adapter aux spécificités de nos archipels. C’est d’ailleurs un des points de notre mission d’information sur le transport scolaire et terrestre que je te transfèrerai. Vient ensuite la question de l’offre de formation. Depuis 2023, la baisse des effectifs a entraîné une diminution de la dotation horaire et la fermeture de certaines spécialités au baccalauréat. Pour un lycée des îles Sous-le-Vent, cela réduit concrètement les possibilités d’orientation des élèves sur place. Et cela a une conséquence très directe : quand une spécialité au BAC disparaît, ce n’est pas un simple changement d’option pour un jeune des îles Sous-le-Vent, c’est suivre une spécialité qu’il n’a pas choisie ou c’est quitter son archipel pour pouvoir poursuivre son projet d’études. La même logique se retrouve après le baccalauréat. Nous avons entendu en commission des étudiants inscrits en BTS à Uturoa avec la volonté de continuer leurs études aux îles Sous-le-Vent, contraints d’abandonner en cours de route, non pas par manque de niveau, mais pour des raisons de logement, de coût de la vie ou de difficultés financières. Nous avons même vu qu’une formation comme le BTS CG a dû fermer faute d’effectifs. Cela montre bien que nous ne sommes pas seulement face à une question de carte de formation, nous sommes face à la fragilisation de la possibilité pour un jeune des îles Sous-le-Vent d’aller jusqu’au bout de son parcours sans partir à Tahiti. Bien sûr, les postes et les heures relèvent de la compétence de l’État, du vice-rectorat. Or, la réforme du baccalauréat de 2021 et le système des spécialités ont été pensés en France pour les territoires où les élèves peuvent changer de lycée, sans prendre le bateau ou sans prendre l’avion. Et ce n’est pas la réalité des îles Sous-le-Vent. Si des adaptations existent pour les lycées ruraux et isolés en France, alors elles doivent s’appliquer aux lycées, au LUT de Uturoa aussi. C’est le sens de notre demande, sanctuariser à adapter les moyens, non pas pour créer un privilège, mais pour garantir l’égalité des chances. Et je pense que ce sujet-là devrait peut-être être abordé dans le cadre des discussions à venir concernant la prochaine convention décennale de l’éducation État-pays. Dans le même temps, nous devons dire ce qui fonctionne. Les équipes sont mobilisées, des actions de prévention sont menées. L’accompagnement des élèves à besoins particuliers est organisé et le climat scolaire reste globalement favorable. Mais les signaux d’alerte existent, comme il a été dit : vapotage, conduite à risque, décrochage en BTS pour des raisons financières, et ils montrent que l’accompagnement humain doit être renforcé au LUT. Ainsi, à travers ce compte financier, nous voyons que la question n’est plus seulement budgétaire, elle est territoriale, éducative et sociale. Donc, le groupe Tavini huiraatira votera favorablement ce compte financier 2023 parce qu’il traduit une gestion sérieuse. Mais nous voulons que ce vote soit accompagné d’actions, que l’internat soit réhabilité rapidement, que le transport soit enfin traité comme un facteur de réussite scolaire, que les moyens d’enseignement de ce pôle historique des îles Sous-le-Vent soient adaptés et sanctuarisés. Nous défendons ici le droit pour un jeune des îles Sous-le-Vent de choisir son avenir, sans être contraint de quitter son archipel trop tôt. Merci. La présidente : Merci bien, Heinui. Plus d’interventions, les membres de la commission ? Madame la ministre. Mme Samantha Bonet-Tirao : Merci bien pour vos observations et vos questions. Alors, effectivement concernant les comptes financiers qui relèvent ici de 2023, j’ai bien pris connaissance des demandes qui visent à présenter des comptes financiers plus à jour, en tout cas N-1, N-2. Et pour votre information, nous avons justement migré vers une application numérique Opale et nous espérons que cette application va permettre à nos agents comptables de restructurer un peu tout cela et de fournir les comptes financiers dans les délais. En tout cas la DGEE y travaille, mais pas seule ; elle travaille notamment avec les agents comptables