Rapport n° 2-2026 relatif à un projet de délibération portant approbation du compte financier 2023 du lycée professionnel de Faa'a et affectation de son résultat Paru in extenso au JOPF n° 10 NA du 02/06/2026 à la page 1067
| Rapport n° 2-2026 relatif à un projet de délibération portant approbation du compte financier 2023 du lycée professionnel de Faa'a et affectation de son résultat Présenté par M.M les représentants Mike Cowan et Heinui Le Caill La présidente : Je pense qu’on va faire un dernier rapport. C’est pour le rapport n° 2-2026 relatif à un projet de délibération portant approbation du compte financier 2023 du lycée professionnel de Faa'a et affectation de son résultat. Je demande au gouvernement, Madame la ministre, d’exposer l’économie générale du projet. Merci. Mme Samantha Bonet-Tirao : Nous allons maintenant évoquer ici l’approbation du compte financier 2023 du lycée professionnel de Faa'a et l’affectation de son résultat. Un lycée qui accueille particulièrement, majoritairement en tout cas, des élèves issus d’écoles inscrites dans le réseau d’éducation prioritaire et qui a, au fait, investi progressivement en faveur d’équipements ou de travaux qui permettent d’offrir un cadre sécurisant et favorable aux apprentissages et c’est donc sur ce rapport que nous allons travailler. La présidente : Merci bien. Le rapporteur de ce texte est Monsieur Heinui Le Caill. M. Heinui Le Caill : Merci. Compte financier 2023 du lycée professionnel de Faa'a et affectation de son résultat. En 2023, les effectifs en personnel de l’établissement comptent 5 personnels supplémentaires par rapport à 2022 et passent donc de 149 à 154 personnels tous confondus. L’établissement comptabilise 842 élèves en 2023 dont 71,9 % d’élèves boursiers et 57 % issus de familles défavorisées. L’établissement dispose d'une Unité localisée d’inclusion scolaire (ULIS) composée de 8 élèves inscrits au Certificat d’aptitude professionnelle (CAP) avec des emplois du temps individualisés. Entre 2022 et 2023, les résultats aux examens sont en baisse pour les BTS, les CAP et les mentions complémentaires. Ils sont en progression pour le baccalauréat professionnel avec un taux de réussite de 84,4 %. De manière générale, les candidats qui ne réussissent pas aux examens sont en grande majorité des élèves qui ne se présentent pas régulièrement en cours et qui passent donc les examens dans de mauvaises conditions. Entre 2022 et 2023, les moyens financiers diminuent légèrement, passant de 228 millions F CFP à plus de 214 millions F CFP (soit une diminution de - 5,8 %). S’agissant des comptes financiers : En 2023 : En section d’investissement, les recettes s’élèvent à plus de 16,8 millions F CFP et les dépenses à plus de 11,52 millions F CFP, pour un résultat bénéficiaire de 5 362 356 F CFP. En section de fonctionnement, les recettes atteignent les 198 millions F CFP et les dépenses les 183,52 millions F CFP, pour un résultat bénéficiaire de 14 485 416 F CFP qui sera affecté au compte 10681 « Établissement ». Le fonds de roulement s’établit à 36 035 812 F CFP à la clôture de l’exercice budgétaire et augmente de 10,84 millions F CFP par rapport à l’exercice précédent. Le nombre de jours en fonds de roulement est de 74 jours de fonctionnement, traduisant la bonne santé financière de l’établissement. Examiné en commission le 20 janvier 2026, le présent projet de délibération a suscité des échanges qui ont permis à la commission d’aborder principalement les points suivants :
À l’issue des débats, le projet de délibération portant approbation du compte financier 2023 du lycée professionnel de Faa'a et portant affectation de son résultat a recueilli un vote favorable unanime des membres de la commission. En conséquence, chers collègues, je vous demande et vous propose de voter pour. Merci. La présidente : Merci, Monsieur le rapporteur. Oui, Tepuaraurii. Mme Tepuaraurii Teriitahi : Oui. Merci, Madame la présidente. Je voudrais aussi saluer — parce que je ne l’ai pas fait tout à l’heure et je l’ai oublié — notre ministre de l’éducation sortant, Monsieur Ronny Teriipaia, et le remercier pour son implication durant ces trois dernières années, et lui souhaiter un bon retour dans le monde de l’éducation d’où il vient. Le lycée professionnel de Faa'a est l’un des plus gros établissements d’enseignement à Tahiti, ce qui lui vaut une attention de tous les instants, justifiée. Entre 2021 et 2023, les effectifs scolaires n’ont cessé de croître pour totaliser 842 élèves dont une grande majorité en BAC PRO. Parallèlement, le niveau d’encadrement, enseignants comme non-enseignants, a vu l’arrivée de