APPROBATION DE L'ORDRE DU JOUR Paru in extenso au JOPF n° 11 NA du 04/06/2026 à la page 1093 | APPROBATION DE L’ORDRE DU JOUR Le président : Merci. Le quorum étant constitué, je souhaiterais saluer la présence du Président du pays, de l’ensemble des membres du gouvernement, mes chers collègues de l’Assemblée, également les représentants de la presse ici présents, les personnalités qui se sont jointes à cette réunion, au titre du public, tous ceux qui nous suivent par Internet, mes salutations à l’occasion de notre séance en cette nouvelle matinée. Je ramène la parole au Président du pays, qui a une déclaration à faire. M. Moetai Brotherson : Bonjour à toutes et à tous à l’occasion de notre séance, bonjour, Monsieur le président. Je voulais juste m’associer et associer le gouvernement aux félicitations adressées aux nouveaux maires et à ceux qui ont été reconduits dans leurs fonctions. Je voulais également vous demander de retirer de l’ordre du jour les deux derniers dossiers qui méritent qu’on ait tout le temps nécessaire à leur examen, et qu’on propose donc de reporter à la session administrative, à savoir, le projet de loi du pays portant modification de la loi du pays n° 2014-3 du 23 janvier 2014 portant création de la zone prioritaire d’aménagement et de développement touristique de Mahana Beach et le projet de loi du pays relatif à la mise en place de dispositifs favorisant une alimentation équilibrée et ancrée dans l’économie locale en faveur des salariés et des agents publics de l’administration de la Polynésie française et portant instauration du titre TAMA'A MAITA'I. Voilà, qu’on vous propose de reporter à la session administrative. Le président : Merci bien pour cette petite modification. Je vais quand même demander à la secrétaire générale de bien vouloir nous donner lecture de l’ordre du jour, tel qu’il a été arrêté dans la convocation qui vous a été adressée. Mme Jeanne Santini : Monsieur le président, voici l’ordre du jour proposé pour cette séance : I) Approbation de l’ordre du jour ; II) Examen des rapports, des projets de délibération, donc, il y a le budget général et les comptes spéciaux ; III) Examen de la correspondance ; IV) Clôture de la session extraordinaire ; V) Clôture de la séance. Le président : Voilà, merci. Donc, on a pris note de la proposition faite par le Président, pour retirer donc le rapport n° 8-2026. Et donc, sous la réserve du retrait du rapport n° 8-2026, je vous propose d’adopter l’ordre du jour tel qu’il a été présenté. Tout le monde est d’accord ?... À l’unanimité. Merci bien. Donc exceptionnellement… Oui, Édouard. M. Édouard Fritch : Oui, président, merci beaucoup. Bonjour à tous, bonjour au Président du gouvernement, à la vice-présidente, Mesdames et Messieurs les ministres, mes chers collègues de l’Assemblée, bonjour à la presse, au public qui nous regarde. Monsieur le président, nous sommes naturellement d’accord sur les modifications qui sont proposées, il n’y a aucun problème à ce niveau. Mais, je voulais, en mon nom personnel et au nom du parti que je représente, adresser et m’associer à vos vœux de félicitations à nos élus, puisqu’au sein du groupe Tapura huiraatira de l’Assemblée, nous sommes 11 élus à avoir été élus au premier tour, 11 maires, et adresser mes félicitations, plus particulièrement à notre doyen, Monsieur Oscar Temaru, qui a été brillamment réélu à Faa'a. Ceci dit, Monsieur le président, ces élections municipales, effectivement, viennent de s’achever et le verdict est clair. Partout en Polynésie, les électeurs ont envoyé un message fort. Ils veulent des maires proches d’eux, capables de gérer les réalités du quotidien. Ces municipales ont surtout révélé une chose : le net recul des listes des candidats indépendantistes. Ce constat n’est pas celui de l’opposition, il est celui du Président même de notre pays, de Monsieur Moetai Brotherson, qui parlait effectivement de résultats catastrophiques pour le Tavini. Ce même Président a reconnu publiquement que certaines positions avaient été dogmatiques et que des erreurs stratégiques et tactiques avaient été commises. Il a même résumé la situation par une phrase qui résume les contradictions et les errements du Tavini huiraatira, je le cite : « On ne va pas aux municipales en parlant de nodules polymétalliques ». En effet, les Polynésiens ne vont pas aux