des établissements qui restent toujours des retours précieux pour améliorer le retour des comptes financiers. Concernant la présence aux commissions du ministère de l’éducation, il y aura effectivement quelqu’un. Autant que possible je serai présente, parce que vous dites que les commissions sont chronophages, mais ce qui m’intéresse, ce sont les échanges que vous organisez. Parce qu’au-delà de présenter des comptes financiers, on va dire, qui sont un peu en retard, c’est au sein de ces commissions que j’entends les difficultés réelles du terrain et que je prends connaissance, pour pouvoir apporter en tout cas des réponses à court, moyen et long terme lorsque cela est possible. Vous évoquez effectivement des réalités qui sont connues au lycée de Uturoa mais aussi sur l’ensemble de la Polynésie. À Uturoa effectivement, concernant les internats, en tout cas l’internat qui a été fermé — vous l’avez vu notamment, vous avez eu l’opportunité de rencontrer nos services qui ont œuvré en conséquence aux côtés de l’établissement et qui a lancé les procédures nécessaires pour les travaux dans son ensemble — donc avec le permis de construire, on va pouvoir poursuivre déjà cette réhabilitation. Mais la question de l’internat ne vise pas, en tout cas à mon sens, uniquement les bâtis. Il y a toute la politique d’internat qui est chère à mon cœur et qui me semble essentielle d’y retravailler de manière globale, qui va bien sûr prendre en compte les besoins en termes de réhabilitation, d’entretien, d’équipement, mais il y a aussi surtout tout l’accompagnement nécessaire pour nos familles. Parce qu’effectivement, s’il y a des filières qui ferment, s’il y a des diplômes qui n’apparaissent plus parce que justement nous n’avons pas les formations nécessaires pour accompagner nos élèves, il y a l’accompagnement des familles, mais il y a aussi l’accompagnement de nos élèves et de nos familles, donc ensemble sur tout ce qui relève de l’orientation. Vous évoquez effectivement que les moyens mis à disposition par l’État, si c’est un soutien pour les cartes de formation qui sont mises en œuvre, bien qu’il y ait des points de départ qui sont discutés avec notre partenaire, pour avoir participé à la réflexion des cartes de formation, on essaye au maximum, avec les moyens dont nous disposons, d’infléchir ces cartes de formation pour qu’elles puissent répondre aux besoins de nos élèves, et notamment au lycée de Uturoa. Donc, c’est un chantier que l’on va poursuivre avec la prise en compte du bottom-up qu’il y a eu notamment lors des états généraux et qui constitue des pistes non négligeables et concrètes pour trouver déjà des solutions à court terme, sans avoir forcément à devoir réformer complètement les programmes ou les cartes de formation. Donc, on peut apporter des réponses à court terme, et c’est le travail au fait que l’on va mener notamment avec l’orientation. Les transports. Les transports, c’est le nerf de la guerre. Nous connaissons tous et toutes les difficultés que nous pouvons rencontrer. Et avec les services de la DGEE mais aussi la direction des transports, nous avons commencé en tout cas à poser un cadre de travail qui va nous permettre de manière stratégique et progressive de travailler la revalorisation des tarifs, qui ne va pas seulement être pour les élèves du lycée de Uturoa, mais bien une étude globale des transports, pour que l’on puisse trouver des solutions mais pas juste à notre échelle, avec un travail de proximité. En tout cas, c’est ma méthode de travail à moi, un travail de proximité avec nos transporteurs qui eux aussi rencontrent des difficultés, mais aussi avec tous nos personnels des établissements qui ont eux aussi une autre manière de voir les difficultés et qui peuvent être forces de proposition. Et donc, ce n’est pas juste pour Tahaa ou pour Moorea, mais c’est vraiment une réflexion globale sur laquelle je souhaiterais que l’on se pose, en partenariat bien sûr avec mon collègue en charge des transports, pour pouvoir apporter des solutions à court terme. Mais surtout à long terme parce que l’idée, c’est de ne plus fonctionner