cinq personnels complémentaires pour un total de 154. Et contrairement à l’image négative qui lui colle trop souvent à la peau, le LEP de Faa'a n’a pas à rougir de ses résultats pédagogiques, bien au contraire. Et pour cause, sur les 265 candidats en quête d’un diplôme, qu’ils soient CAP, BEP, BTS ou BAC, 210 ont décroché le précieux sésame en 2023, soit un taux de réussite remarquable de près de 80 %. Du point de vue strictement comptable à présent, les voyants sont également au vert, témoignant d’une très bonne gestion, avec des excédents comptabilisés tant en section de fonctionnement qu’en investissement, pour des montants respectifs de 14 500 000 F CFP à peu près. Et après deux années moins glorieuses, le niveau du fonds de roulement est reparti à la hausse pour un peu plus de 36 000 000 F CFP à la fin de l’exercice, ce qui équivaut à 74 jours d’autonomie. Donc, je ne vais pas m’étendre davantage, puisque dans le rapport, on a souligné également les besoins de cet établissement — on les connaît —, mais surtout axer l’intervention sur tous les encouragements nécessaires à cet établissement qui, effectivement, souvent, a une mauvaise image qui lui colle à la peau et qui doit être vue sous un autre angle, parce qu’il y a une équipe pédagogique aussi qui s’investit beaucoup et un encadrement bien présent et un soutien. Donc, voilà, essayer aussi de les voir d’un œil beaucoup plus positif. Merci. La présidente : Merci bien, Madame Tepuaraurii. Oui, Maurea. Mme Maurea Maamaatuaiahutapu : Merci bien, Madame la présidente. Nous examinons à présent le compte financier 2023 du lycée professionnel de Faa'a. Sur le plan budgétaire, les résultats sont positifs. Je remercie ma collègue Tepuaraurii pour son intervention. Du coup, la mienne va la compléter. L’établissement présente un excédent et reconstitue son fonds de roulement. Mais ce que nous avons constaté en commission du 20 janvier c’est que cet excédent n’est pas un confort : il a été immédiatement réinvesti dans la sécurité — comme l’avait dit Madame la ministre —, dans les équipements pédagogiques, dans l’amélioration des conditions de vie des élèves. Autrement dit, cet établissement ne s’est pas enrichi : il a rattrapé des besoins essentiels. Et il l’a fait avec une équipe engagée, que nous saluons et à qui nous adressons nos encouragements et nos remerciements. Belle année du cheval de feu, année qui se veut être une année de bouleversements que j’espère positifs pour nos établissements scolaires, nos élèves et nos équipes pédagogiques. Le LEP de Faa'a c’est un lycée qui remplace des climatiseurs hors service depuis plus de 20 ans ; un lycée qui remet aux normes ses installations incendie ; un lycée qui équipe son internat en machines à laver pour améliorer le quotidien des élèves ; un lycée qui installe du solaire pour réduire ses charges ; un lycée qui embellit ses espaces avec des projets portés par les jeunes eux-mêmes. Bref ! Un lycée qui fait preuve d’ingéniosité pour bien fonctionner, mais cela ne peut devenir la norme. Malgré une image souvent dégradée, ce lycée avance. Et lorsqu’un établissement fait sa part, la responsabilité du politique est de faire la sienne. Faire la nôtre, aujourd’hui, c’est d’abord répondre à l’urgence de la sécurité humaine, et en l’occurrence celle de nos élèves, de nos enfants. Nous avons entendu le proviseur nous dire qu’à l’internat des garçons, un seul maître d’internat assure la surveillance de près de 90 élèves, certains soirs. Un seul adulte. Dans ces conditions, il nous a dit très clairement qu’il ne pouvait pas garantir la sécurité de ses élèves. Il envisage même de fermer une partie de l’internat pour ne pas prendre le risque qu’un drame se produise. Et ce n’est pas une difficulté d’organisation interne. C’est une question de moyens humains. Nous demandons donc qu’une réponse immédiate soit apportée au renforcement des personnels de vie scolaire, en priorité dans les établissements accueillant un public fragile. Parce que dans un établissement qui accueille un public fragile, la vie scolaire n’est pas seulement une fonction de surveillance. C’est le cœur de la prévention du décrochage, des violences et des conduites addictives. Sur ce point, les témoignages que nous avons entendus sont extrêmement forts. Nous avons entendu l’infirmier nous dire que les actions d’éducation à la vie affective et sexuelle ont permis de faire passer le nombre de grossesses d’une vingtaine à deux. C’est un résultat positif. Mais en même temps, il nous a parlé du travail quotidien avec le CPSA, de la circulation du paka et de l’ice, de la nécessité d’une présence