municipales pour parler d’exploitations minières des fonds marins, de diplomatie internationale ou de grands soirs de l’indépendance. Ils votent pour qu’on parle du tuyau qui fuit, des routes à réparer, des poubelles à ramasser, de la sécurité, de la propreté des écoles, de la vie des quartiers, du logement et de l’emploi. Oui ! Oui, oui, oui ! Les habitants attendent des solutions concrètes à leurs problèmes quotidiens, mais Monsieur le Président a préféré commenter le casting des maires sur un ton rempli d’arrogance et je le cite : « En tant que Président du pays, mon intérêt, égoïstement, c’est d’avoir comme partenaire des maires qui soient à la fois intelligents, intègres et honnêtes ». Les électeurs, eux, ont simplement rappelé que c’est une élection municipale et que c’est essentiellement une élection de proximité. Ces résultats ont surtout mis sur la place publique les profondes contradictions que traverse, aujourd’hui, le Tavini huiraatira depuis trois ans : d’un côté, son président, Monsieur Oscar Temaru, qui continue à porter fidèlement une ligne idéologique, mêlant les élections locales à des combats internationaux et à des combats géopolitiques ; de l’autre, le Président du pays appelle publiquement à une clarification de la ligne politique du parti et reconnaît l’existence des divergences profondes. Quand le Président d’un gouvernement demande lui-même à son parti de clarifier sa ligne politique, c’est bien que ce malaise est réel. Il suffit de voir le vide qu’il y a à l’Assemblée de Polynésie aujourd’hui, pour commencer à comprendre ce qu’il se passe. Et ce malaise ne se limite plus au débat interne, il se traduit déjà par des faits : les récentes démissions constatées au sein du groupe Tavini, et la dernière, celle de Monsieur Tematai Le Gayic, qui, au fond, exprime une défaite amère à Papeete. Quand des figures de votre propre mouvement commencent à partir, ce n’est plus seulement un débat, c’est le signe d’une crise politique et idéologique profonde. Et cette crise pose une question simple : quelle est, aujourd’hui, la véritable ligne du Tavini huiraatira ? Ne vous méprenez pas, je ne veux pas parler de votre parti, de vos problèmes, c’est votre affaire à vous. Mais là où nous sommes effectivement, où nous craignons un impact, c’est sur les affaires du pays. On ne peut pas tenir tous les discours à la fois. On ne peut pas tenir tous les discours à la fois. On ne peut pas gouverner un pays tout en restant dans une posture permanente de contestation. On ne peut pas appeler à l’unité tout en laissant se développer des fractures internes aussi visibles. Votre division, c’est votre problème, mais ce n’est pas celle de la population et surtout, ce n’est pas celle de notre pays. En résumé, vous avez empoisonné notre pays et son avenir par vos contradictions permanentes, vos confrontations internes et vos promesses non tenues. Les municipales ont donc eu au moins une vertu, elles ont ramené le débat politique à la réalité. Il est vrai qu’on a beaucoup parlé, ces derniers temps, de la position du Tavini huiraatira qui, elle, est restée constante. Mais je crois, effectivement, vu de notre petite lorgnette, en grande partie, l’électorat a aussi réagi à la politique menée par votre gouvernement aujourd’hui. Mes chers collègues, les élections municipales n’ont pas seulement désigné des « roitelets », comme l’a rappelé notre maire de Faa'a, elles ont aussi envoyé un message politique clair, un message de pragmatisme, un message de proximité, et surtout, un message de lucidité. Pour notre part, nous continuerons à défendre une vision humaine, pragmatique et simple, celle d’une Polynésie stable, responsable et qui protège les Polynésiens où l’action publique se construit dans le dialogue, dans le respect ; respect de nos institutions bien sûr, mais respect entre nous-mêmes et dans l’intérêt des Polynésiens. La seule question importante, en fin de compte, c’est celle de l’avenir de notre pays. Je vous remercie de m’avoir donné la parole pour vous donner nos commentaires sur ces élections. Le président : Merci. Monsieur Temaru. M. Oscar, Manutahi Temaru : Merci bien, Monsieur le président. Mes salutations à l’occasion de notre séance de ce matin. Cher gouvernement, chers collègues, Monsieur le président Fritch ainsi qu’à toutes celles et à tous ceux réunis ici ce