uniquement sur du provisoire, du provisoire qui peut s’étendre, mais bien de se poser sur des choses que je souhaite sincèrement durables. Voilà. Merci bien. La présidente : Merci bien, Madame la ministre. Oui, Heinui. M. Heinui Le Caill : Merci, Madame la ministre, pour ces annonces. Concernant le transport, comme tu le sais, la commission de l’éducation a mené une mission d’information. Au bout d’un an, nous avons fait un bilan avec les différents ministères. Effectivement, il faudrait qu’on en parle, qu’on discute de ça, c’est important pour la réussite de nos enfants. Peux-tu nous donner des détails par rapport au transport scolaire de Moorea, puisque c’est un nouveau transporteur qui a la charge de cette mission-là à partir de lundi ? Comment ça va se passer ? Le contrat va durer combien de temps ? Nous savons que certains chauffeurs de Moorea sont un peu inquiets. Est-ce qu’ils vont être repris par le nouveau transporteur ? Il y a plusieurs questions qui se posent. Voilà, c’est ma première question. Mme Samantha Bonet-Tirao : Concernant Moorea, les étapes, en tout cas les travaux, l’appel d’offres qui a été lancé par mon prédécesseur avec les services pour identifier des transports qui garantissent la sécurité des élèves et qui vont nous permettre d’acheminer nos élèves à l’école, en tout cas dès lundi, a été donnée sans suite. Ce qui a été décidé, grâce notamment à l’expertise et aux compétences de mes services que je tiens sincèrement à saluer parce qu’elles ont œuvré pour que nous puissions trouver des solutions rapides, nous allons travailler avec un transporteur qui nous a garanti et qui s’est engagé à nous fournir des bus réglementés, en sécurité, avec des chauffeurs qui fourniront les derniers d’ailleurs documents qui nous permettront de garantir la sécurité des transports à partir de lundi. D’ailleurs, aujourd’hui, les derniers bus doivent partir sur Moorea. Ça, c’est la première réponse. Nous allons donc fonctionner, de février à juillet, sur des modalités qui vont nous permettre d’assurer le transport sereinement. Et ensuite, nous allons relancer un appel d’offres pour un an d’abord, qui va nous permettre parallèlement de lancer des travaux pour travailler justement sur la revalorisation des tarifs que j’évoquais tantôt. Et ce travail qui va durer, on va dire, une année scolaire va nous permettre ensuite de relancer un appel d’offres plus tard, ultérieurement, mais pour une durée plus longue et durable. Voilà les éléments en tout cas incontournables qui me semblent importants à vous communiquer aujourd’hui. Il y a 1 687 élèves qui ont attendu d’être transportés, avec des familles dont nous avons entendu l’inquiétude. La solution qui a été posée ici n’est pas une solution qui m’est apparue comme ça du jour au lendemain de ma nomination. C’est une solution qui a été étudiée par les services en charge des transports de la DGEE, en lien bien sûr avec le service financier, et il fallait répondre à la demande de nos élèves et de nos familles. Et suite à toute l’expertise qui a été menée, c’est la solution qui en tout cas va nous permettre de rendre un service public digne de ce nom à partir de lundi. Maintenant, la consigne que j’ai donnée au service, c’est de ne pas se poser sur cette solution, qui reste encore une fois provisoire, mais que je souhaite plus approfondie pour un service durable. Voilà. La présidente : Merci bien, Madame la ministre. Oui, Tapati. M. Tafai, Mitema Tapati : Tout d’abord, merci bien, Madame la ministre. Merci bien pour cette solution rapide et provisoire suite à une longue période d’inquiétude subie par la population de Moorea s’agissant des nombreuses difficultés rencontrées par les enfants, les parents et l’ensemble de la population de Moorea. Encore merci pour cette solution provisoire. Encore une fois, merci de vouloir trouver une solution à long terme pour éviter que l’on ne commette à nouveau une erreur. Les gens, la population en ont tellement souffert et étaient très inquiets. Ce quotidien qui a duré près de trois ans a vraiment fait souffrir les parents, et nous espérons que la solution que