constante auprès des élèves. Cela prouve que la prévention fonctionne quand on lui donne des moyens. Nous avons entendu les enseignants nous parler d’élèves qui arrivent avec un sentiment d’échec déjà installé, d’orientation subie, d’absentéisme qui mène au décrochage. Nous avons entendu les parents nous dire combien il est difficile de mobiliser des familles elles-mêmes en difficulté. Et nous avons entendu les élèves nous dire leur attachement à leur lycée et leur volonté d’en redorer l’image. Cela doit nous conduire à changer de regard. Le lycée professionnel de Faa'a n’est pas un lycée en difficulté. C’est un lycée confronté à des défis sociaux majeurs pour notre pays. Investir dans cet établissement, ce n’est pas seulement soutenir une structure scolaire. C’est investir dans la cohésion sociale. À ces enjeux humains s’ajoutent des enjeux d’infrastructures qui dépassent le seul ministère de l’éducation. L’accès au lycée se fait aujourd’hui par une route dégradée, dangereuse pour les bus et pour les familles. La question du parking et de l’organisation des flux relève d’une réponse interministérielle avec l’équipement et la DTT. C’est un sujet transversal, et il faut agir. Parce qu’un lycée ne peut pas fonctionner correctement si l’on ne peut y accéder en toute sécurité. La même logique vaut pour les travaux. Nous avons entendu que des opérations prioritaires, comme la rénovation des sanitaires, ont été bloquées pendant des mois pour des raisons administratives. Un mois de blocage administratif, ce sont des élèves qui continuent d’utiliser des installations dégradées. Nous devons simplifier les procédures. Mais simplifier ne signifie pas déroger. Enfin, à travers la situation du lycée professionnel de Faa'a, c’est la place de la voie professionnelle dans notre pays qui est posée. Nous ne pouvons plus considérer ces filières comme des voies par défaut. Elles sont une chance pour nos jeunes et un levier pour le développement économique de Mā'ohi Nui (NDT, la Polynésie française). Le travail engagé sur la cartographie des formations et des métiers d’avenir doit avancer. Former des jeunes en lien avec les besoins de leur pays, c’est préparer l’avenir. Le groupe Tavini huiraatira votera favorablement ce compte financier. Mais ce vote est un vote d’exigence. Un vote pour renforcer immédiatement les moyens de vie scolaire et d’internat. Un vote pour accélérer les travaux essentiels et sécuriser les procédures. Un vote pour qu’une réponse interministérielle soit apportée sur l’accès, les transports et les aménagements. Un vote pour donner à la voie professionnelle la place stratégique qu’elle mérite. Parce que ces 842 élèves ne sont pas des statistiques. Ce sont les futures forces vives de notre pays. Et ce que nous faisons pour eux, nous le faisons pour notre avenir partagé. Merci de votre attention. La présidente : Merci bien. Je pense que la discussion étant terminée. Madame la ministre, oui ? Oui, Heinui. M. Heinui Le Caill : Oui, une question par rapport au système, au SSI, système de sécurité incendie. Pratiquement la majorité de nos établissements du second degré ne sont pas aux normes. Il me semblait que la difficulté, qu’il n’y avait qu’une seule entreprise, voire une seule personne agréée jusqu’à aujourd’hui. Il me semble que les choses ont évolué. Il y a un jeune qui s’est lancé, qui va être agréé, qui pourra peut-être assurer cette mission. La personne actuelle n’a pas le temps de s’occuper de nos établissements scolaires, d’où la crainte de nos maires, qui accueillent ces lycées ou ces collèges, de devoir les fermer par sécurité, tout bonnement. Les lycées qui ont des internats sont obligés souvent d’embaucher des personnes, une société de sécurité pour assurer la surveillance en soirée. Est-ce que les choses ont évolué à ton niveau ? Est-ce que tu as des informations à ce niveau-là ? Autre questionnement, c’est par rapport à... Il me semble qu’il y aura une réforme du BAC, du BAC PRO en France, où deux semaines seront rajoutées en terminale avant le BAC et ces deux semaines sont prises en charge par l’État. Est-ce que ça va être appliqué aussi ici ? J’imagine certainement que oui. Et est-ce que l’État va prendre aussi en charge nos élèves qui sont obligés de faire deux semaines de stage professionnel, en plus, dans le courant de l’année ? Merci bien. Mme Samantha Bonet-Tirao : Merci bien pour la question, Heinui. Alors effectivement concernant les SSI, il y avait jusque-là un seul prestataire. Deux autres prestataires ont été identifiés. Ils sont justement en relation avec nos services de la DGEE, nos services compétents, pour voir