matin, aux élus sortants de cette élection (NDT, les élections municipales de mars 2026), ainsi qu’à celles et ceux qui n’ont pas été élus, recevez mes salutations. Cette élection est terminée. Je demande aux représentants qui ont été élus aujourd’hui : pourrons-nous résoudre les problèmes de notre population souffrant d’une extrême pauvreté avec le statut qui nous régit actuellement ? La réponse est non ! Les pauvres resteront pauvres, tandis que les riches continueront de s’enrichir. Lorsque l’on regarde le système politique, qui sont les riches ? Qui sont les gens qui s’enrichissent ? C’est l’État français. Qui sont les pauvres ? C’est nous. Les pauvres travaillent pour gagner de l’argent. Tandis que pour les riches, c’est l’argent qui travaille pour eux. Je vous le demande : ne pourrait-on pas changer ce système ? Je déclare que si ! Notre pays est vaste. Et parce qu’il s’agissait d’une élection municipale, il ne fallait pas parler de notre pays, de ses ressources ou du statut qui nous régit ? Ne le prenez pas mal, mais c’est précisément pour cela que nous avons gagné au premier tour à Faa’a avec plus de 5 000 voix. Combien en avez-vous obtenues ? C’était notre discours. Chers amis, vous savez, la première personne que j’ai rencontrée, que j’ai saluée, à qui j’ai tendu la main, étant enfant, se nommait de Gaulle. J’avais 11, 12 ans lorsqu’il est venu à Faa'a. Notre grand-père était alors le chef de district de Faa'a. On nous avait appris à dire : Vive le général de Gaulle ! Oui. À cette époque-là, il n’y avait pas de routes bitumées comme celles d’aujourd’hui. Il n’y avait que des pierres jusqu’à Papeete et partout dans notre pays. C’était un très grand homme. Qui était de Gaulle ? De Gaulle fut celui qui libéra la France, afin qu’elle retrouve son indépendance. Près de 70 à 80 millions de personnes ont perdu la vie durant cette guerre. Qu’a-t-il-fait ? En 1944, il instaura un gouvernement provisoire. Il n’y avait pas eu d’élection ou de référendum en 1944. En 1945, des élections législatives ont eu lieu en France, alors même que le régime de Vichy mené par Pétain était encore en place. C’est suite à cette élection qu’il trouva le moyen de mettre fin au régime de Vichy. La France retrouva alors sa liberté. Voyez-vous, tous les dirigeants politiques des nations situées dans notre océan qui ont conduit leur pays vers l’indépendance sont tous mes amis : Monsieur Ratu Mara, Monsieur Walter Lini, Monsieur Jean-Marie Tjibaou, et celui de la Papouasie Nouvelle-Guinée. Comment ont-ils eu leur indépendance ? Je sais qu’au fond de nous, nous partageons le même avis. Hier, je disais à notre Président : ce n’est pas bizarre que quelqu’un veuille bâtir une maison, en faire le plan… sans avoir de terre ? Où est-ce qu’on bâtirait cette maison ? Il faut d’abord la terre ! Notre terre-mère ! La terre avant tout ! C’est une priorité ! Nous voyons dans l’aménagement de notre territoire qu’il est saturé. Dans le monde de l’éducation, il n’y a que des étrangers. Dans le secteur économique de notre pays, il n’y a que des étrangers. Dans le monde du sport, il n’y a que des étrangers. Qu’est-ce que nous attendons encore ? Et, lorsque je lis… J’ai lu la lettre qu’on m’a envoyée hier. Ah, elle était très bien écrite. Effectivement. Cette lettre n’avait rien de contrariant. Elle disait que pour aller à Moorea, il fallait d’abord se rendre en France, faire le tour de la France pendant 50 ans avant de revenir à Moorea. Mais Moorea est juste là ! La question de l’indépendance dans notre pays, c’est aujourd’hui ! Arrêtons de rester dans l’obscurité. Malheureusement, il n’y a rien à faire. Voici ce que dit un verset : « la lumière brille dans les ténèbres, mais les ténèbres ne l’accueillent toujours pas. » Qu’est-ce que nous attendons ? Nous pouvons changer ce système, l’argent nous appartient et c’est nous qui le gérons pour notre pays. Nous ne devons pas rester dans un système où les gens s’appauvrissent. En 1976, nous avons commencé à réfléchir au programme du Tavini huiraatira. Si je compte bien, cela fait maintenant 50 ans. À cette époque, les anciens nous disaient : « les enfants, laissez donc ce nouveau-né, c’est-à-dire le statut d’autonomie dont se targuent les autonomistes, laissez-le ramper, se lever et se déplacer. » Je leur ai répondu : « cet enfant ne rampera pas, il tombera. » Ce