l’on mettra en place et pour laquelle nous allons opter sera vraiment la meilleure, la plus sûre et la plus solide possible. Vous, tout comme nous, ne devez pas oublier que nous devons travailler ensemble. En effet, il arrive parfois que nous, élus de Moorea, soyons surpris par certaines situations qui ont lieu alors que nous n’avions pas été informés de cela. Ce sont les gens ou bien les médias qui nous apprennent cela. Depuis nos débuts, il aurait fallu que l’on travaille tous ensemble afin que nous soyons également informés de tout ceci. Car, suite à la nouvelle que vous venez d’annoncer aux gens aujourd’hui à la télévision, un coup de fil des chauffeurs de bus de Monsieur Warren a également retenti pour savoir quel serait leur devenir, quel serait leur… En effet, plusieurs d’entre eux sont en difficulté car cela fait six mois qu’ils n’ont pas perçu leur salaire, tout comme les accompagnateurs qui les assistent dans le bus. Leur vie a vraiment été chamboulée. Qu’en est-il de leur situation aujourd’hui ? Vont-ils être licenciés ou bien seront-ils repris par le nouveau délégataire ? Je vous en parle parce que ces chauffeurs m’ont contacté et m’ont fait part de leur situation. J’en profite puisque nous avons commencé à parler de la situation de Moorea. Encore une fois, merci pour cette nouvelle mesure qui, nous l’espérons, répondra à cette problématique qu’endure la population de Moorea jusqu’à ce jour. Merci. Mme Samantha Bonet-Tirao : Merci bien, Monsieur Tapati, pour ces questions. Avant d’annoncer la nouvelle concernant le transport scolaire de nos enfants à Moorea, j’ai contacté Monsieur Warren pour le remercier chaleureusement de l’aide qu’il nous avait apportée s’agissant de nos enfants. D’un. De deux, il faut que… Je vais le rencontrer demain — on devait se voir hier mais l’on a repoussé cela à demain — et nous allons échanger avec Warren sur cette situation. Je vais également l’entendre à ce sujet. Après, il y a les chauffeurs de bus : « mon travail est de transporter les enfants ». Il ne m’a pas fait part de cette problématique que vous nous exposez aujourd’hui dans cet hémicycle. Toutefois, je sais que ces personnes exercent également une autre activité en parallèle de leur fonction de chauffeur de bus, et qu’ils ont leur statut. J’attends d’échanger avec Warren, car je n’ai pas tous les éléments en main…Certaines des informations que vous mentionnez ne m’ont pas été communiquées. Cela étant dit, ma priorité, c’est que le transport de ces élèves soit assuré dans de bonnes conditions. Merci bien. La présidente : Oui, Bruno ? M. Bruno Flores : Oui. Madame la ministre, bonjour. Je vous remercie bien pour vos propos. Cette question vaut également pour l’ensemble des îles. Plusieurs préoccupations nous ont été remontées concernant nos jeunes, notamment ceux qui poursuivent leurs études à l’Université Une fois le BAC obtenu, ils ne bénéficient plus de la prise en charge du transport pour revenir des îles vers Tahiti. Pourtant, ils font des efforts dans leurs études. Mais certaines familles n’en ont pas les moyens ; elles ne disposent d’aucune ressource. Aujourd’hui, dans certaines fratries, des frères et sœurs doivent utiliser leurs propres allocations pour financer le billet avion afin de pouvoir poursuivre leurs études. La question : ne serait-il pas possible que vous examiniez cette situation afin de permettre à ces jeunes de continuer leurs études après le BAC ? Car tel est l’enjeu aujourd’hui. Dès lors qu’ils obtiennent leur BAC, ils ne bénéficient plus de cette prise en charge. Voilà la question. Merci bien. La présidente : Merci. Madame la ministre. Mme Samantha Bonet-Tirao : Monsieur le représentant de Raivavae, bonjour. Je vous remercie beaucoup pour cette question. Merci beaucoup pour cette question. Alors effectivement c’est un sujet qui doit être travaillé de manière globale, encore une fois, avec les services de la DGEE. Je n’ai pas encore eu le temps de me pencher sur tous ces sujets. Je ne m’avancerai pas, aujourd’hui. Mais dans le cap que j’ai pu, au fait, sur lequel j’ai pu communiquer lors de ma prise de fonction