un petit peu : comment est-ce qu’on peut poursuivre les études et les travaux qui ont été pensés ? Et comment est-ce qu’on va mener avec eux ? Je ne vais pas m’avancer sur les identités ou quoi, les contacts, en tout cas ont commencé avec les services et donc on aura évidemment un petit point de situation dans le courant de la semaine prochaine. Concernant la réforme sur le baccalauréat je vais répondre à cette question plus précisément ou peut-être vous faire part d’une information tout simplement à la commission éducation jeunesse et sport parce que c’est quelque chose… C’est un point de discussion que nous devons avoir encore avec le vice-recteur que j’ai rencontré, dès ma prise de fonction, et avec qui les relations très cordiales nous permettront de faire avancer beaucoup de choses de manière positive et donc c’est une question effectivement qui fait partie des points de discussion. La présidente : Merci bien, Madame la ministre. Oui, Maurea. Mme Maurea Maamaatuaiahutapu : Oui, Madame la présidente. J’ai interpellé le gouvernement, notamment Madame la ministre, même si ça ne relève pas directement de toi. Concernant la sécurité de nos enfants, surtout l’accès au lycée, donc la route qui n’est pas praticable, en tout cas pas en pleine sécurité. Est-ce que le ministère avait engagé des discussions avec le ministère des grands travaux ? Sinon, est-ce que tu pourrais envisager justement une discussion avec notre ministre Jordy. Merci bien. Mme Samantha Bonet-Tirao : Merci Maurea pour ce petit rappel. Alors effectivement c’est un point aussi que j’ai relevé dans les échanges du rapport de la commission que j’ai noté et que l’on va intégrer, en fait, dans les échanges avec les services pour qu’on puisse avoir un état des lieux des travaux, au fait, que l’on peut engager ou sur lesquels on peut discuter avec mon collègue Jordy et avec les services compétents, bien sûr. Alors, on n’apportera peut-être pas de réponse précise sur comment on va prendre en charge ? Qui fait quoi ? Mais l’idée, déjà, c’est de faire un état des lieux sur toutes ces questions, au fait, qui peuvent impacter l’accès à nos établissements scolaires. Pour le moment, on en est là. On a déjà fait un premier état des lieux. L’état des lieux est en cours de réactualisation et, maintenant, il faut l’affiner, mais en termes d’échéanciers et de livrables. Voilà la réflexion dans laquelle on va poursuivre, en tout cas, le travail avec les services. La présidente : Oui, Maurea. Mme Maurea Maamaatuaiahutapu : Merci beaucoup, Madame la ministre. Je tiens juste à rappeler le caractère urgent de cette demande du lycée professionnel de Faa'a et merci pour les prochaines commissions. Je pense que si toi tu n’y sièges pas, tu n’y siègeras pas, en tout cas tu dépêcheras quelqu’un de ton cabinet. Et c’est très important aussi pour les équipes pédagogiques, pour tous les acteurs, en fait, de nos établissements, les parents d’élèves et surtout nos élèves qui participent à ces commissions, de rencontrer, en fait, toutes les parties prenantes et que vous entendiez. Parce que lire un compte-rendu de commission, ce n’est pas la même chose que de vivre les interventions en commission. Parfois, elles sont poignantes ces interventions et, du coup, c’est pour ça qu’on monte un peu au créneau. Moi, je ne suis pas membre de la commission, mais j’y participe souvent. Et parfois, ce sont des interventions qui nous interpellent et qui réclament urgence d’intervention de notre part. Donc, merci beaucoup, Madame la ministre. La présidente : Merci bien. EXAMEN DU PROJET DE DÉLIBÉRATION La présidente : Nous allons passer à l’examen de la délibération, si vous voulez bien. Article 1er La présidente : La discussion est ouverte sur l’article 1er. Nous passons au vote. Qui est pour ? À l’unanimité. L’article 1er est adopté. Article 2 La présidente : Même procédure pour l’article 2. Même vote ? Merci bien. Article 3 La présidente : L’article 3, même vote ? Merci. Article 4 La présidente : L’article 4, même vote ? Merci bien. Article 5 La présidente : L’article 5, même vote. Article 6 La présidente : L’article 6, même vote. L’ensemble de la délibération est adopté à l’unanimité. Merci bien. Je pense qu’il est 12 h 10. Nous allons donc suspendre la séance. Nous reprendrons les travaux, si vous voulez bien, à 13 h 30. C’est bon ?... Merci bien. Bon appétit ! (Suspendue à 12 heures 10 minutes, la séance est reprise à 13 heures 33 minutes.) La présidente : Nous allons reprendre. Les rapports peuvent être consultés sur le site internet de l'assemblée de la Polynésie française à l'adresse www.assemblee.pf | ||||