statut a été révisé à maintes reprises. On lui a changé les roues, les bougies. Que de changements ! Nous n’y arriverons pas. Quelle est la situation de l’économie de notre pays aujourd’hui ? –90 % d’importations pour près de 10 % d’exportations. Voilà, la situation. Quelle est la situation du secteur touristique dans notre pays ? Je pense que si nous arrivons à accueillir 500 000 touristes chez nous, ce sera très bien ! Cela ne marchera pas ! Il faut un visa pour venir chez nous. Vous savez, je me suis rendu en France pour rencontrer Monsieur Sarkozy. Nous n’y arriverons pas. Ça ne fonctionnera pas. Depuis lors, il existe deux courants de pensée. Il nous faut, avant tout, préparer notre pays en matière d’économie pour qu’il soit autonome à ce niveau-là. À toutes et à tous, je le dis à tout le monde, à l’ensemble de notre population qui écoute en ce moment, nous n’y arriverons pas ! Ça ne fonctionnera pas. La priorité c’est le pays, qui est aujourd’hui la propriété de l’État français. Ce qui importe avant tout, c’est le pays ! Et c’est ce qu’a fait de Gaulle : pendant ce conflit, 70 à près de 80 millions de personnes ont perdu la vie. Quand allons-nous comprendre ? Quand ? C’est ça notre programme : aller d’abord faire le tour de la France pendant 50 ans ? Moorea est juste là. Demain, instaurons un gouvernement libre pour ce pays. De quoi avons-nous peur ? Nous avons peur de notre ombre. Oui. Voyez-vous cet oiseau : l’aigrette des récifs. Lorsqu’il est face à lui-même, il craint son ombre. C’est aussi notre cas. Qu’en est-il de cette jeunesse de demain ? Il n’y a rien. Nous n’y arriverons pas. Oui. Chaque année, ils sont 700 à 800 à se rendre en France, à s’engager pour l’Ukraine, ou peut-être l’Iran. Droit de souveraineté de Macron. Savez-vous ce que cela signifie : le droit de souveraineté ? Droit de vie ou de mort sur nos enfants. Êtes-vous d’accord avec ce système ? Moi, je ne suis pas d’accord. Demain, ce pouvoir incombera à Marine Le Pen. Monsieur le président Fritch, demain, elle sera notre Présidente. Marine Le Pen, du Front national. Qu’adviendra-t-il ? Devrons-nous alors nous plier aux exigences de Marine Le Pen ? Je vous avais adressé un courrier, ainsi qu’à notre ancien, Monsieur Gaston Flosse et aux organisations syndicales de travailleurs afin qu’ensemble nous travaillions pour rendre d’abord notre pays indépendant. Nous pouvons faire les plans de la maison que nous voulons bâtir, mais sans terre, où irions-nous la construire ? Sur le récif ? Les chiffres le démontrent, ce n’est pas moi qui les ai produits : 60 % de notre population vivent sous le seuil de pauvreté à ce jour. Si nous restons dans le système économique actuel, nous n’y arriverons pas, cela ne fonctionnera pas. Je ne cessais de vous le dire à l’époque où vous étiez à la tête du pays, et je continue à le dire aujourd’hui que nous sommes au pouvoir de ce pays, de notre pays… Enfin, pas au pouvoir, n’est-ce pas ? Nous savons que le droit de souveraineté appartient à Macron. Voilà notre problème. Les experts le démontrent : si la France persiste à rester dans notre pays, nous serons confrontés à des problèmes économiques, sociaux et politiques. Le maintien du colonialisme est une entrave au développement économique, sociale et politique d’un pays. Voilà le problème de notre pays. Le statut d’autonomie a, aujourd’hui, 50 ans, s’en est assez peut-être ! Président Édouard ? Travaillons ensemble pour ce projet afin de rendre notre pays indépendant. Encore plus aujourd’hui, avec le soutien de tous les pays du monde. L’Organisation des Nations Unies a décidé de reconnaître notre droit de souveraineté, notre droit de souveraineté sur notre pays et notre droit de propriété sur toutes les ressources de ce pays. Ce pays fait la même superficie que toute l’Europe ! Merci au Seigneur ! Oui. Bénissons-le, louons-le pour tous les bienfaits qu’il nous a accordés. Et puisse la vérité de Jéhovah demeurer éternelle. Alléluia ! Je vous salue. Le président : Pouvez-vous être bref ?... M. Édouard Fritch : Merci bien, Monsieur le président. Non, nous venons d’entendre notre président Oscar Temaru, ses opinions… Il n’y a rien de nouveau, ça, c’est certain. (M. Oscar Temaru, hors micro : « Cela ne changera jamais ! ») Non. De toute façon, il est trop âgé, nous ne pourrons pas le changer. Nous n’y arriverons