et qui est conforme, en tout cas, à ce que nous attendons au sein du gouvernement, c’est justement qu’il y ait une continuité dans le parcours scolaire de nos élèves. Donc bien évidemment qu’après le BAC, la phase du BAC, il y a tout un travail à amorcer pour qu’avec l’enseignement supérieur, il y ait une continuité et le travail avec les services que je souhaite mettre en place pour répondre à cela ne vise pas que le parcours universitaire. Je souhaite également que l’on ait une réflexion approfondie et globale parce qu’il y a d’autres réussites que je souhaiterais également mettre en valeur : la réussite dans un parcours artistique, la réussite dans un parcours en lien avec l’environnement comme l’agriculture. Donc il n’y a pas que ces élèves-là qui sont concernés. Il y a aussi d’autres élèves qui ne vont peut-être pas jusqu’au BAC, mais qui sont en mesure d’avoir une certification plus courte qui leur permet de sortir avec quelque chose pour pouvoir faire partie d’une société qui va considérer leurs talents et leurs atouts et pour lesquels ils vont se sentir bien impliqués dans l’économie de notre pays qui répond notamment aux observations de nos représentants tout à l’heure qui ont évoqué, au fait qui vont répondre à de vrais besoins économiques avec une vision sur du long terme. Donc voici aussi un chantier qui a déjà commencé mais qui nécessiterait certainement d’avoir des orientations plus précises à court terme, à moyen terme et à long terme pour qu’on ne puisse pas juste se projeter dans 10 ans mais, qu’est-ce qu’on peut faire déjà avec les moyens que l’on a pour l’année N+3 et avancer progressivement ? Et je pense que c’est ces projections à court terme et à moyen terme qui vont nous permettre, ensuite, d’avoir une vision beaucoup plus précise sur le long terme. Voilà quelques réponses. La présidente : Merci bien. Oui, Maurea. Mme Maurea Maamaatuaiahutapu : Merci, Madame la présidente. Madame la ministre, merci beaucoup pour ton intervention qui est très rassurante parce que c’est exactement ce que notre vision de la formation, notre souhait de considérer tous nos élèves, notamment ceux en décrochage scolaire et donc c’est comme ça que j’entends ton intervention et je te remercie pour ça. Et donc je pense que tu vas être ravie de participer avec nous à l’organisation de ce forum. Eh bien, oui, je vends notre projet aujourd’hui. C’est un travail collectif que l’on doit mener. Et merci en tout cas pour ces perspectives qui sont très encourageantes et très intéressantes et ce sera avec plaisir que… J’espère que nous pourrons travailler très rapidement ensemble. Merci bien. En tout cas, nous avons déjà contacté l’IEN du CJA et nous avons l’intention également de rencontrer le CIO que nous avons déjà rencontré, mais que nous allons rencontrer à nouveau pour expliquer le nouveau format du forum. Parce que, bon, je le dis clairement aujourd’hui, c’est une co-organisation avec certains établissements scolaires relevant du second degré évidemment, des lycées notamment professionnels, qui nous accompagnent pour l’organisation de ce forum, pour que ce forum, en fait, soit pensé par les élèves, pour les élèves. Que ce ne soit pas un format pensé par les adultes qui ne correspondrait pas du tout à leurs besoins et aux besoins de notre pays. Voilà. Merci beaucoup. La présidente : Merci bien. EXAMEN DU PROJET DE DÉLIBÉRATION La présidente : Je pense que nous allons passer à l’examen de la délibération. Article 1er La présidente : La discussion est ouverte sur l’article 1er. Nous passons au vote. L’article 1er est adopté à l’unanimité. Article 2 La présidente : Donc même procédure pour l’article 2. Même vote. Merci bien. Article 3 La présidente : Pour l’article 3, même vote. Merci. Article 4 La présidente : Pour l’article 4, même vote. Article 5 La présidente : Pour l’article 5, même vote. Article 6 La présidente : Pour l’article 6, même vote. L’ensemble de la délibération est adopté à l’unanimité. Les rapports peuvent être consultés sur le site internet de l'assemblée de la Polynésie française à l'adresse www.assemblee.pf | ||||