pas de toute manière. Mais comme j’ai eu l’occasion de le dire lors de nos différentes séances, c’est peut-être le moment approprié pour se préparer. Lorsque l’on parle de préparation, ceci est la période propice puisque vous êtes à la tête du pays. Vous avez la majorité ici, vous êtes à la tête du gouvernement, vous avez une députée en France, vous pouvez demander à changer le statut ! Vous avez une députée en France. Votre députée semble efficace et fait du bon travail pour vous. Sur le nucléaire, les choses avancent. Pourquoi n’avancent-elles pas s’agissant de notre pays ? Quel est le problème, Monsieur le président Oscar ? Ce sont vos dissensions ? Vous ne vous entendez pas. Les personnes qui sont devant vous ne partagent pas votre politique. Voilà votre problème. Les rênes du pays sont entre vos mains aujourd’hui, donc n’accusez pas Madame Marine Le Pen ? Nous verrons bien qui sera au pouvoir demain ? En revanche, nous sommes dans notre pays et la majorité des décisions nous appartient. Si vous voulez taxer les bénéficiaires du RNS, rien ne vous en empêchera — je vous le dis. Même Macron ne pourra pas s’y opposer. Vous voulez ponctionner les ressources du peuple ? Allez prélever cet argent. Mais pourquoi vous accusez les autres ? Vous voulez… Je vous l’ai déjà dit, Monsieur le président, nous pouvons dialoguer. Pourquoi ne pourrions-nous pas dialoguer ? En revanche, je ne voudrais pas conduire mon pays vers l’inconnu. Il nous faut dès à présent réfléchir à : qu’est-ce que l’indépendance, concrètement ? Quelles compétences relèvent de nous ? Quelles compétences relèvent des autres ? Car, parmi tous ces pays indépendants que vous citez — vous le savez — la question de la sécurité publique reste sous la responsabilité de pays comme l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Il faut réfléchir à ces réalités aujourd’hui puisque vous êtes au pouvoir. Le problème réside dans les divergences internes de votre propre famille politique. Je pense que le problème est là. Le président : Veuillez abréger ! Veuillez abréger ! M. Édouard Fritch : Je vais abréger, Monsieur le président. Je souhaite simplement dire à notre président que nous sommes prêts au dialogue, mais il doit se tenir ici. Nous sommes prêts à dialoguer. Par contre, je ne voudrais pas que mes enfants soient privés d’éducation. Je ne voudrais pas non plus que nos personnes âgées soient privées de soins. Et s’agissant de notre hôpital, comment entendons-nous répondre aux enjeux de santé ? Il y a encore énormément de questions qui nécessitent des réponses aujourd’hui. C’est tout. Si vous le pouvez, accordez-vous. Nous pourrons dialoguer. Le président : Merci. Merci beaucoup. Nous prenons acte de vos propos. M. Oscar, Manutahi Temaru : Monsieur le président ! Le président : Soyez brefs car si les membres du groupe Tapura acceptent d’ouvrir la discussion sur ce sujet, il nous suffira d’en fixer le moment. M. Oscar, Manutahi Temaru : Non, mon intervention sera brève, Monsieur le président. Le président : Soyez bref ! M. Oscar, Manutahi Temaru : Il y a cet adage qui dit : « Les problèmes sont utiles : c’est quand on croit qu’il n’y en a plus que le vrai problème commence. » Le président : Merci, Monsieur le président. Nuihau. M. Nuihau Laurey : Oui. Merci, Monsieur le président. Bonjour, Monsieur le Président, Madame la vice-présidente, Mesdames et Messieurs les ministres, mes chers collègues. Moi, ça sera court, effectivement. Je souhaite, d’abord, m’associer aux messages de félicitation qui ont été transmis par le président de l’Assemblée à tous ceux qui ont gagné, mais aussi à ceux qui n’ont pas gagné, mais qui ont eu le courage de se présenter à ces élections, qui sont des élections difficiles et compliquées. Je voudrais aussi dire toute ma satisfaction de retrouver cet hémicycle, de pouvoir examiner les dossiers qui sont proposés par le gouvernement, en débattre, essayer de trouver des solutions et, j’espère, puisque je pense qu’on a quand même été élus pour ça. Il nous reste encore deux ans et j’espère que ces deux ans seront meilleurs que les trois qui sont passés. C’est tout le souhait que j’exprime à l’occasion de cette séance. Merci. Le président : Merci bien. Les rapports peuvent être consultés sur le site internet de l'assemblée de la Polynésie française à l'adresse www.assemblee.pf |







